‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 178 sur 216 · CHAPITRE XVIU, LIVRES XX, XXI. Z · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIU, LIVRES XX, XXI. Z

deux mille ; et par suite à jouir chacun comme cinquante ou comme cent, si 1 égalité subsiste entre eux , ou à vivre cent’ ou deux cents sur le même terrain où ils n’étaient que vingt , et à avoir encore des jouissances comme dix au lieu d’zm , le tout sans avoir gagné la moindre chose sur aucun étranger.

Ces évaluations ne sont pas forcées , elles sont même au-dessous de la vérité. 11 y a plus que cette différence entre l’isolement sauvage et la société créée et perfectionnée par l'invention des échanges, surtout si cette société était assez bien ordonnée pour que l’égalité sy maintînt, ou que du moins l’inégalité s’y introduisît le moins possible , et que par suite beaucoup de moyens ne devinssent pas inutiles ou nuisibles. (Voyez l’article du luxe, chap. septième). Le plus grand avantage du commerce extérieur, on ne saurait trop le répéter, est donc certainement de contribuer à cet heureux phénomène; et c’est celui auquel on n’a presque jamais pensé , et que l’on a toujours été prêt à sacrifier à l’appât d’un gain sordide, et à l’apparence du moindre profit à faire sur l’étranger. Je dis à l’apparence; je ne prétends

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pas insinuer, 'par là que ce profit soit toujours illusoire ; c’est ce que nous verrons : je soutiens seulement que c’est à tort qu’il a etc l'objet unique de la plupart des politiques, et qu’il n’est rien , en comparaison de l’avantage qu’a le commerce de créer la société et de développer l'industrie, avantage qui appartient éminemment au commerce intérieur, auquel contribue subsidiairement le commerce extérieur, ce qui constitue à mes yeux son plus grand mérite. Au reste, puisqu’on a attaché une importance très-exagérée au profit direct qu'une nation peut faire sur les nations étrangères par le moyen de son commerce avec elles , il convient d’examiner plus en détail ce profit, pour voir nettement en quoi il consiste, et jusqu’à quel point on peut le connaître.

Le commerce extérieur peut être profitable, ou plutôt les négocians qui le font, peuvent augmenter directement la masse des richesses nationales par les gains qu’ils font sur les étrangers avec lesquels ils trafiquent ; et cet effet ils peuvent le produire de plusieurs manières différentes.

Premièrement, ils peuvent n’ètre que les

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