‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 128 sur 216 · CHAPITRE XIII , RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII , RÉSUMÉ

nie point que ces tristes expédiens ne leur soient ne'cessaires pour se soutenir; mais je montre qu’au contraire les gouvernemens , fondés sur la raison , ri ont qu’à laisser agir la nature, et à la suivre sans la contrarier.

Montesquieu ne destine le sixième livre qu’à examiner les conséquences des principes des divers gouvernemens , par rapport à la simplicité des lois civiles et criminelles, la forme des jugemens, et l’établissement des peines. En traitant ce sujet avec lui , et profitant de ce qui a été dit précédemment, j’arrive à des résultats plus généraux et plus étendus. Je trouve que la marche de l’esprit humain est progressive dans la science sociale comme dans toutes les autres ; que la démocratie ou le despotisme sont les premiers gouvernemens imaginés par les hommes, et marquent le premier degré de civilisation ; que i aristocratie sous un ou plusieurs chefs , quelque nom qu’on lui donne, a partout remplacé ces gouvernemens informes, et constitue un second degré de civilisation ; et que la représentation , sous un ou plusieurs chefs , est une invention nouvelle qui forme et constate un troisième degré de civilisation .

J’ajoute que, dans le premier état, c’est l ignorance qui règne et la force qui domine; que , dans le second, il s’établit des opinions , c'est la religion qui a le plus d'empire; et que, dans le troisième , la raison commence à prévaloir et la philosophie a plus d' influence . J’observe de plus, que le motif principal des punitions , dans le premier degré de civilisation , est la vengeance humaine; dans le second , c'est la vengeance divine; et dans le troisième , c’est le désir d' empêcher le mal à venir. Ici je n’étendrai pas davantage ces réflexions, qui font place, tout d’un coup, à des objets d’un autre genre.

Dans le septième livre, il s’agit des conséquences des difïêrens principes des trois gouvernemens de Montesquieu , par rapport aux lois somptuaires , au luxe , et à la condition jdes femmes. Le mérite des lois somptuaires a été jugé par ce que nous avons dit des lois civiles en général dans le cinquième chapitre. Ce qui regarde les femmes se trouvera plus à propos et mieux développé, lorsqu’il sera question des mœurs et des climats.

Il ne reste donc ici que le luxe qui mérite d’être examiné à fond ; et le résultat de la

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