CHAPITRE VII, LIVRE VH. nü
comme Montesquieu ait porté Je goût de ces expédieus, au point que , pour concilier Ja prétendue modération dont il fait le principe de son aristocratie, avec ce qu’il croit les intérêts du peuple, il approuve qu’à \ enise les nobles se fassent voler leurs trésors par des courtisanes, et que, dans les républiques grecques, les plus riches citoyens les employassent en fêtes et en spectacles , et qu enfin il arrive à trouver que les lois somptuaires sont bonnes à la Chine, parce que les femmes y sont fécondes. Heureusement il en conclut aussi qu’il faut détruire les moines, conséquence qui, pour etre bonne, ne tient pas trop au principe dont elle sort.
A l’égard des femmes , elles sont des bêtes de somme chez les sauvages, des animaux de ménagerie chez les barbares , alternativement despotes et victimes chez les peuples livrés à Ja vanité et à la frivolité. Ce n’est que daus les pays où régnent la liberté et la raison, quelles sont les heureuses compagnes d’un ami de leur choix, et les mères respectées d’une famille tendre , élevée par leurs soins. 0
Il4 COMMENTAIRE SCR MONTESQUIEU.
]NTi les mariages Samnites (ou Sunnites) (i), ni les danses de Sparte ne produisent un pareil effet. 11 est inconcevable qu’on ait été tant de temps avant de sentir l’énorme ridicule de ces niaiseries, et toute l’horreur du tribunal dordestique des Romains. Les femmes ne sont faites ni pour dominer, ni pour servir, non plus que les hommes. Ce ne sont point là des sources de bonheur et de vertu; et l’on peut affirmer qu’elles n'ont produit nulle part ni l'un ni l’autre.
(i) Voltaire a remarqué, dans son commentaire sur YEsprit des lois , que l’histoire de ces singuliers mariages est tirée de S lobée , et que S lobée parle des Sunnites , peuple de Scythie , et non pas des Samuites. Au reste , cela est fort indifférent.