‹ Commentaire sur l'Évangile de saint Jean (volume 2)Chapitre 46 sur 66 · Vol. il · texte numérisé non relu

Vol. il

à elle seule n'avî^il pu Topérer. Celle explicalion parait à Meyer artificielle ; et je vous reverrai esl selon lui idenlique à vom me rererrez, — Le présent aïpei, ô(e, esl la vraie lec^on. Jésus se Iransporle en pensée à cejour-là,

V. 23 elâ-i. « El en ce jour-là vous ne m'interrogerez plus sur rien : en vérité, en vérité, je vous dis que^ tout ce (jue^ vous demanderez au Père cti mon nom*^ il vous le donnera. U Jusqu'à présent, vous navez rien demandéen mon nom; demandez^, et vous recevrez, afin que voire joie soit accomplie. » — Celle joie parfailo (v. 22) reposera sur une double prérogative donl ils jouiront dès ce jour-là: pleine connaissance (v. 23^) et pleine puissance (v. 23'*). Ils n'auront plus besoin de lui demander TexplicalioD de ce qui leur semblera mystérieux ou obscur, comme ils avaient Tintenlion de le faire en ce moment même, v. 19; ils auront en eux le Paraclet. Et de plus, cette source intérieure de lumière les fera participer à la loute-puissance en leur conférant la faculté nouvelle de la prière au nom (le Jésus ;Comp. XIV, 12-14). — La leron de A o, ti iv, tout ce que, pourrait bien élre la vraie. Après avoir changé ce 0, Ti en oti^ parce que, on dut ajouter les pronoms ôou oaa, et le oTt fut ensuite omis comme inutile (Meyer). — Le V. 24 n'exige pas impérieusement que les mots en mon nom (v. 23) soient rapportés au verbe demanderez plutôt qu'à donnera. C'est cependant, malfçré les alex., leur relation la plus naturelle. — Avant la F^enlecote, les apôtres ne pouvaient prier au nom de Jésus, c'est-à-dire comme

* Au lieu (le oti oaa av (|ut' lil, a\ec |0 Mjj. Mnn.. le T. R., A lit on probablement o, ti' av, B C I) L Y It. Or. av ^i, n oti o av, X qiiclqu<'S Mnn. oti o sav, Syr. oia. av.

* nB(! I. X VA Sah. Or. placent ev t. ovo;x. tunj après ^mt u;iiv (donnera fn >noii no}n}.

' N cpichpies .Mnn. lisent aiTr^TavOs au lieu fi'at-rstTî.

$ organes; il fallait, pour cela, qu'il vécût dans leur îur. En disant : demandez (prés. aiTsiTe], Jésus se transrle à ce grand jour annoncé, c Alors, dit Meyer, Fenilement décrit v. 21 sera consommé. ^ El la joie parfaite ccédera à la douleur extrême.

V. 25-27. € /e vous ai dit ces choses en similitudes: lis * r heure vient ou^je ne vous parlerai plus en similides y mais oïi je vous parlerai^ ouvertement du Père.

En ce jour-lày vous n'aurez quà demander en mon m ; et je ne vous dis pas (jue je prierai le Père pour us : 27 car le Père lui-même vous aime^ parce que vous avez aimé et que vous avez cru que je suis issu de iew *.» — Le v. 25 reprend et développe l'idée de v. 23 * i connaissance) ; les v. 26 et 27, celle de v. 23*> (la puis- Dce). Jésus s'était servi d'images dans tout son enseigneent, et cela encore dans cette dernière soirée (le cep, la fiime qui enfante, le retour, le revoir); 'c'est qu'il ne cuvait, pour le moment, s'expliquer plus clairement. Il appartient qu'à l'Esprit de parler la langue réellement léquate à la vérité. Tout enseignement en paroles n'est le parabole, tant que l'Esprit ne l'a pas expliqué. llap^r,- X : ici : en termes propres qui ne compromettent pas dée en l'exposant à une fausse interprétation. Sur irapotaj voir à X, 6. — On peut hésiter entre les deux verbes «yye^Xeiv, déclarer ouvertement (byz.), et iizix^Ck'ktw, monceTy comme une nouvelle (alex.).

L'accord entre le v. 26 et XIY, 16 résulte de ce qu'avant

Pentecôte Jésus prie pour les disciples, afin de pouvoir

* M B C D L XV Iipie"q'«c Or. omellent aÀXa.

* M lit oTTou au lieu de ots.

' Les Mss. se partagent entre «irayyeÀM 'k A B etc.) et av«YY£Ao> G H etc.;.

* Au lieu de Osoj, BC D L X 2 Mnn. Syi^^» Cop. Sali. Ii;sent r.xi^^.

leur envoyer l'Esprit; tandis qu'après la Pentecôte, et dans ta mesure où elle est déjà opérée pour eux, ils prient euxmêmes en son nom, et par conséquent il n'a plus besoin de prier pour eux. Aussi lon(2;temps donc qu'ils demearenl dans cet état d'union avec lui, l'intercession de Jésus (Rom. VIII, 34; Hébr. Vil, 25) ne leur est pas nécessaii*e. Mais dés qu'ils pèchent, ils ont besoin de Cavocat au/très da Père, Jé$u$'Chri$t le jmte (1 Jean II, 1.2). L'expression: Je ne du pus que je prierai^ s'adapte admirablement à cet étal. Il ne promet pas qu'il priera; car tant qu'ils seront dans l'état normal, ils n'en auront pas besoin. Dans cet état, il prie par eux, et non pour eux. Mais il ne dit pas non plus qu'il ne priera pas; car il se peut qu'ils aient besoin encore de son intercession lorsque quelque séparation interviendra entre lui et eux. Grotius et d*autrcs ont entendu les mots : Je ne vous dis pas que...^ dans ce sens: « Pour ne pas dire que moi aussi je prierai pour vous. » C'est faire dire à Jésus précisément le contraire de sa pensée, comme le montre le v. 27.

Sur les mots : Le Père vous aime, parce que vous m\ivez aiim^ comp. XIV, 21 . 23. Kn disant : Et que vous avez rn/, Jésus revient de la Pentecôte à Tétai présent des disciples. C'est ce qu'indiquent aussi le présent aime et les parfaits avez aimé et arez cru, opposés aux futurs précédenis. Jésus se reporte à l'œuvre déjà accomplie, condition Je celle qui resle à accomplir encore (celle de la Pentecôte». Rien etfet le moment suprême approche. H est temps d*apposcr le sceau à leur foi actuellement fonnéc. Pour cela Jésus en indique nettement le contenu essentiel: Vous avez cru que je suis issu de Dieu. Tischendorf lui-même rejette la leron alex. du Père, au lieu de: de Dieu (que lit le Sinaït.). C'est en effet l'origine et la mission divines Je Jésus, et non sa relation (iliale avec Uieu, qui doitoire

GUAP. XYI, 26-38. 421

^nalée en ce momenl comme l'objet principal de la foi is apôtres. Le cas est tout différent au v. 28. La propos, cpa, d'auprès de, et le verbe &;7iX8ov, je suis sorti, exprienl plus que la simple mission, qui serait désignée par :6 et iXrrXiiOa; ces termes caractérisent la sphère divine, I général, de laquelle pix)vient Jésus. Ils Tont bien ressor- ' l'héroïsme de la foi des apôtres. Cet être de chair et os, cet homme chétif, méprisé, ils ont su reconnaître en i un être soiti du séjour divin^

V. 28. c Je suis sorti d'auprès ^ du Père^ et je suis venu ms le monde; maintenant^ je quitte le monde, et je vais après du Père, f — Ce que les disciples ne pouvaient récédemment comprendre, c'est que Jésus quittât le lODde, où il devait, d'après leur pensée, établir son règne, ^uis ils ne se faisaient pas une idée claire du lieu où il se endait. Jésus part de ce qui est plus clair pour leur expliuer ce qui Test moins. Ils ont cru et compris que son rigine est divine, qu'il n'a pas, derrière son existence tersslre, le néant, mais le sein du Père (v. 27) ; que, par )Dséquent, ce monde n'est pour lui qu'un lieu de passage, j'il y est venu seulement pour y faire une œuvre. Quoi i plus naturel maintenant que de ce que, cette œuvre bevée, il quitte ce monde, dans lequel il ne se trouve roccasionnellement, et retourne à Dieu, son vrai lieu >rigine? L'ascension s'explique par l'incarnation, et le r'in avenir tire sa lumière du passé divin. La symétrie des aire propositions de ce verset fait luire un jour inattendu r l'histoire de Jésus et sur chacune des quatre grandes asesqui la résument: dépouillement, incarnation, mort, ^nsion. — La leçon alex. ex a, comme le remarque cke lui-même, une saveur dogmatique trop prononcée

Au lieu de napa (cT auprès de) B C L X 2 Mnn. Cop. Or. lisent ex »r* de).

m TROISIÈME PARTIE.

pour être la vraie, napa, daaprès de, renferme ici, comme V. 27, Von'(jiii€ et la mission. L'idée de cotte première proposition est : le renoncement de Jésus à i'élat divin qu'il possédait auprès de Dieu. Jésus dit ici le Père, au lieu de lHeu{\, 27). II ne s'agit plus, en efTet, du contenu de la foi apostolique, comme au v. 27. Toute la douceur de sa relation filiale avec le Père se représente à sa pensée. Le terme icàXiv, de nouveau^ que nous avons traduit par maintenant^ indique la coriélaliou entre la venue et le retour: celle-là justifie pleinement celui-ci. Les apôtres comprennent pourquoi il s'en va: c'est qu'il est venu; et où il s'en va : à Dieu ; car c'est de Dieu qu'il est venu.

V. 29 et 30. € Ses disciples lui > disent : Voici j maintenant, tu parles ouvertement^ et tu ne te sers pas et similitude; 3U maintenant, nous sawns que lu sais toutes choses et que lu nas pas besoin que personne l'interroge: rest pour cela que nous croyons que tu es venu de Dieu.* — A l'ouïe de cette récapitulation simple et précise de tous les mystères de son existence passée, présente et future, les disciples sont comme enveloppés d'une clarté inattendue; une profession unanime et spontanée sort de leur houche; les doutes qui les tourmentaient depuis le commencement de ces entreliens sont dissipés ; il leur semble qu'en fait de lumière ils n'ont plus rien à désirer, et qu'ils sont déjà arrivés au jour de la parfaite connaissance que Jésus vient de leur promettre. Non qu'ils aient la folie de vouloir affirmer, contrairement à la parole de celui dont ils proclament la toute-science en cet instant même, que c'est maintenant le moment promis; mais la lumière est si vive ([u'ils n'en peuvent concevoir une plus éclatante. En répondant si directement aux pensées qui s'agitaient au fond de

» N B C D \ n 2 Mnn. It ''««i retranchent aur^o.

eurs cœurs, Jésus leur a donné la mesure de la vérité de outes ses paroles et de la certitude de toutes ses promesses. Is viennent de faire, comme Nalhanaël au commencement, 'expérience de sa toute-science, et ils en concluent, comme uî, sa divinité. — Le rapport des mots : Tu n*as pas In^soin fue personne f interroge^ à ceux du v. 19: Jésus connut qu'ils voulaient r interroger^ est incontestable; mais il faut e comprendre d'une manière large et digne de cette scène solennelle, comme nous venons de le faire (contre Meyer). 3ans la profession des disciples se confondent, comme dans 'expression FiLs de Dieu, I, 50, les deux idées de mission aTTo) et d'origine (c$r,>.9£;] divines.

V. 31-33. « Jésus leur répondit: Maintenant vous croyez, J2 Voiciy rheure vient, et elle est Ut déjà *, ou vous serez iispersés chacun chez soi, et ou vous me laisserez seul; nais je ne suis pas seul, parce que le Père est avec moi, 33 Je vous ai dit ces choses, afin (/ue vous ayez la paix en iioi; dans le monde, vous aurez* des tribulations; mais lyez bon courage, foi vaincu le monde. » — C'est ici pour lésus un moment d'une suavité ineflable ; il a été reconnu ;l compris par ces onze Galiléens. Cela lui suffit : le Saint- Esprit achèvera de le glorifier en eux et par eux dans l'humanité. Maintenant il peut terminer l'entretien et rendre jràces; car son œuvre terrestre est aclievée. Jean seul a compris la grandeur et conservé le souvenir de ce moment. Il faut donc se garder d'entendre les mots : Maintenant vous crof/ez, dans le sens inlerrogatif, comme si Jésus songeait \ révoquer en doute la réalité de leur foi; il ne faut pas non plus voir dans àpn, maintenant, une opposition h ce qui suit : t Maintenant, vous croyez, il est vrai ; mais bien-

• M A B C D L X Cop. omcltent vuv devant eXt^XuOev.

• Au lieu de eÇîtc (vous aurez) que lit le T. R. avec D plusieurs Mnn. Jli»''"<i"', on lit v/z-i (tous ates) dans les autres documents.

lot, que ferez-vous!» Comment, au ch. XVII, Jésus remercierait-il Dieu avec tant d'effusion pour la foi de ses disciples? Comp. XVII, 8 : t Ils ont connu vérilablemeni (ilr.^Oic) que je suùs venu d'auprès de toi^ et ils ont cruquf tu unts envoyé,^ paroles dans lesquelles Jésus fait certainement allusion à notre v. 30. Le mol maintenant est en rapport avec le passé, non avec l'avenir : « Vous voilà donc arrivés au point où je travaillais depuis si longtemps à voos conduire. Enfin vous croyez! »

Cependant, ce lien à peine formé va être soumis à une rude épreuve (v. 32). Le faisceau va se rompre, au moins extérieurement. Mais le centre demeurera ferme, el tous CCS membres dispersés reviendront bientôt se grouper autour de lui. — >•>, que nous avons rendu par déjà^ peut avoir été retranché par les alex., parce qu*il semblait que le mouicnt n'élait pas encore là. — L'aor. passif cxoprw6?T£, ou vous serez dispersés, est plus propre à atténuer qu'à appraver la faute des disciples annoncée par les mots : Vous me laissrrez seul. C'est un coup violent qui les frappera et qui les étourdira. Celle parole rappelle la citation de Zacharie dans les synoptiques : < Je frapperai le berger, et les brebis seront (tisj)ersérs » ^Malth. XXVI, 31). — Et; Ta I^ta: dans leur domicile res|)octif. dess remarque que celle parole el celle du v. 33, prononcées au moment où ses disciples vont Tabandonner, renferment à l'avance le panlon de leur infidélité.

Le V. 32 rassurait les disciples quant à la personne de leur Maître ; le v. 33 a pour but de les tranquilliser pour eux-mêmes. Tout ce que Jésus leur a dit dans celte dernière soirée ne tend qu'à leur inspirer une pleine quiétude, par le moyen de la foi en lui (XIV, 1-XV, 17). Sans doute, il n'a pu leur cacher qu'ils auraient une lutte à soutenir avec le monde (XV, 18-XVI, 4). Mais il faut qu'en face des tri-

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ulations qui accoropagneronl celle lulle, leur paix prenne : caractère de Vasmrauce el devienne bravoure, ^àpco;. ir Christ a d'avance vaincu l'ennemi qu'ils ont k combate, résisté h ses allrails, surmonté ses terreurs. Cette croix ni se dresse et que son obéissance accepte, montre que le londe a désormais en lui son vainqueur. — Il y a opposion entre les deux régimes : en moi el dans le monde; ils ssignent, l'un, la sphère de la vie intérieure, celle de la lix; fautre, la sphère de la vie extérieure, celle de Tan- 3Îsse. La dernière proposition indique la victoire de la vie 1 Christ sur les péripéties de la vie terrestre, victoire qui pour principe celle de Christ lui-même sur le monde. »lle-ci n'est accomplie encore que dans celui qui parle, laîs elle le sera bientôt chez eux. *Ky(o, moi', fait ressortir rec force l'idée de cette personnalité unique, dont la vicaire est celle de tous les autres.

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