CHAPITRE IX, I.IVRE IX
tité de faits, ou minutieux , ou problématiques , ou mal circonstanciés , que Montesquieu va chercher dans les auteurs les plus suspects, ou dans les pays les moins connus, pour les faire servir de preuves à ses principes ou à ses raisonnemens. Il me semble que, la plupart du temps, ils éloignent de la question , au lieu de l’éclaircir. J’avoue que cela m’a toujours fait une vraie peine. Dans l’occasion présente, il est si attaché à soutenir qu’une république ne saurait gouverner une grande étendue de pays, sans le secours de la fédération , qu’il cite la république romaine commfpnte république fédérative.
Assurément je ne prétends pas disputer d’érudition avec un homme si savant , qui d’ailleurs ici ne produit pas ses autorités : je sais qu’à différentes époques, et suivant diflerens modes, les Romains ont réuni à leur empire les peuples vaincus ; mais je ne puis voir là une vraie fédération; et il me parait que, si un état a jamais eu le caractère de l’unité, c’est une république qui résidait toute entière dans une seule ville , que, parcelte raison , on appelait la tête ou la capitale de l’univers , en put orbis.
l3Ô COMMENTAIRE SCR MONTESQUIEU.
Après avoir parlé des fédérations comme des seuls moyens de défense des réjiubliques, Montesquieu dit que ceux des états despotiques consistent à ravager leurs frontières et à les environner de déserts ; et ceux des monarchies à s’entourer de places fortes.
Je crois que c’est pousser bien loin l’esprit de système que d’attribuer exclusivement un de ces moyens à chaque espèce de gouvernement. Mais je ne m’arrêterai pas sur ce sujet , ni sur tout le reste de ce livre , parce que je ne vois pas d’instruction à en tirer.
Je n’y trouve à recueillir que celte belle sentence : l’Esprit de la nytnarchie est la '■ guerre et V agrandissement ; l’esprit de la république est la paix et la modération. Montesquieu répète la même chose en plusieurs endroits. Est-ce donc là faire l’éloge du gouvernement d’un seul ( i ) ?
(i) Montesquieu par cette sentence exprimait , sans choquer ouvertement le pouvoir, la préférence que les peuples doivent donner à la république sur la monarchie. (Noie de l'éditeur.)
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CIIAP1TRE X, LITRE X.