‹ Commentaire sur l'Évangile de saint Jean (volume 2)Chapitre 40 sur 66 · Vol. l · texte numérisé non relu

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ment ; celui de Seigneur, à la domination sur la vie eolière. Ce sont les titres rabbi et niar que les élèves juirs donnenl à leurs maîtres. — C'est des mots : Car je le suis, que Jean a proprement tiré le eiJw;, sachant, du v. 3. — Depuis le quatrième siècle, TEglise a trouvé, dans les v. 14 et 15, rinstitution d*un rite ; et Ton sait ce que cette cérémonie est devenue, ]!i où elle est encore matériellement pratiquée. Mais ni le terme 'Vrro^eiyaa, exemple, ni le plur. ces chom (v. 17), ne conviennent A l'idée d'une institution; et, an V. 15, Jésus aurait dû direo, ce t/ue, au lieu de tlsAia;^ comme. S'abaisser pour servir, et servir pour sauver: voilà Tessence morale de l'acte, qui en est l'élément permanent.

La forme était accidentelle et, comme nous l'avons vu,

empruntée à la situation donnée ; elle est par conséquent passagère. L'ablution des pieds dont il est parlé 1 Tim. V, 10 est un devoir d'hospitalité et n*a qu'une relation morale avec la prescription des v. 14 et 15. — Le sens de la sentence du v. 10, qui se trouve aussi dans les synoptiques, mais diversement appliquée (Luc VI, 40; Mattli. X, 24. 25; comp. Jean \V, 20), est ici, comme MaLth. X, que le subordonné ne peut trouver indigne de lui ce que son supérieur a consenti à faire. — Mais le Seigneur sait qu'il est plus facile d'approuver et d'admirer l'humilité que de la pratiquer ; c'est pourquoi il ajoute la parole du v. 17. Ki, si, « si vraiment; » comme cela est réellement; c'est la supposition générale; £xv, au cas que; c'est la condition plus particulière. — Le bonheur promis ici n'est pas seulement la douceur intime qui accompagne tout acte d'abaissement volontaire ; c'est une supériorité réelle de position devant Dieu : on est d'autant plus grand à ses yeux et d'autant plus rapproché de lui que l'on consent à s'abaisser davantage pour sen'ir ses frères (.Matlh. XVIII, 4).

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18 et 19. « Je ne dis pas cela de vous tous; je^ con^ peux que* foi choisis; mais c*est afin que ï Ecriture iccomplie : c Celui qui mange le pain avec moi ', a !* le talon contre moi. » 19 Dès maintenant je vous le want que la chose arrive, afin que, quand elle sera ée, vous croyiez que cest moi. ^ — L'idée du bonheur lisciples qui marchent dans la voie de Thumilité évolans le cœur de Jésus le sentiment d'un contraste : il v m être qui, indomptable dans son orgueil, se prive de nheur, et atlire sur lui la malédiction. — '£^Xe^à[jLviv, hoisi, a été rapporté à l'élection pour le salut; dans as il ne s'appliquerait pas à Judas. Mais il ressort de

0 qu'il désigne l'élection à l'apostolat et comprend les e. — Les mots : Je connais, servent à justifier la délion précédente : Je ne dis pas cela de vous tous : si le car de 4 Mjj. est une glose, c'est une glose juste. — > 3 pourrait faire dépendre le afin que du verbe a levé:

1 que l'Ecriture soit accomplie, celui qui mange, a .. » Jésus identifierait ainsi la citation scripturaire son propre discours. Mais il est plus naturel d'admettre iUipse, soit en expliquant, avec Meyer: c Je l'ai néans choisi, afin que...., » soit, ce qui parait plus simple, ippléant : cCela est arrivé, afin que.... » Corap. XIX, ilattb. XXYI, 56. Cette dernière ellipse reporte la resibilité de l'élection de Judas sur Dieu, à qui Jésus ^i; voir à VI, 64. Le Ps. XLI^ au v. 10 duquel est antée la parole citée , n'est qu'indirectement messiai; son sujet immédiat est le juste affligé; mais cette n'est parfaitement réalisée que dans le Messie souf-

A K n 30 Mnn. It^'"i Cop. S} r. lisent v«p après syw. BC L M Or. lisent tivs^ au lieu de ou;. CL : [Aou, au lieu de {xst* e;iou.

A U n : iTrr,px€v, au lieu d'smr.psv.

su TBOISIÈME PARTIE.

franl. Parmi les afllictions donl le juste est frappé, le p: miste (David, d'après le tilre; selon Hitzig, Jéréroie) en première ligne la trahison d'un ami intime. Dan bouche de David, ce trait se rapporte àAchitopbel. • dernier coup, veut dire Jésus, ne pouvait manquer m*atteindre aussi, moi en qui se réunissent toutes les c leurs comme toutes les vertus du juste jsoufTrant. » C'esi dans ce contexte, le sens de la formule : afin que fui an plie. La citation diffère et de l'hébreu et des LXX, i non quant au sens. Le sing. âpTov, l^ pain^ confom rhébreu, tandis que les LXX ont le plur. aprouç, poai prouver en faveur de l'emploi du texte orîginaL En gén( la traduction du passage chez Jean paratt indépendante LXX K Lever le talon, ruer, est l'emblème de la haine taie, et non, comme quelques-uns l'ont cru , de la r Prévue et prédite par Jésus, cette trahison qui, auti-em eut pu scandaliser ses disciples, devait se transformer] tard en un appui pour leur foi. C'est ce que fait ress( Jésus au V. 19. — L'attribut sous-enlendu de cyw i c'est moi qui suis, est: tout ce pour quoi je me suis de auprès de vous et que vous me croyez être , le Maîtr le Seigneur.

V. ^0. € Eu vvritéj en vérité, [e vous le dis : Celui reçoit celui que f aurai envoyé, me reçoit, et celui qu reçoit, reçoit celui qui m*a envoyé, i — La relation e cette parole et les précédentes est si peu claire que Kui et Liicke ont proposé d'envisager ce verset comme glose tirée de Matlb. X, 40. D'autres, comme Lampe rattachent au v. 16, faisant ainsi de tout ce qui este deux une simple parenthèse. Meyer, llengslenberg, pen

* L'asson timon t que j'ai donne à Topinion do Mangold sur ( question (Introd. ï, p. 309, doit ôtre modifié. Comp. la ciU XII, 40.

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qu'en face de la trahison de Judas, Jésus voulait encourager ses apôtres en leur rappelant la grandeur de leur mission, liâuinlcin dit : c un fragment d'un plus grand tout, auquel appartenait pcut-iHre Tinstitution de la sainte Cène. i> Si nous considérons que les v. 18. 19 sont une simple parenthèse occasionnée par le contraste du sort de Judas avec le bonheur des disciples fidèles (v. 17), nous ne pourrons guères douter que le v. 20 ne soit le trait saillant de cette |i«apioTT,;, de ce bonheur promis v. 17 à Tapôtre humble et dévoué comme son Maitre. Jésus venait de dire : c Le serviteur n'est pas plus grand que son mattre ; » il semble (lire maintenant : c Le serviteur nesl pas moins grand que son maître. » Le recevoir, c'est recevoir Jésus, et Dieu luimême; comp. Matth. XVIU, 4. 5 et parall. Chez Luc XXII, 29. 3U, Jésus dit: « Je vous transmets le royaume, comme Win Père me ta transmis; et vous serez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d* Israël .'"è cette promesse concorde remarquablement avec notre v. 20. Porter en soi iésus et, en lui, Dieu môme, n'est-ce pas régner et juger, dans le sens le plus profond de ces mots?

Bretschneider et Strauss ont envisafjé ce riVit du lavement

des pieds comme une création légendaire . Mais, comme l'observ/e

Baur au sujet de la résurrection de Lazare, si un tel récit fictif

dû à la conscience chrétienne eût réellement circulé dans l'Eglise,

il n'aurait pas manqué de figurer aussi dans nos synoptiques.

Baur envisage donc ce trait connne inventé à bon escient par

l'évangéliste au service d'une idée morale. Mais on s'explique

difficilement sur cette voie la production d'une scène aussi simple,

aussi vivante, et surtout la composition de l'inimitable entretien

entre Jésus et Pierre. Schweizer lui-même a fait admirablement

ressortir le sceau de vérité liistorique empreint sur tout ce récit.

Keim pense que Jésus n'eût pas ainsi heurté de front ce soir-là

le sentiment de ses disciples. Mais il s'agissait de leur inculquer

d'une manière ineffaçable l'esprit de son œuvre et de leur future

mission; et c'était le dernier moment pour cela. On objecte

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l'omission de ce trait dans les synoptiques. Prubablement ^in^ti• tution de la sainte Cène, ce fait d'une importanre capitale pour l'Eglise, éclipsa celui-ci dans la tradition orale relative à ce dernier repas. Hilgenfeld soupçonne que l'évanj^éliste a substitué ce récit imaginé par lui à l'inslitulion de la sainte Cène qu'il voulait exclure (IntmH. p. 7ii ) : comme s'il y avait entre ces deux faits une relation telle que l'un pût être la compensation de l'autre! Le discours dans Luc i^ontre la fausse grandeur, à la fin du repas. suppose en tout cas un fait dans le genre de celui-ci. Luc trouva dans ses documents ce discours rédigé Indépendamment du fait lui-même. Il voulut (H)iiserver les paroles de Jésus et reproduisit cette fouille détachée, telle qu*il la posst'dait, sans y rien ajouter et en rien retrancher. \ ''J

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