CHAPITRE V, LIVRE T
réunisse deux portions, d'obliger un père à laisser sa portion à un de scs Gis , et à faire adopter les autres par des citoyens sans enfans, de ne donner qu’une très-faible dot aux filles , et, quand elles sont héritières, de les forcer à épouser leur plus proche parent , ou même d’exiger que les riches prennent , sans dot , en mariage la fille d’un citoyen pauvre , et donnent une riche dot à la leur , pour épouser un citoyen pauvre , etc., etc. 11 ajoute à tout cela le plus profond respect pour tout ce qui est ancien , pour la censure la plus rigide et la plus despotique, pour l’autorité paternelle la plus illimitée , jusques y compris le droit de corriger les enfans des autres , sans expliquer à la vérité par quel moyen.
De même, il recommande tellement la modération à l’aristocratie, qu’il veut que les nobles évitent de choquer et d’humilicr le peuple , qu’ils ne s’attribuent aucuns privilèges individuels, ni honoriGques, ni pécuniaires , qu’ils ne reçoivent que peu ou point d’appointcmens pour les fonctions publiques, qu’ils s’interdisent tous les moyens d’accroître leur fortune, toutes les occupations lucratives , telles que le commerce , la levée des.
impôts, etc., etc..., et qu’entr’eux, pour éviter l’inégalité, la jalousie et les haines, il n’y ait ni droits de primogéniture , ni ma* jorats, ni substitutions, ni adoptions, mais partages égaux , conduite réglée , grande exactitude à payer leurs dettes , et prompte fin des procès. Cependant il permet et recommande à ces gouvernemens si modérés l’inquisition d état la plus tyrannique , et l’usage le plus illimité de la délation. 11 assure que ces moyens violens leur sont nécessaires. 11 faut l’en croire.
En vertu de cette même fidélité à ses principes, il recommande dans les monarchies tout ce qui tend à perpétuer le lustre des familles, l’inégalité des partages, les substitutions, la liberté de tester , les retraits lignagers , les privilèges personnels , et même ceux des terres nobles. Il y approuve les lenteurs des formes, la puissance des corps à qui le dépôt des lois est confié, la vénalité des charges , et généralement tout ce qui tend à relever l’existence des individus des classes privilégiées.
A l’égard de ce qu'il appelle le gouvernement despotique , il peint tous les maux