V. 23 et 24. « Or > l'iin des disciples S celui que Jésm
w*ai7, était couché sur son sein ; 24 Simon Pierre lui fait O^e de lui demander quel était^ celui dont il parlait. i —
' BC L omettent Zz.
14 Mjj. ,'k A B C etc. ajoutent sx devant twv aaOrjToiv.
Au lieu de Tr^OiiOai t»; «v i\t\ (s'informer qui c'était) que lit T. R. *<i \t Mjj. (ADriAOetc.) la plupart des Mnn. Syr. Cop., on lit ^•^^ti «uTCi> EiTiE Ti; £aTiv (ct il Ivî dit : dis qui c'est) dans B C I L X •••iqiic Vg. Or. — N réunit les deux leçons : TrjOsoOai tiç «v eir) rnpi *^Y£v xai Xzyv. auToj htzz Tt; ettiv ;:£pi ou Xt^zi.
(liiez les anciens, on était & table couché plutôt qu'assis, chaque convive ayant h bras gauche appuyé sur un coussio, (le manière à soutenir la tcte , et le bras droit libre, pour man(,^er; les pieds étaient étendus en arrière. Chacun avait ainsi la tête rapprochée de la poitrine de celui qui était h sa gauche ; c'était la place de Jean par rapport à Jésus, dans ce dernier repas. La tradition unanime de l'Eglise primitive désigne en effet Jean comme le disciple auquel s'applique le v. 23. Notre évangile lui-même ne permet pa$ d'en douter; nous l'avons démontré dans Vlnlrod. (I, [k'MÎ et suiv.). Cela ressort de XXI, 2, comp. avec 7 et 20-23. D'entre les sept disciples mentionnés v. 2, Pierre, Thomas, Nathanaël, sont naturellement exclus, comme parfois nom» mes dans le cours de l'évangile, tandis que le'disciple que Jésus aimait n'est nulle part désigné par son nom. I^s deux derniers disciples non nommés ne paraissent point avoir appartenu au cercle des Douze; il ne reste donc que les deux fils de Zébédée. Jacques étant exclu par le fait de sa mort précoce (comp. v. 22 : t Si je veux qu'il demewtt jusquà ce que je vienne, que t'importe fi^), il ne reste que Jean. Le récit synoptique conduit au même résultat: Le disciple que Jésus aiinail devant être Tun des trois apôtres privilégiés, Pierre et Jacques étant exclus par les raisons indiquées, Jean seul reste. La leçon hyz. : de lui demander qui c'était, est bien préférable à celle des alex. et d'Oripéne: Et il lui dit : Dis qui c'est. Si Ton interprète, en effet, celte dernière dans ce sens : € Pierre dit à Jean : Dis-moi qui c'est, > ce il lui dit est en contradiction avec le vrjei, il fait .svV/wr, qui suppose que les deux apôtres étaient trop éloignés l'un de l'autre pour se parler. Puis, comment Pierre pourrait-il supposer que Jean connaît déjà ce secret d« Jésus? Si l'on entend : « Pierre dit k Jean : Demande à Jésus quel est celui dont il parle, » il faut donner au mol dire le
seos peu naturel de demander, et suppléer comme ivginie de ce verbe le pronom aurw, à luiy ce qui est forcé. Le texte alcx. parait résulter d'une glose, tantôt ajoutée (Sinoz/J, tantôt .su/;5/i/tiée (Vatican.) au texte primilif consenédans la plupart des autres documents. — 11 ressort do V. 24 que Pierre n*étail pas assis à côlc de Jésus, puisqu'il aurait pu lui faire lui-même la question.
V. 25-27». € S* étant donc* penché^ sur le sein de Jésus, tdui'ci lui dit: Seûjneur, (/ni est-ce? ^6 Jésus lui répond: Cest celui à qui je donnerai un morceau de pain trempé ^. ft, ayant trempé^ le morceau *, il le donna à Judas Jsca- We, fih de Simon «. 27 » ¥A , après quil eut pris le mor- *ttM, alors ' Satan entra en lui.^ — La leçon rcrue èriTreçtov, 'éianl penché, proprement je/e', indique un mouvement rusque, conforme à la vivacité du sentiment qui l'inspire, a leç^n alex. ôvaiceGcàv parait absurde, puisqu'il ne s'agit as ici de se mettre à table; elle ne devient acceptable D'avec Tadv. otiTco;, et dans le sens de Bâumlein : « Comme était ainsi assis à table » (comp. v. 23 : dans le sein de ésus). Mais il est bien plus probable que c'est une correcon machinale d'après XXI , 20, où œ^éiziGts est parfaitelent à sa place. En tout cas, ce qu'il y a de plus inadmisible, c'est de lire avec Tischendorf (8^ éd.): imrecwv oOrto;.
^ M D L M X A plusieurs Mnn. ltP><'''><i''« Vg. lisent ouv au lieu do Ss loe lit T. R. avec 7 Mjj. Mnn. It-i'i. — B C omettent toute particule.
*BCKLXn 20 Mnn. Or. lisent ava;îEacov au lieu d'fijrtnsawv. — 1^ Mjj. lisent outco; après t;:(- (on ava-) ntaoïv; ce mot est omis dans « T. R. avec m A D H. — K S U F A lisent ouio; au lieu d'mivo;.
' BC L : p«»|>w To ^oi[L, xai otoaw. T. R. avec les autres : g^^j»»? to
* K B G L X Or. : ^^oit ouv. T. R. avec les autres : xat t^t^^oL^. ' B C L M X Or. ajoutent Xajji^vEi xat après «['OH^iov.
* Les alex. (« BC etc.): loxaptwTou; T. R. avec les autres (Arietc):
^^ptOJTïl.
' » D L ltP»<"^«* omettent tot«.
— Dans le cours do repas pascal, le père de famille offrait aux convives des morceaux de pain ou de viande trempés dans un brouet compose de fruits cuits dans du vin, qui représentaient les biens de la terre promise. Jésus se rattache ici à cet usage et répond à Jean sous cette forme qui n'était intelligible que pour lui. Comme signe de communion, c'était encore un appel à la conscience de Judas. Si» en le recevant, son cœur se fût brisé, il pouvait encore obtenir grâce, (^e moment était donc décisif; et c'est ce que Jean fait sentir par ce tot£, alors (v. 27), mot d'une gravité tragique. — La Icron alex. : c // prend et donne le morceau, » ne peut signiGer que : « il le prend du plaif après l'avoir Irempé; ce qui est oiseux. — c Jusqu'alors, dit Uengstenbcrg, Judas avait étouffé en lui, dans l'intérêt de sa passion, la conviction de la divinité de Jésus. Mai»-^ tenant le rayon de la toute-science divine, qui n'avait fait que Teflleurer par les avertissements précédents (v. 10. \%\ le pénètre. Jésus lui dit clairement par ce signe et par II parole (|ui l'accompagne (Maltb. XXVI, 25: t Tu Fasditi): (^est toi qui es celui qui mange mon pain et qui me trahit! Mais il hii lait aussi comprendre qu'il est encore do nombre des si(ms. Il pouvait donc revenir en arrière. Mais il ne voulut point ; et le violent effort qu'il dut faire pour fermer son coMir aux puissances célestes, en ouvrit la porle aux puissances diaboliques. C'est mrme en celles-ci qu'il (lut chercher la force d'accomplir ce dernier acte de résistance. Connue il est dit de David : Il se fortifia en Dieu, ainsi Judas se fortifia en Salan. » — I/habitation deSalan dans une àme a ses degrés, aussi bien que celle du Saint* Ksprit. Luc (XXII, 31 a réuni les phases que dislingue Jean (comp. v. 2). Le moment actuel est celui où la volonté de Judas fut définitivement confisquée par la puissance à '3- (juelle il s'était livré par degrés. Jusqu'alors il avait agi
CHAP. XIIÎ, 36-30. 331
librement et comme par essai. Dès ce moment il lui eût été impossible de reculer. On a prétendu que ce résultat était dû, d*après Jean, à une action magique du morceau de pain, qu'il y avait là un miracle par lequel Jésus avait idéniopiisé Pâme du disciple V » Si Jean avait voulu expriiner une idée pareille, il eût écrit non (;-£Tà to iJ/o)(jliov, après te morceaUy mais plutôt (Aerà toO ij/wfjiiou, aver le morceau. On demande encore : Qui donc a vu Satan entrer en Judas'? lean, peut-être, répondrons-nous. Le combat lormidable (|ui se livra au-dedans de lui, en cet instant, ne put rester inaperçu aux yeux de celui qui observait avec anxiété le Irailre, et quelque cbose d'infernal dans Texpression de ses traits rendit témoignage de la victoire décisive que le diable •enait de remporter dans son cœur. — Keim trouverait une keuse pour Judas dans la conduite de Jésus en ce moment, Hcas que Jean l'eût exactement retracée *. Mais Jésus a pré- Jsément ménagé Judas, en ne le faisant connaître qu'à Jean eul.
V. 27** -30. € Jésus lui dit donc : Ce que tu fais, fais-le fomptement. 28 Mais aucun de ceux qui étaient à table î comprit pourqtwi il lui disait cela. 29 Car quelques-uns msaient que, comme Judas avait la bourse, Jésus voulait ti dire : Achète les choses dont nous aidons besoin pour I fëtey ou quil lui commandait de donner quelque chose uw pauvres. 30 Lui donc, ayant pris le morceau, sortit '> tinslant. Or il était nuit. » — La parole de Jésus à Judas Test point une permission (Grolius); c'est un ordre. On a "eproché à Jésus d'avoir poussé Judas dans l'abîme, en lui jNirlant de la sorte. Mais Jésus n'a plus à le ménager, puis-
* Heene de théol. 3^ série, t. I, p. 255.
* Ibid.
* «t Freilich wenn Jésus ihn so prostituirte, wic bci Johanncs, war ^s einigerinassen entsrhuldigt. » III, p. 262.
SSi TROISIÈMK PARTIK.
qu'il n'y a plus de retour possible pour lui. La soirée était avancée (v. 30), et Jésus avait besoin du peu de temps qui lui restait pour acliever son œuvre auprès des siens. Judas s'imaginait dans son orgueil tenir la personne de son Maître entre ses mains. Jésus lui fait sentir qu'il n'est, ainsi que le nouveau maître auquel il obéit, qu'un instrument. Jeao dit : aucun de ceux qui étaient à table (v. 28). Keim olyecte que si Jésus avait réellement fait connaître le trailre à Jean, c«lui-ci au moins devait pénétrer le sens de celte parole de Jésus. Assurément, et rien ne dit que Jean ne s'excepte pas lui-même, quand il emploie cette expression; -seul, avec Judas, il avait la clef de la situation. Il est difficile de rien conclure de ce passage relativement à I» question du jour de la mort de Christ. On dit d'un côté : Ce ne peut être ici le soir où le peuple célébrait le i*epis pascal. Car comment faire des achats en ce jour sabba* tique? Comment en faire pour la fête, si l'acte esscoliei de la fête, le repas pascal, était déjà accompli? On dH d'autre part : Si ce soir était celui du 13-14, la journée du 14 restait tout entière pour les achats à faire; et la supposition des disciples n'a plus de sens. Ni l'un ni Taulre de ces arguments ne sont décisifs. — On est confondu de riiabilelé avec laquelle Judas doit avoir su déguiser sno ^ caractère et ses plans. Encore en ce moment suprême ses condisciples sont entièrement aveuglés sur son compte. De son côté, Jésus ne pouvait le démasquer sans danger plus ouverlemcint qu'il ne le fait ici : avec l'impétuosité d'un Pierre, que se serait-il passé entre lui et le traître? — Toute cette scène, retracée dans les v. 27-29, fut l'affaire d'un clin d'œil. Les mots : at/ant pris le morceau, v. 30, se rattachent directement par o-iv, donc , au v. 27: et après avoir pris le morceau. C'est entre le participe a/jant pris et le verbe // sortit, que Hengstenberg place
ciiAP. xm, -iT-ao. 33tV
rinslilulion de la sainle Cène. Mais le eùôiw;, à rinsUmt, rattache immédiatcmenl le second de ces actes au premier. — Les derniers mots : il était nuit, concourent à reproduire le tableau complet d'une situation qui avait laissé dans le cœur de Jean d'ineflai^bles souvenirs. La narration joliannique est toute parsemée de pareils traits, qui ne s'expliquent que parla vivacité du souvenir personnel. Comp. I, 40; VI, 59; Vlll, 20; X, 23, etc. L'intention symbolique que Ton a prétendu attribuera ces mots, comme le l'ail encore Luthardt (2<^ éd.) en rapprocbant XI, 10, ne saurait expliquer ce détail dans une narration aussi simple.
 quel moment du repas doit se placer l'institution de la sainte Cène? — Nous admettons, en posant cette question, que ce repas tsX ()ien celui dans lequel Jésus a, d'après les synoptiques, institué cette cérémonie. Benf2;el, Wichelliaus et d'autres ont, il est vrai, essayé de distiiifiiuer deux repas. Le premier, Jean XII!, lorait eu lieu à Béthanie, et XIV, 31 indiquerait le nionuMit où Jésus partit de ce lieu pour se rendre à Jérusalem; le second, celui des synoptiques, aurait eu lieu le lendemain soir, au moment du repas pascal Israélite. Mais l'annonce du reniement <l<^ Pierre dans tous les deux et la relation étroite du récit du lavement des pieds avec le discours Luc XXII, tk-'M) rendent cette bypotlièse inadmissible. — Nous admettons, de plus, que, si l'auteur du quatrième évan.uile ne mentionne pas l'institution de h sainte One, ce n'est point qu'il Tif^nore ou qu'il la nie. Nous disons avec Lticke : Ou l'auteur est Jean, et, la réalité de (vtt«v cérémonie ne pouvant être révoquée en doute d'après 1 Cor. XI, an apôtre ne pouvait ni l'ignorer ni la nier; — ou l'auteur est un pseudo-Jean du second siècle : or à cette époque, la première la^ Corinthiens était universellement connue, et la sainte Cène aniverseilement célébrée dans l'Eglise; de telle sorte que le [Mieudp-Jean, en prétendant ignorer ce fait ou le nier par m\v siienoe, n'aurait réussi qu'à rendre son récit suspect. Cette lacone ne s'explique donc qu'en partant de l'idée que l'auteur a omis ce récit, parce qu'il était suffisamment ooimu dans l'Eglise, et que rien ne l'appelait à le rappeler spécialement dans sa narration.
S'il en est ainsi, où faut-il insérer, dans notre récit, TinstiUtion de la sainte Cène? Selon Kern, après XIV, 31, comme base du discours XV, i et suiv. : * Je suis le vrai cep^etc. » Mais, en ce moment. Jésus se lève et donne l'ordre de partir : est-ce une situation convenable pour une pareille cérémonie? — Selon OIshausen, Luthai^lt, après XIII. 38 (prédiction du reniement de Pierre) et avant ces mots : Qur votre cœur ne se trouble point. C^tte opinion serait admissible, si les synoptiques ne s'accordaient à placer l'annonce du reniement apr(*s l'institution et même (deux d'entre eux) sur le chemin de Getlisémané. — Lûcke, Lan&^e, Maier et d'autres : dans l'intervalle entre v. 33 et3i. entre les mots : « Eneore un peu de temp^. * et la proclamation du annmandernent nouveau. Il est certain qu'entre cette dernière expression et l'idée de la nouvelle allia ace ^ si fortement relevée dans l'institution de la Cène, il y a un rapport (|ui doime quelque vraisemblance à cette manière de voir. Mais ce qui s'y oppose, c'est la relation directe entre la question de Pierre: Seigneur, où vas tu? \y. 36) et la parole de Jésus: T'oM.v ne pouvez venir o?> je vais (v. 33); il est difficile d'iatercaler une cérémonie aussi considérable entre ces deux paroles. — Néander. Ebrard : dans l'intervalle entre v. 32 et Xi. Mais le V. 33 est la continuation directe du v. 32 (comp. \e prompte- 7nent. v. 32. et le : un peu de te^nps, v. 33). En ssénéral, le discours v. 3l-^i5 forme un tout si étroitement lié, qu'il est bien dillicile d y insérer un fait aussi important.
Paulus. Knhnis et d'autres se dnitlent |)our l'intervalle entre V. 'M) et 31, iinnHMliatenient après la sortie de Judas. Les mots: Quand donc il fttt sorti, Jt^sus dit (voir à v. 31). ne sont pas favorabb»s à ct*ttc» opinion. — Nous venons de voir celle de Heni^steidkTf; (v. ^U). avant la sortie de Judas): elle nous parait inoinpatible a\er l'expression : il sortit à V instant. — Stier s'est dtM'iïlé pour l'intervalle entre v. 22 et 23. Mais le signcde Piern». v. 2'i. s<» rattache si directement à la question anxieuse des disciples V. 22! — Haumiein propos*» l'intervalle entre v. 1^ et 21, là où se trouve plac«V la parole assez isolée v. 20. L'idée de recevoir Jésus et Dieu en soi, est œrtainement en rapport étroit avec la sainte Gène: seulement il ne faudrait pas qu'elle fût amenée par l'idée tout à fait étranfjère de reirevoir celui qt*^ Mstis envoie. — Beyschhijz a peut-être proposé ce qu'il y a de
ciiAP. XIII, ;w. 335
ts vraisemblable sur cette voie : Il place le premier acte de istitution (le pain) avant le v. 18 ; Judas y aurait encore pris rt (comp. Luc). Le second acte (la coupe) aurait eu lieu après ï. 30, ainsi passablement plus tard, ap7*ès le souper^ comme eut Luc (v. iO) et Paul (i Cor. XL 25). Judas n'y aurait plus 'ticipé. Il faudrait donc admettre que le repas avait duré jusqu'à moment. L'objection i\ faire est tirée de la relation très-étroite ;re le v. 18 et le v. 17 et du rapport non moins direct du v. 31 V. 30. — Meyer dit seulement : après le v. 30. }uant à nous, le récit de Luc et certains indices dans celui de 10 uous ont porté à placer le lavement des pieds tout à la fin repas. L'institution de la sainte Cène l'aurait donc précédé, serait ainsi jusqu'au v. 1 qu'il faudrait remonter pour trouver noment de cet acte solennel. Peut-être v a-t-il une allusion à gage suprême de l'amour divin dans cette expression : // ïeva de leur témoigner tout son amour. On peut nous KKer la parole de Luc : après avoir soupe, qui fixe l'institu- 1 à la (in du repas, tandis que le \. ii^ de Jean (le morceau iQé à Judas) paraît supposer qu'on manf^eait encore à ce mont. Mais sans doute on était demeuré à table après le souper prement dit (^conip. Luc v. iO et 27). Et ce signe, donné par us, n'implique pas qu'on fût encore en plein repas. Sieflert, is son écrit sur le premier évangile, est à ma connaissance le I auteur qui se soit prononcé en faveur de la solution que nous nrons ici * .
►ur la conduite de Judas, nous ajouterons quel(]ues consiations à celles qui ont été présentées à la fin du ch. VI. Cet nme s'était attaché à Jésus, non pour la satisfaction de ses beis moraux (comme un être donné, enseigné, attiré de Dieu, 39. 44. 45), mais par ambition politique et grossière cupi- . Car Jésus était à ses yeux le Messie: ses miracles le prenant ; et il v avait une carrière brillante à faire en liant sa une à la sieime. Mais lorsqu'il s'aperçut bientôt que la voie 'ie par ce Christ était l'opposé de ce qu'il avait espéré, il ita et s'aigrit davantage de jour en jour. Il se voyait tout à ois déçu du côté de Jésus et gravement compromis, par sa
Ueber den Urspnmg des ersten kanonischen Ermit/cliums ,
d3C TROISIÈMK PARTIE.
qualité de disciple, aux yeux des chefs de la hiérarchie. Sa trahison fut donc FœuTre et du ressentiment et du désir de recouvrer la faveur des [grands de la nation. Dès qu'il reroniiut que ce dernier dessein ne pouvait réussir, le désespoir s'empara i\f lui. Judas est l'exemple d'une foi qui n'a pas pour principe Its besoins moraux.
Il importe d'étudier enfin la relation entre le rMt fie Jeiut et celui des synoptiques au sujet de cette si-ène. II y a entre les narrations deux difTérences principales : 1» Autant le récit synoptique relatif à l'indication du traître est vafiçue et peu clair, autant celui de Jean est lumineux, détaillé, précis. Gomme ledit Reys(*hla,u : « A sa clarté drainati(|ue se dissipent les ohsiniritê»du récit synoptique. > ^^ ('hez les synoptiques, le rapport dr J(*sus à Judas est présenté connue un récit spécial, formant unemasse à part. Chez Jean, le tahleau de cette relation rentre «vp:nni4|uement dans celui de l'ensemble du repas et se préseufcrsous une forme historiquement graduée et nuancée. C'est un élément vivant mêlé à tout le cours de cette dernière soirée et qui eiB^ accompagne l(*s diverses phasi's. Où, demandons-nous sans crainkE^ à tout lioinnif* judicieux, où se trouve Texpos»^ vraiment hist»> — rif|ue ?
DKl'XIKMK SECTION XIII, :n-xvi, ;n.
Lies Discours.
Jésus vient de dire adieu à Judas, un a<li«m éternel ^ Fais ce que lu as i) faire ! Il se tourne maintenant vers k*=^ siens, et Tadieu qu'il leur adresse est un: au revoira (Gess V. Le dépari de Judas a rendu à son cœur toutes; liberté. Son amour s'épanclie dans une série d*entretiefl= et d'enseijrm^ments qui achèvent do révéler à ses disciple == son être le plus inlinio. Attendris, comme ils II' sont, pa' la ( harilé qu'il vient de leur témoigner, humiliés, comr»^
' Voir son l>ol ouvrage. Ifihrfsttniffrn iïbcr AV. Juh. {]. XIII-XMA 2. Aiin , 1873.
CHAP. XllI, 30. 31. 337
ne Font jamais été, par son humilité même, les apôtres, ilgré leur ignorance et leur faiblesse, sont maintenant posés à recueillir et à garder ces dernières paroles. Une série cCenlretiens (comp. les questions de Pierre, 36, de Thomas, XIV, 5, de Philippe, v. 8, et de Jude,
^), ouvrent ces communications sur le ton le plus nilier. Ces entretiens roulent naturellement sur la pro- Biine séparation, que Jésus leur fait envisager comme la édition d'une réunion prochaine, éternelle : XIII, 31- V, 31 . Par le v. 31 du ch. XIV ces entretiens sont expres- Tient séparés des discours suivants. Dès ce moment donc la forme de l'enseignement proprement dit; Jésus se insporte en pensée à l'époque où la réunion promise ra réalisée; et de ce point de vue il jette un regard sur
carrière future des apôtres, au milieu d'un monde entrai à sauver : XV, 1-XVI, 15. Enfin, la forme du dialogue parait, et avec elle la pensée revient h son point de déirt, la séparation imminente; Jésus trouve ici la parole ^oisive qui leur inspirera la force dont ils ont besoin en ■ moment douloureux : XVI, 10-33. Ainsi un père niount, après s'être entouré des siens, commence par leur irler de sa fin; puis leur carrière future s'ouvre A ses gards ; il leur dit ce qu'ils auront à faire ici-bas et ce que
terre sera pour eux. Après quoi, se repliant sur la silua- ^n présente , il puise dans les profondeurs de son cœur éternel un mot suprême qui allège le dernier adieu.
Cette marche est si naturelle que l'on doit dire que, si ^tle situation a existé et si Jésus y a parlé, il a dû parler iisi. Le ion est constamment à la hauteur de la situation : est celui d'une émotion profonde, mais contenue. L'en- ^ainement logique n'est pas rompu un instant. Mais il ne t montre jamais à découvert. La netteté de l'intuition
ae Vol. it
s*unit Si rintimilé du sentiment, et Ton s'abandonne sans peine h cette douce ondulation de la pensée qui caractérise d'une manière unique la parole de Jésus dans ce morceau. Nous ne connaissons dans nos livres sacrés que deux |)a^ sages qui présentent quelque analogie avec celui-ci, et ils doivent leur origine à des situations assez semblables. Ce sont les derniers discours de Moïse , dans le Deutéronome, où le grand législateur prend congé de son peuple, et la seconde partie d'Esaïc, oii le prophète, se transportant en esprit au-delà de la ruine Future d'Israël, déroule le tableau de son relèvement et dépeint l'oeuvre du véritable Israël au milieu du monde. — IHIgenfeld oppose ces discours aux derniers enseignements, de nature eschatologique, que nous ont transmis les synoptiques (Matlli. XXIV; Marc XIII). Chez Jean, Jésus n'aurait attendu que le règne de l'Esprit sur la terre, tandis que chez les synoptiques il s'agit d'un retour visible de Christ ici-bas. Mais la notion du règne de l'Esprit ne manque pas dans les synoptiques (parabole des talents, ou des marcs, dans Matihiou et Luc ; celle des vierges dans Matihiou; puis Mallh. XXVllI, 18-20; Luc XXIV, 48- 49, etc). Et d'autre part Tidée de la consommation extérieure et glorieuse ne manque pas chez Jean , nous l'avons vu. Le triage et le règne spirituel ne font que préparer le jugement et le règne extérieur.