CHAPITRE XIV, LIVRE XIII
le charger d’impôts , et rendre sévères les peines fiscales , soit parce que la liberté, laissant agir l’activité et l’industrie , augmente les moyens, soit parce que, plus un gouvernement est aimé, plus il peut, sans risques être exigeant. Mais il remarque aussi que les gouvernemens de l’Europe ont énormément abusé de cet avantage , ainsi que de la ressource dangereuse du crédit; que presque tous se livrent à des expédiens dont rougirait le fils de famille le plus dérangé ; qu’ainsi tous les gouvernemens modernes courent à leur ruine prochaine , qu’accélère erçcore la manie de tenir constamment spr pied des armées innombrables.
Tout cela est vrai, mais c’est, à peu près, à quoi se réduit ce livre treizième. Or, ce petit nombre de vérités sans développement, entremêlées de quelques assertions douteuses ou fausses, et|de quelques déclamations vagues contre les traita ns, ne fait pas assez connaître quel doit être l’esprit des lois relatives à l'impôt. Cela ne suffit même pas pour remplir le titre du livre; car il faut bien d’autres données que celles-là , pour voir réellement quelle est l’influence de la liberté politique sur
262 COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU, les besoins et les moyens de l’état , ou seulementquelle réaction ont sur cette même liberté la nature des tributs et la grandeur des revenus publics. Je vais donc risquer de présenter quelques idées que je crois utiles , et même nécessaires à la pleine intelligence du sujet.
i°. Je montrerai pourquoi et comment l’impôt est toujours un mal.' Cela est d’autant plus à propos, que’ Montesquieu lui -même parait avoir ignoré la meilleure partie des raisons qui motivent cette assertion , puisque, dans d’autres endroits de son ouvrage , il parle de l’excès de la consommation comme d’une chose utile et d’une source de richesses. ( Voyez le Livre septième. )
20. J’expliquerai quels sont les inconvéniens particuliers à chaque espèce d’impôt.
5°. Je tâcherai de faire voir sur qui tombe réellement et définitivement la perte résultante de chaque impôt.
4°. J’examinerai pourquoi les opinions ont été si divergentes principalement sur ce dernier point, et quels sont les préjugés qui ont masqué la vérité, quoiqu’elle pût se reconnaître à des signes certains.
Toutes les fois que la société, sous une