CHAPITRE VU, U#IE VU
dépenses immenses eu travaux publics-, elle suffit à tcyat saps emprunts, et elle a une puissance colossale à laquelle rien ne peut résister sur le continent de lEurope, et qui subjuguerait tout l’univers, sans la marine anglaise. Qu est-il donc arrivé dans ce pays qui ait pu produire ces inconcevables effets? Une seule circonstance a suffi.
Dans l’ancien ordre des choses, la plus grande partie des travaux utiles des habitans de la France était employée chaque année à produire les richesses qui formaient les immenses revenus de la cour et de toute la classe opulente de la société : et ces revenus étaient presque entièrement consumés en dépendes de luxe, c’est-à-dire, à solder une masse énorme de population , dont tout le travail ne produisait absolument rien que les jouissances de quelques hommes. En un moment la presque totalité de ces revenus est passée et dpus les mains du nouveau gouvernement , et dans celles de la classe laborieuse. Elle a alimenté de même tous ceux qui en tiraient leur subsistance; mais leur travail a été appliqué à des choses nécessaires ou utiles , et il a suffi pour défendre l’état
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au dehors, et accroître ses productions aq dedans (i). « •
Doit-on en être surpris, quand on songe qu’il y a eu un temps assez long où, par l’effet même de la commotion et de la détresse générale, on aurait à peine trouvé en France un seul citoyen oisif ou occupé de travaux inutiles. Ceux qui faisaient des carrosses, ont fait des affûts de canons; ceux qui faisaient des broderies et des dentelles, ont fait de gros draps et de grosses toiles ; ceux qui ornaient des boudoirs ont bâti des granges et défriché des terres; et même ceux qui jouissaient en paix de toutes ces inutilités ont été forcés, pour subsister, de rendre des services dont on avait besoin. C’est là le secret des ressources prodigieuses que trouve toujours un corps de nation dans ces grandes crises. On met à profit alors tout
(i) La seule suppression des droits féodaux et des dîmes , partie au profit des cultivateurs , partie à celui de l’état , a suffi aux uns pour accroître beaucoup leur industrie , à l’autre pour asseoir une masse (énorme d’impôts nouveaux , et ce n’était là qu’une faible portion des revenus de la classe consommatrice sans utilité. ,
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