TROISIÈME SECTION XVII
La prière.
C'était par un cri de victoire que Jésus avait terminé ses ntreliens avec les disciples; mais c'était là une anticipaton de la foi. Pour transformer en victoire la réalité préente, il ne fallait rien moins que la toute-puissance de Meu. C'est vers elle que Jésus se tourne.
On divise ordinairement cette prière en trois parties : * la prière pour sa propre personne, v. 1-5; 2<> la prière ►our ses apôtres, v. 6-19; et 3® la prière pour l'Eglise, . 20-26. Mais, quand Jésus prie pour lui-même, ce n'est »as sa personne qu'il a en vue, c'est l'œuvre de Dieu (v. 1
ViQ TROISIÈME PARTIE.
et 2); quand il prie pour ses apôtres, c'est pour les onjam et continuateurs de cette ménno œuvre ; et quand il recommande h Dieu les croyants présents et futurs, c'est comme objets de cette œuvre et parce que ces âmes sont le tliéAlre où doit resplendir la gloire de son Père. Le cadre de la prière est dune bien celui qu'indique la division généralement admise, mais la pensée dominante qui en fait l'unilé est celle de l'œuvre du Père ou, ce qui revient au même, de la gloire de Dieu, Celle prière de Jésus est tout entière une inspiration de son cœur filial et de sa mission. Il remercie Dieu de ce qu'il lui a été donnédéjà de faire pour ' sa cause, et il lui demande les moyens plus efiicaces qoi lui sont désormais indispensables pour achever l'œuvre commencée.
Celle prière est plus qu'une simple méditation. Jésus avait (u/i (cli. XlIIjet parlé (c\\, XIV-XVl); maintenant il use de ce langage qui est en même temps un acte: il prip. Mais il ne prie pas seulement, il prie à baule voix; et ceci prouve (jue, loulen parlant à Dieu, il parb.» aussi pour cens (jui ronlourenl; il veut les initier au Cï>mmcrcc intime qui! entretient nv(.'c son Père et, si possil>lp, les entraîner à /)nVr nrer lui. C'est une réalisation anlicipéc de cette communion de gloire qu'il demande |M)ur eux au v. 24- : « Qu'ils vouant la (floiro (/ue tu m\is dotvu'e: l<) ou je suis, (/n'iLn f/ soiont ausii arec moi. » II les élève dans la sphère divine où il vil Ini-niéme.
On a appelé cette [trière sacerdolnle. C'est bien, en effet, ici Tacle du souverain sacrificateur de rhumanité, qui commence son sacrifice en s'oflVanl h Dieu lui-même avec tout son peuple présent et futur. — Beyschlag a fait ressortir avec raison dans celle prière une foule d'expressions qui seraient inapplicables au Logos, comme tel, et qui excluent ainsi la supposition que la spéculation du Logos ait été
CIIAP. XVII, 1-2. 427
I mère de cet évangile (sur sa propre théorie, comp. In- ^d. I,p. 227 et 228).