‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 130 sur 216 · CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ

j’avoue que sa doctrine ne me parait pas lumineuse , et je trouve , en définitif , que la perfection du droit des gens serait la fédération des nations , et que , jusque-là, le droit de guerre dérive du droit de défense naturelle , et celui de conquête de celui de guerre.

Après avoir ainsi, dans ses dix premiers livres , considéré les divers genres de gouvernement sous tous les aspects, Montesquieu consacre le livre onzième , intitulé DeS lois qui foi ment la liberté politique dans son rapport avec la constitution, à prouver que la constitution anglaise est la perfection et le dernier terme de la science sociale , et que c’est une folie de chercher encore le moyen d’assurer la liberté politique , puisque ce moyen est complètement trouvé.

N’étant pas de cet avis, j’ai partagé ce livre en deux parties. Dans la première , je fais voir que le problème nest pas résolu , et qu’iï ne saurait l'être tant qu’on donne trop de pouvoir à un seul homme ; et , dans la seconde , je tâche de montrer comment on peut résoudre le problème , en ne donnant jamais à un seul homme assez de pou-

voir pour qu'on ne puisse pas le lui ôter sans violence , et pour que, quand il change , tout change nécessairement avec lui.

Pour terminer , Montesquieu , dans son douzième livre , traite des lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen,- ce livre offrant peu de choses nouvelles à en tirer, je me borne à ce résultat, que la liberté politique ne saurait subsister sans la liberté individuelle et la liberté de la presse, et celles-ci sans la procédure parjurés.

Cet aperçu de nos douze premiers chapi* très est nécessairement trop rapide. Il n’en donnerait pas une idée suffisante à ceux qui ne les auraient pas lus ; et il ne représente qu’imparfaitement, à ceux qui les ont lus, ce qu'ils peuvent y avoir remarqué. Cependant il rappelle , au moins en masse, la série d’un petit nombre d’idées qui forment un ensemble important. .

L’homme est un atome dans l'immensité des êtres. II est doué de sensibilité et par suite de volonté ; son bonheur consiste dans l’accomplissement de cette volonté , et il a bien peu de puissance pour l’exécuter. C’est çette puissance qu’il appelle liberté , Il a

Page 1