‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 129 sur 216 · CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ

discussion est , qu’e/i convenant de la nécessité où sont certains gouvernemens d'encourager le luxe pour se soutenir, l'effet du luxe est toujours néanmoins d employer le travail d' une 9 tanière inutile et nuisible. Or, le travail , l’emploi de nos facultés, étant tout pour nous, et notre seul moyen d’action , je me trompe beaucoup si cette vérité n’est pas la base de toute la science sociale , et n’en décide pas toutes les questions de tout genre. Car ceq«i étouffe le développement de nos forces , ou le rend inutile et meme nuisible , ne saurait nous être propice.

Le livre huitième nous reporte vers d’autres objets ; il y est question de la corruption des principes des trois gouvernemens distingués par Montesquieu. Après avoir expliqué, plus ou moins bien, en quoi consiste la corruption de ces prétendus principes , il établit que chacun d’eux est relatif à une certaine étendue de territoire , et se perd si elle change. Cette décision m’amène à considérer la question sous des rapports tout différens , à faire voir les prodigieuses conséquences qui résultent pour un état , d avoir certaines limites plutôt que d’autres, et à conclure gé-

2/fô COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU.

néralement , que T étendue convenable à tout état , est d'avoir une force suffisante avec les meilleures limites possibles , et que la mer est la meilleure de toutes , par beaucoup de raisons de différens genres.

Montesquieu, ayant avancé que tel gouvernement ne peut exister que dans un petit état , et tel autre que dans un grand , est obligé de leur assigner à chacun une malyère particulière et exclusive de se défendre contre les agressions étrangères : et il prétend, dans le livre neuvième , que les républiques n’ont d'autre moyen de salut que de former des confédérations. J’cn prends occasion de discuter les principes et les effets du gouvernement fédératif, et j’en conclus que la Jédération produit toujours plus de Jorce , à la vérité , que la séparation absolue , mais moins que l’union intime et la fusion complète.

Enfin , dans le livre dixième, notre auteur examine ces mêmes gouvernemens sous le rapport de la force offensive 5 cela l’engage dans la discussion des bases du droit des gens , et des principes et des conséquences du droit de guerre et du droit de conquête :

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