‹ Commentaire sur l'Évangile de saint Jean (volume 2)Chapitre 45 sur 66 · Vol · texte numérisé non relu

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Mïi TROISIÈME PARTIE.

voile le vrai sens. Le témoignage apostolique et le témoignage de l'Esprit forment donc un seul acte, mais ils y apportent chacun un élément différent, Tun la narration historique, l'autre l'évidence interne et la forc« triomphante. Cette relation se reproduit aujourd'hui encore dans chaque prédication vivante tirée des Ecritures. Pierre distingue également ces deux témoignages Act. V, 32: m Et nous lui sommes témoins de ces choses, aussi bien que le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent, i On coniprend, après cela, pourquoi, lorsque les apôtres voulurent remplacer Judas, ils choisirent deux hommesqui avaient accompagné Jésus depuis le baptême de Jean jusqu'à la résurrection (Act. 1, 21. 22). — I^ xai OpLeîç ii signifie donc : c Et vous aussi, vous aurez votre rôle dans ce témoignage. > Par le présent [jiapT^peiTe, Jésus se transporte au moment où l'Esprit parlera.

XVI, 1-4. € Je vous ai dit ces choses, afin que vous ne vous laissiez point scandaliser, 2 fis vous chasseront de leurs st/nagogues : même C heure vient que quiconque vous tuera, croira rendre un culte à Dieu, 3 Et ils vous * feront ces choses, parce quils n'ont connu ni le Père ni moi. 4 Mais je vous les ai prédites, afin que, quand le moment sera venu, vous vous souveniez* bien que je vous lésai dites. Je ne vous les ai pas dites dès le commencement y parce que j étais avec vous. » — Après avoir ainsi encouragé ses apôtres, Jésus en vient à ce qu'il a de plus grave à leur dire sur le sujet qui l'occupe, f.e tableau précédent faisait surtout ressortir la culpabilité des persécuteurs; les

* T. R. lit ufjLtv après ;:oir,aouaiv a\ec N I) L plusieurs Mnn. Ui»«"»i" Cop. ; M Mjj. Mnn. Il'»''i Syr. le retranchent.

* AB n Syr. lisent «utov deux fois, a|)rès «opa (Theuvi^ de ces chosisj et a|>rès jxwijjLov£jr,Tî. L. Mnn. It. Vjr. le lisent a|)r«»s t^izx et rometl^nt a|)rt*s ;xvr,jjLoviur,T£. D l'omet les deux fois.

CHAP. XV, 27- XVI, 4. iOS

paroles suivantes décrivent plutôt les souffrances des persécutés. Les apôtres, ayant toujours vécu dans Tattente de la conversion nationale d'Israël, pouvaient être ébranlés dans leur foi à la vue de Timpénilence de ce peuple et de sa haine croissante contre TEglise. — Wki, comme souvent, ternie de gradation (2 Cor. VII, 11) : t Mais il faut vous attendre à plus. > "Iva désigne le contenu de Theure, comme voulu de Dieu. Le zèle fanatique de Paul, lors du martyre d'Etienne, est un exemple frappant de Tétat spirituel décrit au V. 2. Comp. Act. XXVI, 9. L'idée d'ignorance, au v. 3, est amenée par le terme ^oÇr., croira. N'est-ce pas réellement le comble de l'aveuglement que de s'imaginer servir Dieu par l'acte même qui est l'expression de la haine la plus ardente contre lui? Le v. 4 revient h la pensée du V. 1. Quelque terribles que soient leurs souffrances, les apôtres, en se rappelant les prédictions du Seigneur, y trouveront un motif de foi, et non plus de doute; comp. XIII, 19. Jusqu'ici Jésus, en ne leur ouvrant point cette sombre perspective, avait voulu les épargner. Tant qu'il était là, c'était sur lui que tombaient les coups. Mais maintenant qu'il les quitte, il ne peut leur cacher plus longtemps l'avenir qui les attend. — Il nous parait impossible de concilier cette parole : € Je ne vous ai pas dit ces choses dès le commencement, > avec la place qu'occupe dans le discours Hatth. X Tannonce positive des persécutions dont l'Eglise «era l'objet. On ne peut dire, avec Chrysostome et Euthymius, que les souffrances annoncées ici sont beaucoup plus terribles (comp. Matth. X, 17. 21. 28) ; ni, avec Bengel, Tholuck, que la description actuelle est plus détaillée: ni non plus, avec Hofmann et Luthardt, que Jésus fait de cette annonce des persécutions l'objet plus exclusif de l'entretien en ce moment d'adieu. Toutes ces distinctions nous paraissent subtiles. Il vaut mieux reconnaître que Matthieu réunit

dans le grand discours du cli. X toutes les instructions données en diflërents temps aux Douze sur ce sujet, comme cl). V-VII toute la nouvelle loi chrétienne, comme ch. XXIV et XXV toutes les prophéties eschatologiques, et cela parce que, dans la coniposition des Loyia^ il tenait compte du sujet et non du coté chronologique. Ce caractère s'explique dés qu'on comprend le mode de composition du premier évangile (voir mes Etudes niblù/uesy If, p. 18. 19, :3^éd.-.

3« XYI, 5-15.

Jésus décrit maintenant la victoire que les disciples remporteront sur le monde soulevé contre eux. Il indique d*abord la puissance qui remportera par eux cette victoire. V. 5-7; il décrit ensuite la victnire elle-même, v. 8-11; enfin, il parle aux disciples de l'opération intérieure par laquelle le Saint-Esprit les préparera à devenir ses organes dans cette lutte avec le monde, v. 13-15.

V. 5-7. f Or maintenant je ni en vais auprès decHniijui ma envof/é: et awan d'entre vous ne tne demandti: On ra.'htn f (> Mais^ parce (pu* je vous ai dit c^'s choses, la tristesse a rempli votre cœur. 7 Mais je vous dis la vérité: '' vous est utile (pu* je ni en aille ; rar, si je » ne /n'en vais.k soutien ne viendra pas ii vous: mais, ipiand je m en serai allé, je vous l'enverrai. » — Les v. 5 et 6 font la transition naturelle do Tidée de la séparation, v. i, âla promesse du Paraclcl, v. 7: le départ de Jésus est la condition de rimvoi du Sainl-Ksprit. De Wette et Lûckc ont inutilement proposé de placer le v. (> entre les deux propositions du V. 5. La liaison est claire : de la grande iulte, Jésus passe à la grande promesse. Aflligé de voir ses disciples uniquement préoccupés de la séparation qui s'approche, et nullement du hut glorieux au<]uel ce départ doit

* T. K. avtn: n B 1) L Y It-»'"! oinel sy'" 4*" >*' trouve dans 10 Mjj-

CIIAP. XVI, 4-7. 405

i conduire et eux avec lui, il leur rappelle que, s'il s*en a, c'est à celui qui l'a envoyé ; et, pour les sortir du morne batlement où il les voit plongés, il les invite à lui demaner les explications qu'il désire lui-même leur donner ennre sur la gloire où il va entrer et l'activité nouvelle qu*il

exercera. Le reproche amical : Aucun de vous ne me delande: Oh vm-tu? n'est pas en contradiction avec les uestions de Pierre (XIII, 36) et de Thomas (XIV, 5), qui taient déjà bien éloignées et qui d'ailleurs portaient l'une ur la possibilité de suivre Jésus, l'autre sur l'incompréensibilité du chemin. (k)mme le dit Hengstenberg, Jésus urait aimé à trouver en ce moment chez eux le joyeux élan e cœurs qui s'ouvrent aux perspectives' d'une époque nouelle et qui ne tarissent pas en confiantes questions sur ce u'ellc leur promet.

Les mots : Parce que je vous ai dit ces choses (v. 6), ignifient, après le v. 5: t Parce que je vous ai parlé de ^paration, de lutte et de souffrances. » Au v. 7, Jésus en ppelle à la conviction qu'ils ont de sa véracité, comme IV, 3. Puis il leur annonce une partie de ces choses régissantes qu'ils ne lui demandaient point avec assez d'emrcssement. Son départ est la condition de sa réintégration ms l'état divin, et celle-ci le mettra en position de leur ivoyer le Saint-Esprit. C'est la même idée que VU, 39 : L'Esprit n'était pas encore, parce que Jésus n'avait pas \core été glorifié. > Pour que Jésus envoie l'Esprit, il faut l'îl le possède comme sa vie propre et personnelle, et !la en tant qu'homme ; car c'est aux hommes qu*i1 doit le immoniquer. Gela suppose la glorification complète de •n humanité. — Il est étonnant que, dans ce passage, il i soit fait nulle mention du sacrifice de la croix, qui seme être la condition première du don de l'Esprit. Assuréenty si c'était l'évangéliste qui faisait parler Jésus, cette

lacune n'existerait pas (comp. les déclarations de la pre-v mière épitre de Jean H, 1.2; V, 6. 8). Mais elle s'explique par la déclaration du v. 1â: «J'ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les porter, i V. 8-11 . « El quand il sera vetiUy il convaincra le monde de péché, de justice et de jugemetit ; 9de péchéy en ce quils ne croient pas ' en moi; iO de justice^ en ce que je m'en vais à mon Père*, et que vous ne me verrez plus; ii de jugement, en ce que le prince de ce monde est jugé, > — Voici la description de la victoire morale que, par l'organe des disciples, le Saint-Esprit remportera sur le monde. Le discours de saint Pierre à la Pentecôte et ses effets sont le meilleur commentaire de cette promesse. Le terme e^- */eiv signifie convaincre de tort ou d'erreur, ici à la fois de l'un et de l'autre. — Le monde, en qui se produira cette conviction, n'est point, comme le pensent les Pères, de Wette, Brûckner, l'humanité définitivement perdue, à laquelle le Saint-Esprit démontrera la justice de sa condamnation. Le V. 11 prouve que le prince du monde est seul offectivement jugé. Si le irîonde est l'objet de la réprélien- . sion du Saint-Esprit, c'est qu'il est encore susceptible de salut. L'effet de la prédication des apôtres, dans les Actes, montre que cette réprélicnsion peut conduire le moDde soit à la conversion, soit à l'endurcissement; comp. 2 Cor. II, 15. 10. Les apôtres, instruments de cette action de TEsprit, ne sont point nommés. Leur personne dispai'ait dans la gloire de Tètre divin qui opère par leur moyen. L'absence d'article devant les substantifs pAr/ïe, justice, jugement, laisse à ces trois notions le sens le plus indéterminé. Jésus en précise l'application par les trois ôti, en ce que, qui suivent.

' yuoI(}ut's Mnn. |ip"''^«4"<' Vg. lisent ojx EniriE^^sav.

* ^e B D L plusieurs Mnn. Up'^*"''!'"^^ Vj;. Cop. omettent jjlo-j après raTss».

CIIAP. XVI, 7-H. 407

A ronlînaire, quand on parlait de péché, en Israël, créait aux honteux égarements du vice ou aux grossières inractions lévîtiques que Ton pensait. Le Saint-Esprit rêvéera au monde un autre péché auquel il ne pense pas: celui le ne pas croire en Jésus. C'est là ce qu'il fait par la houche le Pierre le jour de la Pentecôte (Âct. II, ^± 23. 36; III, 4. 15) ; et les Juifs sincères reconnaissent immédiatement El vérité de ce reproche (AcL II, 37). — Cet office est pernanent. Jésus est le bien ; le repousser , c'est préférer le nal au hien et vouloir y persévérer. Voilà ce que le Saintilsprit ne cesse de faire sentir au monde incrédule par ses »rganes. — 'Aftapria; on, non: convaincra le monde du }éché qui consiste d^us l'incrédulité; mais: de péché y en général, et cela en raison de son incrédulité.

Si le monde, le monde juif en particulier, est dans le aux quant à l'idée qu'il se fait du péché, il ne Test pas noins quant à la manière dont il comprend la justice, S(m déal de justice est un pharisien irréprochable, honoré de )ieu et des hommes. Le Saint-Esprit vient montrer que ;et homme-là, en tant qu'incrédule, peut être un type de )éché (v. 9). Il enseigne d'autre part au inonde ce qu'est "éellement la justice, en lui en faisant discerner le type louveau, seul véritable, dans la personne de ce malfaiteur condamné par la justice du siècle, mais que Dieu élève à sa Iroite, et qui, du ciel où il a disparu, agit avec une souveraine puissance. Le Saint-Esprit remplit ici en quelque (ortc la fonction de cour d'appel. Le Vendredi-Saint avait ittribué le péché à Jésus, la justice à ses juges; la Pentecôte renverse cette sentence. C'est au condamné qu'apparenait la justice; c'étaient les juges qui étaient les malfaieurs. Ce sens nous parait résulter du contraste entre les ermes de péché et de justice et de ce fait que, comme, au f. 9, les Juifs, sujet de la proposition explicative, sont en

408 troisième: partjk.

même temps le personnage «luquel apparticnl le péché, de mt^me, au v. 10, Jésus, sujet principal de la proposition explicative, doit être aussi le personnage auquel appartient la justice. Cette justice ne saurait donc être selon le sens d'Augustin, Calvin, Luther, etc., celle que le croyant trouve en Christ, ou, comme le |>ense Lange, celle de Uieii, qui prive les Juifs, pour punition de leur incrédulité, de la présence visible du Messie et de son règne terrestre (t vous ne me verrez plus »). — Jésus dit : en ce que je m'en vais () mon Père. L'ascension est en effet, comme principe de la Pentecôte, la démonstration de tait de la justice de Clirist. Jésus ajoute : Vous ne m * verrez plus. Son dépari prend par la disparition de son corps le caractère glorieux d'une élévation céleste. Si le cadavre fût resté là, rignoniinie eût continué à peser sur le prétendu malfaiteur. L'opprobre du supplice a été lavé par la glorification du cor[>s. C'est ridée que Pierre développe Act II, 24-3t>, réunissant dans une intuition uni(|ue la résurrection et l'ascension (v. âl Si\), comme léinoignago divin de l'innocence de Jésus.

Il semblerait que, quand, à la suite du contraste entre justice et péché, il est parlé de yM.r/e/ne/i/, ce jugement doive (Hre celui qui, émanant de la justice, frappe le péché dont il vient d'être parlé, il n'en est rien cependant. Le jujremenl dont le Saint-Kspril donne au monde la démonstration n'est pas celui du monde pécheur, mais celui de son prince. (>ar le monde peut encore être sauvé, s'il accepte les réprêhensions de l'Kspril, tandis que le prince de ce mon<le a désormais comblé la mesure de son péché Jusqu'au Vendredi-Saint, Satan n'avait déployé sa haine homicide que sur des coupables. En ce jour-là, il a attenté à la vie du juste parfait. Kn vain Jésus avait dit: // n'a n'en en moi, Satan a épuisé sur lui sa rage homicide (VIH, Ai et 40). O meurtre sans excuse provoque contre lui une

CIIAP. XVf, 10-13. 409

nce immédiate et irrévocable. Dès ce moment^ il est itîvemcnl /Mj7f^ (parfait xixpiToi), et son ancien doe reste là ouvert à la prédication du salut. Cette invi* révolution, dont la croix est le principe, et dont les s'étendent à tout l'univers, est révélée sur la terre par lue et le langage puissant de l'Esprir, et chaque pé- • arraché à Satiin et régénéré par l'Esprit est le monude la condanmation désormais prononcée sur celui 'appelait jadis le prince de ce monde, passage ne dilTère de Xli,3l. 3^ que quant à la forme; *ois acteurs menticmnés, le monde, SîUan et Jésus, es mêmes, aussi bien que les rôles qui leur sont nltri- Notre passage ajoute seulement cette idée : que c'est nt-Esprit qui dévoilera aux hommes la grandeur du e invisible consommé sur la croix. Désormais donc les estent dans le péché de l'incrédulité et participent au ^enl du prince de ce monde. I>es autres se rangent té de la justice de Christ et sont soustraits au jugement incé sur &ilan. — Mais si cette victoire de l'Esprit doit emportée par les apôtres, il faut qu'auparavant l'œu- 5 l'Esprit ait été coTisommée en eu.T. C'est pourquoi passe de l'action de l'Esprit sur le monde par les s h son aciion dans les fidèles (v. 12-15). 12 et 13. € J'ai encore beaucmip de choses à vous mais vous n'avez pas maintenant • la force de les ^ 13 Quand il sera venu, lui, V Esprit de irrité, il conduira dans toute la vérité^ ; car il ne parlera pas r propre chef: mais il vous dira tout ce qu'il » aura tu •, et il vous annoncera les choses à venir, » —

>inet apTt.

R. avec 41 Mjj. Mnn. : £•.; naaav tt^v aXr.Osiav. A B Y Or. : e:; t.

wv. DL ItP**'*«l"«: fv TTj aÀr,OE(a ra-jr,. N: 8v -n; a)»r,08ta.

est omis par K B D L 4 Mnn.

R. avec 10 Mjj. : axouar,. B D E H Y Or. : axo-^isi. ^e L : axouî».

Jésus commence par faire une place à renseignemeDl de l'Esprit à côté du sien. En cel instant môme il venait de dire tant de choses à ses disciples qu'ils ne pouvaient comprendre qu'à demi ! Sans doute, au point de vue de la coniiance» il ne leur avait rien caché (XV, 15); m«ais, eu ^rd à leur incapacité spirituelle, il avait gardé pour lui bien des révélations, réservées à l'enseignement de l'Esprit. Ces révélalions supérieures comprennent tout ce qui, dans les écrits apostoliques, dépasse la parole de Christ dans les évangiles : la rédemption par son sacrifice, le rapport de la grdce h la loi, la conversion des païens sans condition légale, la conversion des Juifs, l'apostasie finale, les destinées de l'Eglise jusqu'à sa consommation. A tous ces égards l'enseignement de Jésus n'avait fait que semer des germes que l'Esprit est venu féconder.

LTiSprit est présenté au v. 1â, par le terme u^rrftl^j motttrer le chemin, sous l'image d'un guide qui introduit oo voyageur dans une contrée inconnue. Cette contrée, c'est la vérité. J«'îsus ne parle évidemment ici que de la vérité essentielle, celle du salut. Ce domaine de la nouvelle création, qu'il n'a pu leur montrer que de loin et par le nioyeD de figures et do similitudes, l'Espril le leur dévoilera d'une manière iiniiiédiate et parfaitement vraie. Cette vérité, d'après XIV, (), c/est Jésus lui-même, sa personne, sa parole, son (inivre. — La leçon va convient mieux au verbe ôirji- <7fii que h.

L'infaillibilité de ce guide provient de la même cause que celle de Jésus lui-niéine (VII, 17. 18): Tabsencede toute productivité propre et par conséquent maladive. Toutes ses révélations seront puisées dans le trésor de lobjeclivilé divine ; son enseignement ne sera ainsi qu'une initiation à l'essence divine des choses. Satan est menteur prèciséiTicnl parce qu'il parle d'après une tout autre nié-

thode, lîranl ce qu'il dit de son propre fonds (VIII, 44). Le terme oca âv, toutes les choses (juej fait penser à une série d'actes momentanés. Chaque fois que l'apôtre aura besoin de sagesse, l'Esprit lui communiquera ce qui sera à propos. On peut sous-entendre, comme régime de entendra : du Père ou de moi. Le v. 15 prouve qu'il faut réunir ces deux idées; et c'est même là ce qui explique le plus naturellement l'expression entendra : il assiste aux communications intimes entre le Père et le Fils glorifié ; il participe à cette révélation t/ue Dieu donne à Jésus-Christ (Apoc. 1, i) pour la transmettre à ses serviteurs, et, ainsi initié au plan divin, il eo instruit, lorsque le besoin l'exige, les disciples. 11 s'agit ici évidemment de l'enseignement de choses non encore entendues sur la terre (v. 12), d'une révélation primordiale. C'est là le caractère qui distingue l'inspiration apostolique de celle des simples croyants. Celle-ci n'est qu'une reproduction des lumières dues à celle-là et n'est, par conséquent, renfermée qu'indirectement dans cette promesse. Elle s'opère par le moyen de la Parole dans laquelle les apôtres ont déposé les richesses de la révélai ion originale, qui a été leur prérogative. De l'expression toute la vérité il ressort que, pendant l'économie présente, aucune nouvelle parole de Christ ne retentira sur la terre. — A cet enseignement de l'Esprit appartient aussi, comme élément particulièrement important, la révélation des destinées de l'Eglise, des choses à venir, — Kat, et même. Comme Jésus n'est pas seulement le Christ venu^ mais aussi le Christ venant (6 epyofxcvo;, Apoc 1, 4), ces choses à venir (epjrofuva) sont encore contenues dans sa personne. La paille XIV, 26 renfermait la formule de l'inspiration de nos évangiles; le v. iâ donne celle de l'inspiration des épîtres et de TApocalypse.

T. 14 et 15. M II me glorifiera, parce quil prendra de

ce qui es* à moi, et qu'il vous l'annoncera, 15 Tout ce que h Père a, est à moi; c'est jwurqtwi j'ai dit qu'il prend* de ce qui est à moi et qu'il vous l'annoncera. 9 — i/rtfywdeton entre v. 13 cl iA prouve que Jésus ne fait que reproduire, sous une forme nouvelle et plus énergique, dans le V. 14, i;i pensée des v. lia et 13. L'œuvre de TEspril ne sera, en définitive, que la ^lorincntion de Jésus dans le cœur des apolrcs. Après que le F^ére aura élevé personnellement Christ dans la gloire, le Saint-Flsprit fera rayonner d*en-liaut sa céleste image dans le cœur des disciples et, par eux, dans celui de tous les croyants. Il y a ici un mystérieux échange et comme une rivalité de divine humilité. Le Fils ne travaille qu*à glorifier le Père, et l'Esprit ne veut que glorifier le Fils. — Il résulte de la relation étroile entre le v. 1-iet ce qui précède, que la révélation de b vérité (v. 13) nest autre chose que la glorification de Jésus dans les cœurs. (Ihrist, sa parole et son œuvre, voilà le lexle unique que THlsprit commentera dans l'i^me des disciples. Par là il fera, d'un morne acle, croîlre les disciples dans la vérilé, et grandir Jésus en eux. Pour rinlelligence (le ce mot (/lorifier, comp. rexpérience admirahlemenldénilc par saint Paul ^ Cor. 111, 17. 18.

Kn appelant lo fonds auquel puisera TEsprit: ce qui at à vwi, Jésus a prononcé un paradoxe; il en donne Texplicalion, v. IT): « Kn eflbt, ajoute-t-il, tout ce que le Vèrea, est (I moi. » Celle parole étonnante révèle comme aucune aulre la conscience qu'il avait de la grandeur de sa personne et de celle de son Evangile. Le fait chrétien est, dans la conviction do Jésus, la mesure du dirin pour riiumanilé.

* T. K. iuec A K II une partie tics Mnn. itr'^^q»*' Vfî. Cop. lit Àr.ycTat (jtrotffro). Mais HI) K G L .M S T Y A A Syr. la plu|>art de» Mnn. lisent /.a'jLfiavs'. (proKfj. N omet tout le v. 1*> confusion des douv

CHAP. XVI, 11-17. Al:i

Rien de chrétien qui ne soit divin ; rien de divin qui ne soit chrétien. — < C'est pourquoi j*ai dit » signifie ici : I C'est pourquoi j'ai pu dire.» — Le prés, prend est mieux Jocumenté (v. 15) que le fut. prendra. Ue plus, il est en rapport avec les prés, a, est : le futur est une correction i'après le v. 14. // prend ; c'est la fonction permanente, le principe de son opération; de là il résulte qu'il prendra lans chaque cas particulier. — On voit qu'il n'y a pas d'inspiration divine réelle qui ne se rapporte à Jcsus-Clirist. \ussi saint Paul fait-il du cri d'adoration: «Jésus Seigneur!» le critère de toute action véritable de l'Esprit divin (1 Cor. XII, 3). Si l'on se rappelle que glorifier la créature est le crime capital dans les Ecritures, on comprendra ce qu'impliquent de telles paroles.

Tous ces discoui*s, et en particulier ce masculin èxeivo;, celui-là, V. 14-, reposent sur l'idée de la personnalité du ^aint-Esprit.

l\l. — Le dernier adieu: XVI, 16-33.

De ces perspectives lointaines (XV, 1-XVl, 15), Jésus revient à la grande préoccupation du moment présent, celle de son départ. Cela est naturel ; c'est ainsi qu'il doit ternjilier. En même temps, la forme d'entretien reparaît, ce qui n'est pas moins dans la nature des choses.

V. 16-18. « Encore un peu de temps y et vous ne me verrez plus\' puiSy un peu de temps encore, et vous me verrez, parce que je m'en vais au Vère^. 17 Sur quoi quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : Que siynifie :e quil nous dit : Encore un peu de temps, et vous ne me

* Au lieu de ou, K B D L V lisent ouxcii.

' M BDL lt'''<i Cop. omettent les mots on ;:ai£pa qui se lisent

Jans 13 Mjj. la plupart des Mnn. ll-»'''i Syr. etc.

4i4 TROISIÈME PARTIE.

verrez plus > ; puù^ un peu de temps encore^ et tous me verrez f Et cette autre parole : Parce que je '^ m* en vais au Pèref 18 Ils disaient donc : Que veut-il dire par cette porole^ : Un peu de temps? Kous ne comprenons pas ce quil dit, Y — Si on rapporte directement le revoir prorois dans ce qui suit aux apparitions de Jésus après la résurrection, il n'y a aucune liaison entre le v. 16 et le verset précédent. Or Yasyndeton fait supposer entre ces deux versets une liaison de sentiment très-profonde. Cela prouve qu*il faut appliquer ce revoir à riliumination de la Pentecôte; alors la relation avec ce qui précède ne présente plus de difficulté. Rempli de l'idée de sa glorification par l'Esprit dans le cœur des disciples, Jésus appelle ce retour un remr mutuel (v. 16 et S'a). C'est par cette réapparition vivante dans IWme des siens que finira réellement la séparation qui s'approche. — Le premier (jiixpov, un peu de temps, est celui qui aboutit h la mort de Jésus; le second a pour terme la Pentecôte. Quatre alex. retranchent les mots: Parce que je m'en rais à mon Père. Probablement on ne comprenait pas comment le départ de Jésus pourrait être la cause d'un revoir, surtout quand on appliquait ce revoir aux apparitions du Ressuscité. Mais tout est clair si on le ] rapporte à la Pentecôte. C'est parce que Jésus monte vers j le Père qu'il peut se manifester de nouveau par le Saint- Esprit. Cependant, en s'exprimant comme il le faisait, Jésus proposait à ses disciples un problème; il ne l'ignorait pas. Ces deux courts délais {un peu de temps), qui devaient avoir des conséquences opposées, et cette idée, en apparence

* N omet lis mots aixoov xa». TzaXiy (confusion des deux jitx^ov

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* Kpo est omis par NABLM.Vn44 Mnn. HP^^'q^^.

' Au lieu do to^to ti s. o Xtyn, B L V II. Or. lisent n c. twto o à..

'Ol M J) Tl £. TOUTO.

contradictoire : Vous me verrez parce que je m en vais.,,., devaient être pour eux des énigmes. Nous retrouvons ici le procédé pédagogique que nous avons observé déjà XIV, 4. 7. Par ces expressions paradoxales, Jésus provoque à dessein la révélation de leurs derniers doutes, afin de pouvoir les ilissiper tout à fait.

L'espèce d'à parle qui s'établit entre quelques-uns des apôtres (v. 17) ne s'expliquerait pas aisément, s'ils entouraient encore Jésus, comme cela avait eu lieu au moment où il prononçait XV, 1 et suiv. Il est donc probable qu'en prononçant le v. 16, Jésus s'est remis en marcbe, les disciples le suivant à quelque distance ; et cela explique comment ils peuvent s'entretenir entr'cux ainsi que cela est raconté dans les v. 17 et 18. Les mots: Je m'en vais à mon Père^ furent peut-être le signal du départ. — Les objections des disciples sont naturelles, à leur point de vue. La où pour nous tout est clair, pour eux tout était mystère. Si Jésus veut fonder un royaume terrestre, pourquoi s'en aller? S'il ne le veut pas, pourquoi revenir? Puis comment $e représenter ces phases contraires qui doivent s'accomplir coup sur coup? Enfin : Je viens, parce que je m'en vais,..! N'y a-t-il pas de quoi s'écrier : Nous ne comprenons ce quil dit (v. 18)? Tout cela prouve clairement la vérité du récit; un écrivain postérieur eût-il pu jamais se replacer ainsi dans le vif de la réalité historique? — Les derniers mots du V. 17 supposent nécessairement la leçon du T. R. au V. 16.

V. 19 et 20. « Jésus connut donc > qu*ils voulaient* finterroger, et il leur dit: Vous di^scutez entre vous sur ce <fue j'ai dit : Dans peu vous ne me verrez pas, et de nout}eau d<ms peu vous me verrez. 20 En vérité y en vérité, je

^ K B D L omettent ouv après s^voi.

* K : r,(jLsXXov au lieu de t^OeXov.

ilti TROlSlÈMIi: PARTIE.

VOUS dis (/U4.* vous pleureriez ei f/ue ojus vous lamenlertz, mais le monde se réjouira: cl vous > serez plongés dans la tristesse, mais votre tristesse sera changée en joie. » — Jésus leur donne ici une dernière preuve de son savoir supérieur, non seulement en leur Taisant voir qu'il connaît |»ar ] lui-uuMiie les (|uestions (|ui les préoccupent, mais encore en résolvant, dans ce dernier entretien, toutes les énigmes i qui les tourmentent. Mais, ne pouvant leur donner la connaissance objective des faits suprêmes qui vont se succéder rapidement, il leur décrit les impressions opposées et subites qu'ils en ressentiront eux-mêmes. La plus gramle joie succédera à la plus grande douleur ; et ce sera court, court comme Tlieure de renfantement pour la femme; il ne lui faudra que le temps d*aller à son Père et de revenir (>'esl là pour eux Theure terrible à passer ; niais il ne peut la leur éviter; et après cela, leur joie sera sans mélange et leur puissance sans limites. Voilà le contenu de v. âU-Ji. — Les pleurs et les lamentations du v. i20 trouvent leur explicaticm au ch. XX, dans les larmes de Marie-Madeleiue et dans tout Tétai des disciples après la mort de Jésus. Le> apparitions du Hessuscilé ne ^^lérirent <|u'à demi cette plaie; la joie parfaite ne fut donnée i\ii'h la Pentecôte (V. ^2i). Los mt)ls : Et U* monde se réjouira^ ne sont pas Tanlillièse réelle de ceux-ci : Vovs pleurerez. Ils ne lurinent (ju'un contra-le interjeté, en quelque sorte. C'est pourquoi Jésus les reproduit dans ces mots: Vous ser<plonges dans la Iristess'*, pour amener Tantitbése primilivemenl voulue : Mais cette tristesse sera changée en joi^ Le Ai, tnais, après 'j|jLet;, exprime bien cette reprise.

V. :2I et dû. « tjnand la femme enfante, elle a deld douleur, parce (pie son heure est oenue: mais (juandàk^' mis au I/Kuule l'en faut, elle ne se souvient plus de son fv*-

* N B I) V IIP" «^"i •«• S^ r-'* Cj;). oincltcnl o:.

CIIAP. XVI, 19-22. 417

we, à caisse de la joie qu'elle éprouve de ce qnun nme * est né dam le monde, 22 Vous de métne^ vous ; maintenant dans la tristesse ' ; mais je t^ous reverrai, yotre cœur se réjouira; et personne ne vous ravira^ votre î. » — Le terme de comparaison est le passage subit rextrème douleur à rcxtremc joie. Il faut se borner à ). L'idée de renfantement d'un monde nouveau, qui doit ulter de cette heure d'angoisse, ne parait pas être dans )ensée de Jésus. — L'expression son heure fait peut-être ision à l'heure douloureuse par laquelle doit passer Jelui-même (mon heure). Ce qui se passera chez eux ne a en effet que le contre-coup de ce qui se passera pour . Ce mot un homme fait ressortir la grandeur de l'événenl accompli et motive la joie de la mère. ^e v. 22 fait l'application de la comparaison. La liaison ce verset avec le suivant en détermine clairement le sens : ît de la Pentecôte, et non de la résurrection, qu'il s'agit, peut rendre le sens des mots : Je vous reverrai, par x-ci : € Je reviendrai vous voir, vous visiler, vivre de iveau avec vous. » Ces mots ne sont pas complètement onymes de ceux-ci : Vous me re verrez. Sa mort ne sée pas seulement les disciples de lui, mais aussi lui des :îp1es. Il ne lient plus, comme pendant sa vie, les rênes leur vie; c'est pourquoi aussi, dans la prière suivante, ;s confie à son Père, tant est réelle la séparation des u[? parts. Dés la Penlecôte, au contraire, il lient de nouu le troupeau sous sa houlette et le gouverne du sein son état divin. C'est ce changement dans sa propre silua- 1 qu'il exprime par : Je vous reverrai. La résurrection

M lit o (levant avO^roTio;.

AT) Lit Mnn. Il-''*i Cop. : zU" au lieu (Viyzzz.

B I) r Il^''M : apit (ôtera), au lieu d'aicst (6te).

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