‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 160 sur 216 · CHAPITRE XIV, LrVRF, XIII. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV, LrVRF, XIII. 5l

complètement possible. Il s’obstine à regarder un tonds de terre comme un bien d'une nature tout-à-fait particulière ; son service productif comme autre chose que 1 utilité d’un outil, et son fermage comme different du loyer d’un capital prêté. Enfin, liv. 4> chap. iG , il prononce encore plus formellement que Smith , et même en le discutant, que c'est de l'action de la terre que nait le profit qu'elle donne à son propriétaire. Cette seule faute est la cause de ce quil y a encore de louche dans tout ce qu’il dit sur les capitaux , les revenus et les impôts.

En effet , avec cette prévention, il est impossible de se rendre compte des progrès de la société et de la formation de nos richesses. On est obligé, comme M. Say, de reconnaître comme parties intégrantes de la valeur de toutes les choses qui eu ont uue : i°. des profits de travail ou salaires; 2°. des profits de capitaux qui semblent une chose différente des premiers; 5°. des profits de fonds de terre qui paraissent encore un élément d’un tout autre genre. On ne sait comment déterminer le prix naturel et nécessaire de chaque chose. 11 y en a toujours une por-

3l6 COMMENTAIRE SCR MONTESQUIEU, tioa dont on ne voit pas la cause. Encore moins peut-on voir 1 effet qu’y produit l’impôt , et 1 influence de tout cela sur la vie des hommes, leteridue de la population , et la puissance des états. Tout est embrouillé et sophistiqué dès le principe , et on ne peut plus se faire sur tous ces objets que des opinions arbitraires et incohérentes.

Au contraire , supprimez ce préjugé : persuadez-vous bien que ce que vous appelez un terrain (c est à-dire un cube de terre et de pierre, ayant une de ses faces à la superficie de notre globe) , est une masse de matière tout comme une autre , à la différence près qu elle ne saurait changer de place en totalité. Cette différence, il est vrai, fait que , comme propriété, c’est la plus difficile de toutes a conserver et à défendre, parce quon ne peut ni la serrer, ni la cacher, ni 1 emporter avec soi comme tout ce qui est meuble. Mais enfin, quand la société est assez éclairée pour la reconnaître et assez forte pour la protéger, c’est une propriété comme une autre. Cette propriété peut être telle que sa possession ne soit bonne à rien ; dans ce cas elle n’a aucun prix dans aucun pays

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