CHAPITRE V, LIVRE V
qu’elles se manifestent. 11 ne doit donc intervenir que pour maintenir le calme et la lenteur nécessaires dans les discussions, et surtout dans les déterminations qui peuvent s’ensuivre.
Par exemple , ce gouvernement ne doit point adopter la vénalité des charges, il ne demande pas à la Providence de créer des sots, mais des citoyens éclairés. Il n’y a point de classe qu’il veuille appauvrir, parce qu’il n’y en a pas qu'il veuille élever ; ainsi cette mesure lui est inutile. D’ailleurs il est de sa nature que la plupart de fonctions publiques soient conférées par l’élection libre des citoyens, et les autres par le choix éclairé des gouvernails, que presque toutes soient très-temporaires, et qu’aucunes ne donnent lieu à de très-grands profits ni à des privilég es permanens. Ainsi il n’y a point de rai» sons pour les acheter ni pour les vendre.
11 y aurait encore bien des choses à dire sur tout ce que ce gouvernement et ceux dont nous avons parlé auparavant doivent faire, ou ne pas faire en fait de législation , mais je me borne aux objetsque Montesquieu a jugé à propos de traiter dans ce Livre. Je
m’en suis éloigné un moment que pour mieux prouver, contre l’autorité de ce grand homme , que les mesures directes et violentes qu’il approuve dans la démocratie ne sont pas les plus efficaces j et que c’est un mauvais système de gouvernement que celui qui contredit la nature. Je suivrai la même marche