‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 25 sur 216 · CHAPITRE IU , LIVRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE IU , LIVRE III

ceux-là il ne faut pas que les dillérens sentimens particuliers , favorables aux formes aristocratiques et monarchiques, s exaltent jusqu’à un certain degré. 11 faut que le respect général pour les droits des hommes prédomine toujours, sans quoi le principe fondamental serait bientôt oublié ou méconnu , comme il l’est en effet^ presque toujours dans la pratique.

Maintenant si nous passons à l’examen des gouvernemens que nous avons appelés spacuiujc, c'est-à-dire, ou 1 on reconnaît comme légitimes différentes sources de droits particuliers , prescrivant contre le droit général et national , il est évident que les différentes formes qu’ils peuvent revêtir , admettent les mêmes opinions et les mêmes sentimens que nous avons reconnus favorables aux formes analogues des gouvernemens nationaux : et même dans ceux-ci , ces opinions et ces sentimens, au lieu d’être subordonnés au respect général pour les droits des hommes, peuvent et doivent nôtre arrêtés que par le respect dû aux difierens droits particuliers reconnus légitimes. Les droits généraux des hommes n’y sont rien.

3o COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU:

Voilà, je J) crise , tout ce qu’il y a a dire sur ce que Montesquieu appelle le principe des difTércns«gouverncmens. Au reste',' il nié paraît beaucoup plus important de rechercher quels sont les opinions et les sentimens que chaque gouvernement fait naître par sa nature et propage inévitablement , que de s’occuper de ceux dont il a besoin pour se soutenir. Je ne me suis arrêté sur cet objet que pour me conformer à l’ordre que Montesquieu a jugé à propos de suivre dans son immortel ouvrage. L’autre question est bien plus importante au bonheur des hommes. Elle trouvera peut-être sa place dans la suite de cet écrit.

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