I. — Après la séparation le recofr: XIII, 3I-X1V
A la suite de quelques paroles prononcées par Jésus sous rimpression immédiate du départ qui vient d'avoir lieu (v. 31-3.")), Jésus répond aux interpellations de Pierre (v.36- XIV, 4), de Thomas (v. 5-7), de Philippe (v. 8-21) elde Jude (v. 22-2i); il termine par quelques réflexions que lui inspire la situation présente (v. 25-;:)l).
CHAP. XIU, 31, 32. 339
V. 31 et 32. alors donc^ qu'il fut sortie Jésus dit: aintenant le Fils de V homme a été glorifié^ et Dieu été glorifié en lui: 32 Si Dieu a été glorifié eii lui*, ieu le glorifiera aussi en lui-même^; et il le glorifiera ientôl. » — Ces deux versets sont comme le cri de iomphe qui s'échappe du cœur de Jésus, à la vue du raitre qui s'éloigne dans la nuit. Plusieurs documents elranchent oov, doncj et lient les mots ore s^YjXôev à la roposition précédente: <icll était nuit quand il sortit.]» lais cet appendice serait oiseux et affaiblirait la gravité de elle courte proposition : <r Or il était nuit. * D'ailleurs le erbe suivant Xéyei, // dit, doit être ratlaclié à ce qui prééde. Il faut donc lire oTe ojv et faire porter cette proposiion : Quand donc il fut sorti, sur celle-ci : Jésus dit. Le >v, maintenant j qui commence les paroles suivantes, les iiel naturellement en relation avec le départ de Judas. C'est «qu'indique aussi le passé eSo^à<76», a été glorifié, qui osume toute la vie passée de Jésus jusqu\Ti la scène qui ienl de se terminer. La plupart voient au contraire dans « verbe l'expression anticipée de la gloire future de Jésus, oit dans sa mort (Meyer), soit dans son élévation h la licite de Dieu (Luthardt, Gess). Mais pourquoi dans ce cas ésus, au V. 2, passerait-il tout-à-coup au futur ((^o$aa6i, loripera), en parlant de cette glorification h venir? Jésus «mercie lui-même XVII, 10, de ce qu'il est dès maintenant fon/îe (^eSoÇacfjLai) dans le cœur de ses apôtres. L'acte du ivement des pieds avait achevé de condamner dans le cœur
* T. R. lit o?£ ouv avec N B C D L X plusieurs Mnn. It.Vg. Cop. Or., ^dis que ç reirauche ouv avec les autres Mjj. 90 Mnn. Syr. *KBCDLXn42 Mnn. ltP>«''W"«' omettent les mots si o Oeo; tdoSacrOr^ «w*rw qui se lisent dans T. R. av^c 42 Mjj. (A F etc.) Mnn. U«»'q Vg. ^p. Syr. Or.
' î« B n A lisent sv tj-io» au lieu de ev eautto.
des disciples la fausse gloire humaine ; et, avec Téloigne. ment de Judas, l'esprit du messianisme terrestre avait enfin disparu du cercle apostolique. Jésus y règne donc en maître maintenant, et la vraie gloire, réalisée en sa personne, a définitivement triomphé de la fausse. Voilà aussi pourquoi il se nomme le Fils de l' homme; car c'est par son abaissement mdxne qu'il a obtenu cette gloire. Or une telle gloire ne le constitue point, comme la gloire humaine ordinaire, ravisseur de celle de Dieu. Car elle consiste, au contraire, en ce qu'il a incessamment donné toute gloire h Dieu, comme il vient de le faire ce soir même : c Et Dieu a été glorifié en lui. i» Glorifier Dieu en s'abaissant librement, c'est la tâche de l'humanité; telle a été l'œuvre da Fils de l'homme maintenant, en quelque manière, achevée. Les premiers mois du v. 32 : Si Dieu a été glorifié en Ivi^ sont retranchés par les alex. Cette omission, qu'approuver à tort Luthardt , provient simplement (comme le coniîrmi^ la leçon sv aOrôi an lieu de iv éaurw chez plusieurs d'entrer eux) de la confusion des deux ev «Ctw par les copistes. Le^ exemples d'omissions semblables dans le texte alex. sonL^ Irès-noinhreux, surtout chez K. La proposition : Si Dieu ar été glorifié en lui , non seulement convient parfaitement, mais elle est même nécessaire pour expliquer la transition du passé a été glorifié au tulwv glorifiera, v. 3â. Instrument de la gloire de Dieu sur la terre, Jésus sera glorifié par Dieu dans les cieux. Dieu pourrait-il rester en arrière de ce qu'a fait pour lui le Fils de l'homme? Si celui-ci l'a glorifié, Dieu le glorifiera a/(^5t (xai). Ce xa{, aussi, est placé au commencement de la proposition pour exprimer énergiquemenl cette corrélation entre la conduite de Jésus cl celle de Dieu (comp. XVll, v. A et 5). La corrélation évidente entre les deux régimes: en lui (Jésus), et: en luimême (Dieu), a le même sens. Lorsque Dieu a été glorifié
CHAP. XIll, 31-35. 341
ans un élre, il l'attire sur son sein et Tenveloppe dans sa loire. C'est ainsi qu'à la sainte clarté de son passé s'illuline pour Jésus son avenir. Cet avenir est prochain. La )rlie de Judas vient de lui en révéler l'imminence. Bien- U^ dit Jésus^ faisant allusion à son élévation par la résurection et l'ascension. Le second xa{ est explicatif: tel cela lientôt. > — Après avoir ainsi donné essor à son impresion personnelle, Jésus se tourne vers ses disciples, et fait Teux l'objet de toute sa préoccupation.
V. 33r35. c Mes petits enfants , je ne suis plus que pour m peu de temps ' avec vous ; vous me chercherez , et, omme j'ai dit aux Juifs : Ou je vais , vous ne pouvez ^nir, je vous le dis aussi à vous maintenant. SA Je vous onne un commandement nouveau^ cest que vous vous ai- ^Mez les utis les autres; que^ comme je vous ai aimés, vous ^w aimiez aussi les uns les autres, 35 Cest à cela que ^Us connaîtront qu^ vous êtes mes disciples, si vous avez s t amour les uns pour les autres*. » — Le terme de tenr^csse Texvia, mes petits enfants, ne se retrouve nulle part illeurs dans nos évangiles; c'est le bientôt du v. 32, im- Uquant la séparation prochaine, qui le lui inspire. Les disiples lui apparaissent comme des enfants bientôt orphe- Us. Quel vide en effet dans une vie humaine que celui qui Isulte de la disparition d'un Jésus ! Il ressent lui-même 308 toute sa vivacité ce qu'ils éprouveront : € Vous me ïereherez; vous voudrez me rejoindre. » Et lui-même, iDibien ne désirerait-il pas les emmener immédiatement rec lui dans ce monde divin où il va rentrer? Mais ce quil rait déclaré aux Juifs six mois auparavant (VU, 34 ; VIII, I), s'applique encore aujourd'hui aux disciples: ils ne sont is prêts à le suivre. Seulement il y a cette différence entre
^ M L X It"'»<i ajoutent y^oovov après (xixpov. * K lit (ut' aXXrj^oiv au lieu de sv aXX7]^oi;.
eux et les Juifs, que cette impossibilité n'est pour eut que momentanée; comp, XIV, 3: « Je vous prendrai avec moi, afin que, là ou je sui%, vous y soyez aussi, » En attendant il leur laisse une tâche , et elle est si douce qu'elle sera en même temps leur consolation. Ce devoir nouveau, conforme à la situation nouvelle, est indiqué v. Si.
L'expression irzfikh xaivrî, commandement nouveau, ^ embarrassé les interprètes, parce que dans l'A. T. il était ordonné déjà d'aimer son prochain comme soi-même (Lév. XI4X, 18), et qu'il ne semble pas possible de l'aimer davantage. Ou faudrait-il dire, avec Knapp, dans sa célèbre dissertation sur ce sujet , que Jésus, par son exemple et par sa parole , nous enseigne à aimer le prochain plus que nous-mêmes? Cette pensée serait plus spécieuse que juste. Ou faudrait-il donner à xaiv/j, nouveau^ quelque sens extraordinaire : illustre (Wolfj, toujours nouveau (OIshausen), renouvelé (Calvin) , renouvelant V homme (Augustin), inoltendu (Semler), le der/?/er (Ileumann), etc., etc.? Cela n'est point nécessaire. Le caractère tout nouveau de l'amour chrétien ressort d'abord du mot : les uns les autres: puis plus clairement encore de l'explication qui suit: comme je vous ai aimés. Cet amour ne s'applique point à toute la famille humaine en général, comme on pourrait le dire de la loi de la chanté écrite dans la conscience, ni spécialement aux membres de la nation israélite, comme le commandement du Lévilique ; il embrasse tous les croyants, ni plus ni moins. C'est là un cercle tout nouveau. Mais sur quoi repose son existence? Sur l'apparition d'un centre de vie et d'affection tout nouveau sur la terre. L'amour d'un Juif pour son prochain provenait de ce qu'il voyait en lui un bien-aimé et un adorateur de Jéhovah; chaque israélite devenait ainsi pour lui un second lui-même. De l'amour de Jésus pour les disciples résulte également l'amour qui les
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lie l'un à Taulre. De ce nouveau foyer jaillit la flamme d'une affection essenliellemenl diflïrenle de celle que le monde avait connue jusqu'alors : en Christ , voilà l'explication de ce mot nouveau. C'est une aflection de famille, et la famille naît à celle heure même. — La propos. : comme je vous ai aimés, n'est pas, quoi qu'en pensent Meyer et Lulbardl, une dépendance de la première propos. : que vous vous aimiez les uns les autres; ce qui rendrait la répétition de ces mots à la fin du verset absolument oiseuse. Après avoir dit d'une manière générale : que vous vous aimiez y Jésus reprend cet ordre avec un accent nouveau et en y ajoutant celte fois la détermination caratérisliquc : «Je veux dire: que, comme je vous ai aimés ^ vous vous aimiez aussi. » Comp. XVII, !2I exactement la même construction. KaOwç, comme, indique plus qu'une simple comparaison (wçTrgp); ce nnot désigne une conformité; il caractérise l'amour qui unit les croyants enire eux comme étant de même nature que celui qui unit Jésus au croyant (X, 15), chacun reportant sur son frère l'amour dont Jésus l'aime. A ce devoir si doux, Jésus ajoute le mobile le plus élevé, sa gloire. Il sait bien que, quand on se sent aimé de lui, on ne saurait en avoir de plus pressant. — 'Ept a peut-être plus de force comme datif que comme nominatif pluriel : « des disciples appartenant iimoi, le Maître nouveau. L'histoire de l'Eglise primitive a réalisé cette promesse de Jésus : « Ils s'aiment, même avant de se connaître,» disait des chrétiens Minutius Félix ; et le moqueur Lucien : « Leur Maître leur a fait accroire qu'ils sont tous frères. i>
2o XllI, 36 -XIV, 4.
V. 36-38. € Simon Pierre lui dit: Seigneur, ou vas-tuf Jésus lui^ répondit: Ou je* vais, lu ne peux me suivre
' B C L IipieMiiuc Vg. Cop retranchent auT<o après a:rexpi8r|. • N D U ajoutent lyco devant uîzoL^di.
sa TROISIÈMK PARTIE.
maintenant^ maù plus tard tu me suivras. 37 Pierre lui dit : Seigneur \ pourquoi ne puis-je te suivre tout de swte*? Je donnerai ma vie pour toi. 38 Jésus lui répondit '; Tu donneras ta vie pour moi? En vérité^ en vérité, je te le du; Le coq ne chantera point que tu ne m'aies renié ^ trois fois.i — Ce qui a surtout frappé saint Pierre, dans les paroles précédentes, c'est cette pensée: t Vous ne pouvez venir ou je vais, » Son esprit s'est arrêté à cette parole: Jésus va à la gloire; Pierre n'en doute pas (v. 32). Pourquoi donc, après avoir marché comme lui sur les eaux et avoir gravi avec lui la montagne de la transfiguration , ne pourrait-il le suivre dans sa gloire, pour revenir bientôt avec lui sur la terre, quand il y établira son règne?— Jésus déclare la séparation inévitable, pour le moment. Pense-l-il à la tâche que Pierre doit remplir encore par son ministère apostolique? La parole XIV, 2. 3 fait plutôt penser à des raisons d'une autre nature. En premier lieu, le chemin n'est pas encore frayé; la Rédemption n'est pas opérée ; puis Pierre lui-même n'est pas encore préparé pour le ciel. De son côlé , Pierre se figure que Jésus ne parle ainsi que parce qu'il le croit incapable d'affronter la mort; il se déclare prêt à subir le martyre (v. 37). Jésus le suit sur ce terrain et lui déclare que, même sous ce rapport, il est encore incapable de l'accompagner (v. 38). — La prédiction de son reniement parait avoir produit sur cet apolre une impression très profonde; il en est comme atterré, et dés ce moment il ne roj)rond plus la parole jusqu'à la lifl de ces discours.
XIV, 1 et 2. (L Que votre cœur ne se trouble point. Con-
* K quelques Mon. Vg. Cop. onu'ttent xjp'.s.
* C D L X lisent vjv au lieu de aoTt.
* N A B C L X : anoxpivîTa», «lu lieu de a-îxoiOr, auTo.
* B D L X : apwjjr,, au lieu de anacvr,^,.
GHAP. XIII, a6-XlY, 2. 345
vous en Dieu; confiez-vous au^isi en moi, ^ Ily a plurs demeures dans la maison de mon Père; s'il n'en Ipas ainsi, je vous l'aurais dit*; je vais vous y préparer place. > -^ La coupure des chapitres est ici très-fau- ; car les paroles suivantes sont en relation avec rentreprécédent et particulièrement avec cette parole de is: Tu me suivras plus lard. Jésus étend cette même nesse a tous les disciples, et l'explique en leur inonl de quelle manière il l'accomplira pour eux. Il com- €era par leur préparer la place au ciel (v. %, puis il ^ transportera lui-même (v. 3). On comprend dès lors lortation à une pleine confiance^ que renferme le v. 1, ^é la prochaine séparation. Cet événement, bien loin ster le trouble dans leur cœur, doit, s'ils le compren- . dans son vrai sens, les remplir de la plus douce esince. Les deux xuîTeueTe sont mieux en rapport avec pér. TapaGcécdci), si on les prend tous deux comme imitifs : Ayez foi, que si on envisage le premier ou tous leux comme indicatifs : Vous avez foi. D'ailleurs il seassez oiseux de leur rappeler qu'ils ont de la foi en 1. Pour dissiper leur trouble Jésus les invite à la con- ^ : en Dieu, d'abord, qui leur a fait la promesse d'un ieux avenir, puis en lui, Jésus, qui saura la réaliser. ; le premier membre, le verbe croyez est placé avant le me (en Dieu); dans le second, le régime en moi précède rbe, pour faire ressortir l'antithèse des régimes en Dieu i moi. Le premier motif de confiance est indiqué au : la demeure céleste où Jésus se rend leur est aussi inée. L'image est tirée de ces vastes palais orientaux où a un appartement, non seulement pour le souverain )ur l'héritier du trône, mais pour tous les fils du roi,
tABCDKLXn iO Mnn. It'i'q Vg^. Syr. Cop. intercaleot oti u{Atv Ci ropsuojiat (je tous aurais dit que je vais.,,)
si nombreux qu'ils soient. Le terme ro>.>.a{, plusieurs.nf: se rapporte nullement à une diversité entre ces demeurer (comme si Jésus voulait faire allusion aux divers degrés de félicite céleste), mais uniquement à leur /*ow6re: cil yen a autant que de croyants; nul ne manquera de place dans ce vaste édifice. — Cette demeure céleste est avant tout nn état spirituel: la position sublime, filiale, accordée à Christ dans la gloire divine, et à laquelle il associera les fidèles. Mais cet état se réalisera dans un lieu déterminé, celui où Dieu manifeste avec le plus d'éclat sa présence et sa gloire, le ciel. Lange pense qu'en prononçant ces paroles, Jésus montrait à ses disciples le ciel étoile; mais XIV, 31 prouve qu'ils étaient encore dans la salle.
Les paroles suivantes ont été très-diversement interprétées ; elles seraient faciles à comprendre, si Ton admeltail la leron qui met un oti, que, après î^j/av : c Si cela n'était pas, je vous aurais dit que je m'en vais vous préparer la place, » ou, ce qui revient au même, si, tout en rejelanl oTi , on traduisait : d .... Je vous aurais dit: Je niVn vais.... )> Mais ce sens nous ])araîl incompatible avec le v.3. 011 Jés\is dit qu'il va récllemonl, et cela pour préparer. Tous les elforls des Pères qui, en général, donnent celle cette explication, n'ont pas réussi à faire disparaître celle contradiction. On a essayé de prendre les mots eIttov h'^p dans un sens interrogatif. .\insi, Ernesti, Lange, Ewald: « Vous (lirais'jr » ou « ri}us aurais-je dit que je vais vous préparer la place? » Mais Jésus ferait par l«i allusion aune parole qu'il doit avoir prononcée précédemment ou prononcée en ce moment même ; or nous ne lisons rien de semblable ni dans ce discours, ni dans l'évangile. Quelques interprèles, tout en rejetant le on, prennent aussi la proposition dans le sens interrogatif: « wSi cela n'était pas, vous le diraiS'jef » Il y aurait, dans cette forme, quelque
CIIAP. XIV, 2. 3. 347
hose de naïf, qui serait en rapport avec cette invitation i affectueuse : Confiez-vous en 7noi. Mais ce sens : « Vous
* dirais-jef h exigerait l'imparfait eXeyov av. Quant au sens : Vqus VauraiS'je dit ? » il ne serait pas possible non plus
ar la raison qui vient d'être indiquée. Il faut donc en svenir à l'interprétation la plus simple : <l Si cela n'était as, je vous l'aurais dit. » C'esl-à-dire : « Si notre séparaion devait être éternelle, je vous en aurais prévenu : je 'aurais pas attendu à ce moment suprême pour vous le éclarer. »
Il ne suffit pas que la maison du Père soit vasle. Il faut |ue l'accès leur en soit ouvert et qu'une demeure leur y soit ssurée. C'est dans ce but que Jésus les y précède; comp. lébr. VI, :20, Christ comme rpo^poaoç (^precMr.<f(»wr^. C'est oas cette image que Jésus leur fait envisager sa morl, l'abord, qui leur ouvrira par la réconciliation l'entrée du iel, puis son élévation à l'état divin auquel il les associera ar la Pentecôte. Meyer, lisant avec les alex. on, que, deant ropcuojjiat, interprète cette conjonction dans le sens e car; et ce car^ il le fait porter, non sur ce qui précède nmédiatement, mais sur la proposition : Il y a plusieurs ^meures. Mais ce rapport est très-forcé; la proposition : icela ne V était pas, je vous l* aurais dit, n'est certaineent pas une simple parenthèse ; elle est en relation trop roite avec l'idée principale : Et croyez aussi en moi.
V. 3. € Et quand je serai allé et que^ je vous aurai ^éparé* une place , je reviendrai et je vou^ prendrai à 01, afin que là ou je suis, vous y soyez aussi. » — Mais )mment parvenir à cette demeure dont il leur aura préiré l'entrée? Jésus se charge aussi de ce soin. Le retranlement de xai, et, devant £Toij;.a<Tfe) {€ et que j'aurai pré-
A Kai est omis par A E G K F A ot 40 Mnn.
* D M 60 Mnn. Syr. : EToi^iagai au lieu de xat cTotfiaah).
SàS TROISIÈME PARTIE.
pavé »), dans quelques documcnls, ne change pas sensibleint'iil le sens: c Quand je serai allé... je préparerai.) Néanmoins il faul maintenir ce et, par lequel est évitée la tautolop:ie entre cette phrase et la précédente. La leçoD £Toi(i.aGai, pour préparer, est une correction qui devenait presque indispensable, une fois ce et retranché. — Auideoi verbes je serai allé et f aurai préparé y correspondent les deux verbes de la principale : je reviens et je prendrait moi. Le présent, ye reviens, indique rimminence. Plusieurs rapportent cette promesse h la venue finale et glorieuse du Seigneur (les Pères, Calvin, Lampe, Meyer, Hormano, Lutbardt). Mais il s'agit dans ce contexte d'une promesse faite, non à TEglise en général, mais aux disciples personnellement pour les consoler de leur douleur actuelle; et Jésus leur parlerait d'un événement encore futur à l'heore où nous en parlons nous-mêmes aujourd'hui! On oublie complètement que Jésus n'a jamais affirmé la proximité de sa Parousie; il a plutôt annoncé le contraire. Corop.: « Comme t époux tardait ii venir "k (Matth. XXV, 5) iSi le maître vient à la seconde veille ou s*il vient à la tidsième j> (Luc XII, 38) ; et la parabole du levain. D'un autre côté, il n'est pas possible d'appliquer ce terme venir i^ résurrection de Jésus (Ebrard); car comment expliquer dans ce cas la relation étroite entre ces deux idées : je reviens et je vous prendrai ii moi. Grotius, Reuss, Lange, Hengstenberjr, rapportent le mot venir au retour de Jésus à la mort de chaque fidèle ; comp. la vision d'Etienne. iMais ce même terme epyojxai, je viens, pourrait-il être employé deux fois dans des sens tout diflerents dans le même discours? Or, au v. 18, il s'applique, de l'aveu même des interprètes cités, au retour de Jésus par le Saint-Esprit. Il en est donc de même ici. Il y a différents plans dans celte parole de Jésus. Le premier est sa venue en Esprit: je reviens (v. :i cl 18); le second est l'effet immédiat de
CHAP. XIV, 3. i. :ii9
:e retour : je vous prendrai à moi. 11 s'agit de l'union ilroile et indissoluble contractée dès le moment du don le TEsprit entre le fidèle et la personne de Jésus glorifié irpoç èpiauTov). Enfin le troisième est le résultat final, mt de cette union croissante qui comprend toute la vie du idéle : ce sera l'entrée dans la demeure ainsi préparée, la. larticipation du croyant sanctifié à l'étal divin de Jésus:
Afin que, là ou je suis, vous y soj/ez aussi. » XVII, 24. 7est ici que sont renfermées la mort du fidèle, comme^ lommencement, et la Parousic, comme accomplissement de '^tte participation. La communion de lieu {€ là ou ») im- )lique celle d'état moral. Autrement le jetour de Jésus en îsprit ne serait pas la condition nécessaire de celte réulion future. — Avec quelle simplicité louchante et quelle Iramatique vivacité ne sont pas exprimées ici ces idées si profondes et si neuves de la gloire céleste du croyant et de l'union spirituelle avec Jésus ici-bas, qui en est l'indispon- Mible condition ! La maison de mon Père, la préparation lo logis, le retour, le : je vous prendrai à moi, » ce Inn- Pge familier et presque enfantin ressemble à une douce nusique par laquelle Jésus cherche à calmer chez eux Pan^ lOissc de la séparation. Ainsi se termine le premier entre- '«n, provoqué par la question de Pierre : Pourquoi ne puisî pas le suivre? « Son martyre même n'y suffirait pas; il \ui la vie du Saint-Esprit dans leurs cœurs. »
Mais Jésus remarque qu'il s'élève encore bien des quesons dans leur esprit, et qu'ils sont en proie à bien des )utcs; et, pour les poussera l'interroger, il jette à leur norance une sorte de défi, en leur disant :
V. 4. € Et vous savez ou je vais, et vous connaissez le iemtn\ » — Le chemin, d'après le v. 8, c'était la corn-
1 Au lieu des mois otdaTs xai vr^v oSov otdaie. M B C L Q X lisent.
munion avec lui, cl d'après le v. 6 c'est sa propre personne vivant en eux. Ce chemin, les apôtres le connaissaient en ce sens qu'ils connaissaient Jésus ; n'était-il pas en réalité ce qu'ils connaissaient le mieux au monde? C'est ce que Jésus veut dire quand il leur déclare qu'ils connaissent déjà le chemin. Mais, d'autre part, ils ne connaissaient pas encore Jésus en tant que chemin. C'est pourquoi Thomas peut dire avec non moins de vérité : uovs ne conncùssom pas. La variante alcx. attribue aux disciples la connaissance <lu chemin seulement, et non celle du but : c et làouje vais, t'ous en savez le chemin. » Mais d'ahord cette construclioo est dure; puis \\ Mjj., la plupart desMnn. et les deux plus anciennes Vss. (11. et Syr.) témoignent en faveur de la leçon reyuc ; la confusion des deux oï^are est probablement ce qui, comme dans tant d'aulres cas analogues, a causé l'omission. D'après le T. II. rendu dans notre traduction, Jésus attribue aux disciples, outre la connaissance do chemin, celle du but. Ce but était, d'après le v. 2, k maison du Père, ou, comme Jésus l'avait dit aussi, le Père (comp. XUI, :]'i cl 33). Les disciples devaient donc le connaître. Mais leur imafiination, préoccupée d'un autre but, le règne terrestre du .Messie, n'avait pas encore appris à transporter son espérance du monde en Dieu, de la terre au ciel; ils pensaient comme les Juifs (Xll,3.4): c:Yoi« arons appris que le Christ demeure ioujours (sur la terre, glorifiée par lui) ; comment donc dis-tu : Il faut que le Fils (/e l'homme soit élevé? ^ Comp. Acl. I, G. Et ce faux but leur voilait le vrai, qu'ils connaissaient pourtant en un certain sens. Ces deux vous savezy qui expiiuiaienl une vérité relative , les incitent à rechercher sur ces deux points la pleine clarté qui leur manque encore.