CHAPITRE VIII, LiyRE VIII. uy
le monde veut commander, et que personne ne veut obéir. ?
Sur l’aristocratie , il nous dit quelle se corrompt , lorsque le pouvoir des nobles devient arbitraire , et qu’ils n observent pas les lois. Sans doute ces excès sont contraires à la modération , prétendu principe de ce gouvernement. Mais quel est celui dont le principe ne se corrompt pas ? ou plutôt qui n’est pas déjà corrompu dans le principe et dans le fait, quand il devient arbitraire et quand les lois n’y sont pas observées?
Aussi 1 article de la monarchie est- il, à peu près , le même que celui-ci en d’autres termes. On y trouve que le principe de la monarchie se corrompt , quand le prince détruit les prérogatives des corps ou les privilèges des villes, quand il ôte aux uns leurs fonctions naturelles pour les donner arbitrairement à d’autres, quand il est plus amoureux de ses fantaisies que de ses volontés , quand il devient cruel, quand on peut être à la fois couvert d’infamie et de dignités. Certainement de tels désordres sont pernicieux ; mais il n’y en a aucun , excepté le dernier , qui ait un rapport direct avec
Ïl8 COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU.
l'honneur , et il est partout aussi ‘fâcheux et aussi révoltant que dans la monarchie.
* A l'égard du gouvernement despotique ^ on nous dit : Les autres gouvememens périssent parce que des accidens particuliers en violent le principe : celui-ci périt par son vice intérieur , lorsque quelques causes accidentelles nempëchent point son principe de se corrompre ; c'est-à-dire, qu’il ne se maintient que quand quelque circonstance le force à suivre quelque ordre et à souffrir quelque règle. Je crois cela vrai. Il me parait très-sûr que le gouvernement despotique , non plus qu'un autre, ne peut subsister, s'il ne s’y établit une sorte d’ordre. Mais il faut convenir qu’il est singulier d’appeler corruption de la crainte , l'établissement d’un ordre 'quelconque. D’ailleurs , je le demande de nouveau , qu’est-ce que tout cela nous apprend ?
Je crois pouvoir conclure de ces citations, qu’i! y a peu de lumières à tirer des réflexions que suggère à Montesquieu, la manière dont s’affaiblissent et se détruisent , suivant lui , ses trois ou quatre prétendus principes de gouvernement. Je ne m’y arrêterai donc pas davantage ; mais je prendrai la liberté de