‹ Commentaire sur l'Évangile de saint Jean (volume 2)Chapitre 53 sur 66 · TROISIÈME SECTION XIX · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION XIX

Le supplice, de Jésus.

1*^ Le crucifiement: v. 17-18; 2'^ L'écrileau: v. 19-23; S^' Le partage des vêtements : v. 23-2i; 4° Le legs filial:

V. 25-27; 5« La fin: v. 28-30; 6*^ Le brisement des jambes cl le coup de lance: v. 34-37 ; 7^ L'inhumation: v. 38-^2. Jean ne veut pas présenter le tableau complet du supplice de Jésus. Il relève quelques circonstances omises par ses devanciers et en même temps complète et précise leurs récils.

Le crucifiement :

V. 17 et 48. « Or^ ils prirent Jésus et remmenèrent* ; e/, portant sa croix^^ il s'achemina hors de la vitle, au lieu appelé la place du crdne, en hébreu Golgotha, 48 om ils le crucifièrenty et deux autres avec lui, un de chaque côté, Jésus au milieu, > — Ces deux v. sont le résumé trèssommaire du récit synoptique. Le sujet de ils prirent est: les Juifs (v. 46^); c'étaient eux qui exécutaient la sentence par les mains des soldats. — D'après d'anciens témoignages, les condamnés devaient porter eux-mêmes leur croix. C'est ce que suppose d'ailleurs l'expression Ggurée employée par Jésus lui-même dans les synoptiques : « 5t quelqu'un veut venir après moi...., quil se charge de sa croix )i (Matth. XVI, 24 et parallèles). Jean seul mentionne ce trait des souffrances de Jésus. Et il ne contredit point, en cela, les synoptiques, qui racontent que Simon de Cyréne fut requis d'accomplir cet olfice. Car le participe pacTo^^wv, portant, se lie étroitement au verbe e^r^ôev, il sortit. Au moment du départ, Jésus fut soumis à la règle commune. L'incident de Simon n'arriva que plus tard, lorsque sans doute Jésus épgisé commença à retarder le cortège. —

* Les Mss. se partagent entre oc (T. R. avec M Mjj.; et ouv (BLX . « Après Tov Irjaouv, T. R. avec A MUT: xai arrri^a^ov; 9 Mjj. 130

Mon. : xai r^fa-j-ov. B L X plusieurs Mnn. ltP»«»-'q"« Cop. retranchent ces mots. K : ot $e Xa^vTs; tov I. ânrjaYOv auTOv.

* T. R. avec 11 Mjj.: «jtou (cayioy); BX: ciuto>; ï^LH: tauTro.

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Moïse avait inlerdil les exécutions capitales dans Tenceinle (lu camp (Lév. XXIV, U; Norab. XV, 35). El Ton était resté fidèle à Tesprit de cette loi, en mettant a mort les criminels hors de Tenceinte des villes (1 Rois XXI, 13; Act. Vil, 58). C'est sur cet usage qu'est fondée Texhorlation Hébr. XIH, 12. 13. 'E^rMev signifie donc: // sortit de la ville. Le Saint-Sépulcre se trouve aujourd'hui assez avant dans Tinlérieur de Jérusalem ; mais le mur d'enceiole peut avoir été déplacé. Sur le lieu du supplice et sur celui de la sépulture de Jésus, il n'existe aucune tradition certaine. — Le nom de place du crâne ne vient point des exécutions qui avaient lieu en cet endroit (il faudrait le pluriel 5cpavtwv, des crânes): et Ton n'eut pas laissé chex les Juifs de tels restes â découvert. L'origine du nom était sans doute la forme arrondie et l'aspect dénudé de la colline. Gol(/ot/ia: de iiSiSi, eh araméen KJihaVa, crâne, de VSa, rouler. — Le mot é^paï'jTÎ qui se trouve quatre fois dans notre évangile, se retrouve deux fois dans TApocalyps<î, (lu reste nulle paît dans tout le N. T.

La ir()ix avait la forme {\'un T. Kllc était peu élevée (voir V. "l^y . Le condamné étail amené à la hauteur convenable au moyen de cordes (in çruccni tollcrej : les mains étaionl clouées sur la pièce de bois transversale, soit avant, soil après rèlèvalion. Keiiii cite les paroles suivantes d'un auteur latin: Palibulo su/'/Lcus in cniceni crndeliter criyitur, (|ui montrent que les mains étaient ordinairement clout*e.< arftnt rèreclion à la hauteur de la croix. Pour qu'«'llesne lussent pas dècliirèes par le poids du corps, celui-ci rop«>sait sur un billot de bois lixè au fût de la croix et sur le(|iiel If <:ondamnè était comme à cheval. On a longuement Ji^rutè. dans les temps modernes, la question de savoir si les pieds aussi étaient cloués. Les passafzes des anciens cités par Meyer (voir à Matth. XX Vil, 35; et Keim, sont décisifs;

Is prouvent que, dans la règle, les pieds étaient cloués. LiUC XXIV, 39 fait penser qu'il en fut ainsi de Jésus. On /ivait ordinairement sur la croix une douzaine d'heures, ]uelquefois jusqu'au troisième jour.

de genre de mort réunissait au plus haut degré les doueurs et l'infamie de tous les autres supplices. Crudelissh num tet^rnmumque supplicium, dit Cicéron (in Verrem), L'inflammation croissante des plaies, la position contre nature, l'immobilité forcée et la rigidité des membres qui en résultait, les congestions locales, surtout à la tète, l'angoisse inexprimable résultant du trouble de la circulation, une Bèvre et une soif ardentes torturaient le condamné sans le loer. — Etaienl-ce les Juifs qui avaient demandé l'exécu- Jon de deux autres condamnés, afin de rendre plus comdiei l'opprobre de Jésus? Ou devons-nous voir ici une fnsulle de Pilate au peuple juif figuré par ces deux com- [>agnons de supplice de son roi? H est difficile de le dire.

L'écriteau :

V. 19-22. € Pilale fil aussi faire une inscription et la fit netire * au haut de la croix ; il y élait écrit : Jésus de Natarelh, le roi des Juifs. 20 Beaucoup de Juifs lurent cette Inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près ie la ville: et elle élait écrite en hébreu^ en grec et en latin *. 21 Les grands sacrificateurs des Juifs disaient donc à Pilale: N'écris pas: Le fvi des Juifs^, mais qu'il a dit: le suis roi des Juifs, 22 Pilale répondit: Ce que j'ai écrit, jeFai écrit. > — Jean complète ici le récit très-abrégé des synoptiques. D'après la coutume romaine, lecruciarius portait lui-même ou Ton portait devant* lui, sur le chemin du

• AK 42 Mnn. : £:;£Ôr,x-v pour £0r/.2v.

• Aq lieu de £p,o., saXt^v., owjjl., B L X 8 Mnn. (lo[). Sah. lisent s^o., pcii|ft*., sÀXr^v.

• N omet v. 20 et 21 jusqu'à ajX ot*. non compris.

supplice, un écrileau (lUuluSj tit>.o;, ériypa^', cocn^, aliia) qui renfermait Tindication de son crime et qui était ensuite fixé <^ la croix. Pilate profita de cet usage pour stigmatiser les Juifs en proclamant ce malfaiteur leur roi. — Tholuck, de Wette ont pensé qu'il fallait expliquer le eypail^e dans le sens de avait écrit ; Meyer préfère admettre que Pilate écrivit et envoya cette inscription après coup, lorsque Jésus était déjà sur la croix. Mais le ^e xat, or aussi, est une liaison assez lâche pour permettre de placer l'acte d'écrire déjà au moment de la condamnation, comme cela est naturel. La mention des trois langues dans lesquelles était rédigée celte inscription, se trouve aussi dans Luc selon la leçon ordinaire ; mais cette leçon est incertaine. L'hébreu était la langue nationale, le grec la langue universellement comprise, et le latin celle des niailres. Jésus, au degré le plus profond de son abaissement, a été ainsi proclamé roi dans la langue des trois principaux peuples du monde. — L'expression : les grands sacrificateurs des Juifa, v. âl, est remarquable. Elle ne se Kelrouve nulle pari. Hengstonberg l'explique par un contraste intentionné avec le tenno de roi des Juifs. C'était bien en effet entre ces deux puissances Iboocratiques qu'était la lutte. Cependant oîlte explication est recherchée; cette expression signifie plus simplement qu'ils agissaient ici comme défenseurs de riionneur du peuple Ihéocratique. — L'imparf. ils disaient caractérise la tentative qui échoue. Le prés, n'écris pas est celui de l'idée. Pilate répond par le parfait deux fois répété : fai écrit. C'est le temps du fait accompli. Nous retrouvons ici le Pilatd que caractérise Pbilon : inflexible de caractère (Ilengstenberg^.

Le partage des v»*'leinents:

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