II. — Léloignemeni de Judas : v
C'est ici encore une œuvre de l'amour de Jésus envers les Biens. Tant qtie Judas était présent, son cœur était comprimé et ne pouvait donner essor à toute la divine ri- | .i^ chesse dont il était plein. Le v. 31 exprime avec vivacité le sentiment de délivrance que Jésus lui-même éprouve en voyant s'éloigner le traître ; et c'est en ce moment que commence ce riche épanchement qui remplit les cli. XIV- XVII. (les derniers instants d'intimité étaient nécessaires à l'œuvre du Seijrneur.
Judas avait représenté, dans le cercle des Douze, Tesprit du messianisme charnel , directement opposé à celui que Jésus venait d'y faire prévaloir par l'acte du lavement des pieds (ch. VI, (V4. 70). S'il ne voulait pas renier cet esprit et s'humilier, il devait partir; avec lui c'était l'esprit du faux Messie, du Messie juif, de l'antéchrist qui s'éloignait-
V. 21 et 22. € Apris avoir dit cela, Jésus fat troublé &t son esprit cl rendit lémoignar/e et dit : En vérité^ en vérité -je vous dis que Vun de vous me trahira, 22 Les disciplf-^^ se regardaient donc ^ Vun Fautre, ne ponçant comprenén ^
* B C omettent ouv.
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deqtà il parlait. t> — L'émotion de Jésus ne provient ni du sentiment de raffeclion froissée ni de la pitié pour le traître. Le régime tw Tz^^vitioLTi, en son esprit^ montre qu'elle a son siège dans une région plus élevée que celle de la sensibilité naturelle, même la plus noble. C'est, comme XI, 33.38, un saisissement de nature religieuse, une espèce d'effroi qu'éprouve son cœur pur à la vue de ce crime satanique et à l'approche de son invisible auteur. Sur la différence entre ^xvî, l'dme, etiuveOjjia, l'esprit, sous ce rapport, voir à Xll , 27. Les mots: ayant dit cela, rattachent cette émotion au discours précédent, dans lequel Jésus avait deux fois fait allusion h la trahison de Judas. L'expression : // rendit témoignage , oppose la déclaration positive qui va suivre, à ces vagues indications (v. 10 et 18) ; Bileameîi, amen caractérise la divine certitude de ce témoignage. Aussi les apôtres (v. 22) doutent-ils plutôt d'euxmêmes et de leur cœur, que de la parole du Maitre. « Estce moif"» demandent-ils chacun, avec une humilité touchante, d'après Matth. XXVI, 22. Judas lui-même, d'après ^t évangéliste, adresse à Jésus cette question : on a trouvé îe détail incroyable. Mais rester seul à se taire, n'était-ce >as se trahir? La réponse de Jésus : « Tu l'as dit » (XXVI, S, dans Matthieu), n'est autre chose que le sommaire de la cène suivante dans le récit de Jean ; c'est par l'acto raconté 3r Jean v. 26, que Jésus lui a fait cette réponse.