CHAPITRE XIV, LIVRE XIII. 3 I
c’est, dans tous les cas imaginables, donner une utilité plus grande, par rapport à nous, aux éiémens que nous combinons et manipuions à l’aide des forces de la nature que nous mettons en jeu par l’emploi des nôtres; comme ce que nous appelons consommer , c’est toujours diminuer ou détruire cette utilité, en nous en servant. Ce lumineux principe est également applicable aux industries agricole, manufacturière et commerçante. Cultiver, c’est, par le moyen d’un outil appelé un champ , convertir des graines , de l’air, de la terre, de l’eau et d’autres principes, en une moisson abondante (i). Manufacturer,
(i) L’agriculture est surtout un art chimique. Un laboureur fait du blé dont il a besoin , comme un chimiste fait du gaz inflammable dont il a besoin aussi. Le premier laboure, herse, fume, sème, arrose s’il y a lieu, pour mettre en contact , d’une manière convenable, les éiémens qui doivent agir, comme l’autre dispose ses appareils , de la limaille de fer, de l’eau et de l’acide sulfurique , dans la même vue. Puis tons deux laissent agir les aflinités ; et tous deux ont atteint leur but, si ce qu’ils produisent a plus de valeur vénale (preuve irrécusable de plus d’utilité) que n’en avait ce qu’ils ont employé et consommé pendant l’opération.
oest, à i aide de quelques instrument, changer du chanvre en toile et en vêtemens. Commercer, c'est avec des machines, telles que des vaisseaux et des chariots, approcher du consommaU ur des choses utiles qui en sont loin, et y ajouter le prix de tout ce qu’il en coûterait poulies aller chercher, tandis que Ion porte à ceux qui les cèdent d’autres choses qu ils désirent, et qui ont également le tort pour eux de métré pas à leur portée. Au contraire , consommer des alimens , c’est les convertir en iumier; consommer un habit, c est le changer en lambeaux j consommer de 1 eau , c est la boire , la salir , ou seulement la reporter à la rivière.
Avec un coup-d œil si juste et si ferme, il est impossible de ne pas voir leschjses telles qu’elles sont j aussi M. Sa y prononce , sans hésiter, lie. i"-., chap.5, qnun Jonils de terre n est qu’une machine. INéauinoins , entraîné par l’autorité de sçs prédécesseurs , qu ’il a si souvent corrigés et surpassés, ou peutêtre dominé seulement par l’empire de l’habitude et de je ne sais quel prestige , M. Say lui-même revient ensuite à se laisser éblouir par l'illusion qu’il a détruite le plus