CHAPITRE XIV, LIVRE XIII. 2q
gouvernement régulier ne tirât un bon parti de l’eau, et tel que personne n’y boirait sans sa permission. Quant à l’air, l’impôt sur les fenêtres, est un moyen assez ingénieux de l'utiliser , comme on dit.
I.e vin n’est point ainsi un présent gratuit de la nature. 11 coûte beaucoup de peines , de soins et de frais; et, malgré le besoin et le vif désir que l’on a de s’en procurer, on * serait étonné qu’il pût supporter les énormes charges dont il est grevé en France , au moment de Sa production, si l’on ne faisait pas attention qu’une partie de ce fardeau tombe directeitient sur la terre plantée en vignês, et opère seulement une grande diminution dans lé prix du bail qu’on en donnerait. Alors il n’a que l’eflét de l’impôt foncier, qui est, comme nous l’avons vu, d’enlever au propriétaire du sol une partie de son capital , sans influer sur le prix de la denrée , ni entamer le salaire du producteur. Ainsi, le capitaliste est appauvri , mais rien n’esl dérangé dans l’économie de la société.
Le blé pourrait être , comme le vin , l’objet d’un impôt très-lourd, levé au moment de la production, indépendamment même de la
dîme qu’ils supportent l’un et l’autre presque partout. Une partie de l’impôt tomberait de même en diminution de la vente de la terre,, sans toucher au salaire de la production , et sans , par conséquent, accroître le prix de la denrée. Si les gouvernemens se sont abstenus de cet impôt, je suis persuadé qu’ils ont clé arrêtés, moins par un respect superstitieux pour la nourriture principale du pauvre, qu’ils ont chaînée d'ailleurs de bien d'autres manières, quasar la difficulté de surveiller l’entrée de loutTs les granges, difficulté qui est en effet plus grande encore que celle de péuétrer dans toutes les caves. Du reste , il y a similitude complète.
Observonsen finissant qu'un impôtainsi levé, au moment de la production, sur une denrée d’un usage indispensable pour tout le monde , équivaut à une véritable capitation; mais , de toutes les capitations , c’est la plus cruelle pour le pauvre : car ce sont les pauvres qui consomment en plus grande quantité des denrées de première nécessité , parce que, pour eux , elles ne sont suppléées par rien ; et elles fout la presque totalité de leur dépense, car ils , 11e peuvent guère pourvoir qu’à leurs besoins