CHAPITRE VI
Sur Je Livre VI. — Conséquences des principes des divers gouvernemens , par rapport à la simplicité des lois civiles et criminelles , la forme des jugemens , et T élablissernent des peines.
Malgré les belles et grandes vues qui se font admirer dans ce livre , nous n’y trouverons pas toute l’instruction que nous aurions dû en attendre , parce que l’illustre auteur n’a pas distingué avec assez de soince qui regarde la justice civile, de ce qui regarde la justice criminelle. Nous tâcherons de remédier à cet inconvénient. Mais, avant de nous occuper de ces objets particuliers, il faut nous livrer encore à quelques réflexions générales sur la nature des gouvernemens, dont nous avons parlé dans le livre second; car les matières que nous avons traitées, dans les Chapitres III, IV et V, ont dû jeter un nouveau jour sur ce sujet.
La division des gouvernemens en difl’é-
commentaire sur Montesquieu.
fentes* classes , présente des difficultés importantes, et donne lieu à beaucoup d'observations , parce qu’elle fhce et constate l’idée que l’on a de ces gouvernemens , et le caractère essentiel que l’on y reconnaît. J’ai déjà dit ce que je pense de la division des gouvernemens en républicain, monarchique et despotique, adoptée par Montesquieu. Je la crois défectueuse par plusieurs raisons. Cependant il y est très-attaché , il en lait la base de son système de politique , il y rapporte tout, il y assujettit sa théorie tout entière, et je suis persuadé que cela nuit souvent à la justesse, à l’enchaînement et à la profondeur de ses idées. Je ne saurais donc
trop motiver mon opinion.
D’abord la démocratie et l’aristocratie sont si essentiellement différentes, qu’elles lie sauraient être confondues sous un même nom. Aussi Montesquieu lui-même est souvent obligé de les distinguer. Alors il a quatre gouvernemens au lieu de trois; et, quand il parle du gouvernement républicain, on ne sait plus précisément duquel il est question. Voilà un premier inconvénient.
Ensuite qu’est-ce que le despotisme? nous