CHAPITRE ^111, LIVRE VIII. I2Q
il sullit d’occuper les gorges formées par les principaux mamelons qui partentde la grande chaîne.
Enfin, à defaut des mers et des montagnes, on peut se contenter des grands fleuves , eu ne les prenant qu’à un endroit où ils soient déjà un peu considérables , et en les suivant jusqu à la mer , mais des grands fleuves seulement; car, s il s agit de rivières affluentes dans d autres dont on ne dispose pas , ce sont autant d’artères coupées par lesquelles lacirculation ne peut plus se faire, et qui paralysent souvent une grande étendue de pays. De plus ces rivières ne sont pas, en général, assez considérables, au moins dans une partie de leurs cours, pour être de vraies barrières contre les entreprises hostiles. Je sais que les grands fleuves mêmes ne sont pas une limite très-précise, parce que leur cours change incessamment et engendre mille contestations , qu’ils ne sont qu’une défense bien peu sûre , qu’un ennemi entreprenant les passe toujours, qu’en un mot ils sont bien plus faits par la nature pour unir leurs riverains , que pour les séparer. Mais enfin, il est des localités où il laut bien se contenter de ces limites. Quoi
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qu’il en soit, uue société politique doit toujours, pour son bonheur, travailler à se procurer ses limites naturelles, et ne jamais se permettre de les dépasser.
A 1 egard du degré de puissance dont elle a besoin pour se conserver, il n’est que relatif et dépend beaucoup des forces de ses voisins : ceci nous amène naturellement au sujet du livre suivant.