‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 73 sur 216 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Sur le Livre IX. — Des lois dans le rapport quelles ont avec la force défensive.

Le titre de ce livre semblerait annoncer qu’on trouvera ici la théorie des lois relatives à l’organisation de la force armée, et au service que les citoyens doivent à la patrie pour sa défense ; mais ce n’est point ce dont Montesquieu s’est occupé. 11 ne parle que des mesures politiques que peut prendre un état pour se mettre à l’abri des entreprises de ses voisins. Nous ne ferons que le suivre.

Prévenu de l'idée qu’une république, soit démocratique, soit aristocratique , ne- peut jamais être qu’un petit état, il ne voit pour elle de moyen de défense que de s’unir à d’antres états par un lien fédératif; et il fait un grand éloge des avantages de la constitution fédérative, qui lui paraît la meilleure invention possible pour conserver la liberté an dedans et au dehors. Sans doute, il vaut mieux , pour un état trop faible, se joindre à

102 COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU, plusieurs autres par des alliances ou par une fédération, qui est la plus étroite des alliances , que rester isolé. Mais si tous ces états réunis n’en formaient qu’un seul , ils seraient certainement plus forts. Or, cela se peut au moyen du gouvernement représentatif. Nous • nous trouvons bien en Amérique du système fédératif, parce que nous n’avons pas de voisins redoutables ; mais si la république française avait adopté ce mode, comme on le lui a proposé , il est douteux qu’elle eût pu résister à toute l’Europe, comme elle l’a fait, en demeurant line et indivisible. Règle générale : un état gagne en forces en se joignant à plusieurs autres ; mais il gagnerait encore davantage en ne faisant qu'un avec eux, et il perd en se subdivisant en plusieurs parties , quelque étroitement qu’elles demeurent unies.

On pourrait soutenir , avec plus de vraisemblance , que la fédération rend l’usurpation du pouvoir souverain plus difficile que l’indivisibilité ; cependant elle n’a pas empêché la Hollande d’être asservie par la maison d’Orange. Il est vrai que c’est surtout l’influence étrangère qui p rendu le stathou-

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