CHAPITRE VII y LIVRE Vit
Enfin prenons un dernier exemple bien j)I us frappant encore. La France, sous son ancien gouvernement , n était certainement pas aussi misérable que les Français mêmes se sont plu à le dire ; mais elle n’était pas florissante. Sa population et son agriculture n’étaient pas dans un état rétrograde , mais elles étaient stationnaires : ou, si elles obtenaient quelques accroissemens, ils étaient moindres que ceux de plusieurs nations voisines , et par conséquent n’étaient pas proportionnés aux progrès des lumières du siècle. Elle était obérée ; elle n’avait aucun crédit; elle manquait toujours de fonds pour les dépenses utiles ; elle se sentait incapable de supporter les frais ordinaires de son gouvernement, et encore plus de faire aucun grand effort à l’extérieur. En un mot , malgré l’esprit, le nombre et l’activité de ses habitans, la richesse et l’étendue de son sol, et les bienfaits d’une assez longue paix, elle tenait avec peine son rang parmi ses rivaux^ et était peu considérée et nullement redoutée au dehors.
La révolution est venue , et la France à Souffert tous les maux imaginables. Elle z
été déchirée par des guerres atroces, civiles et étrangères. Plusieurs de ses provinces ont été dévastées et beaucoup de villes réduites en cendres. Toutes ont été pillées par les brigands et par les fournisseurs des troupes.
Son commerce extérieur a été anéanti ; ses flottes ont été totalement détruites , quôique souvent renouvelées ; ses colonies , qu’on croyait si nécessaires à sa prospérité , ont été abîmées ; et, qui pis est, elle a perdu tous les hommes et tous les trésors quelle a prodigués pour les subjuguer. Son numéraire a été presque tout exporté, tant par l’effet de l’émigration que par celui du papier - monnaie. Elle a entretenu quatorze armées dans un temps de famine; et, au milieu de tout cela , il est notoire que sa population et son agriculture se sont augmentées considérablement en très-peu d’années : et actuellement (en 1806 ), sans que rien . , soit encore amélioré pour elle du côté de la mer et du commerce étranger, auquel on attache communément une- si grande importance, sans quelle ait eu un seul instant de paix pour se reposer , elle supporte des taxes énormes, elle fait des
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