‹ Commentaire sur l'Évangile de saint Jean (volume 2)Chapitre 60 sur 66 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

ces événcmenU sont situés en dehors des limites que s'esl tracées Tauteur, Tun en deçà, Tautre au-delà. Et Ton voit combien sont peu fondées les conséquences qu'une critique mal avisée a tirées de ce silence, pour contester soit la foi (le Fauteur à ces événements, soit la réalité de ces faits eux-inruies *. Si Jean croit à la réalité de la résurrection corporelle de Jésus — et le chapitre précédent ne laisse pas de doute à cet éjrard — et s'il ne peut îivoir pensé que ce corps ressuscité ait de nouveau été assujetti à la mort, il ne reste qu'une possibilité : c'est qu'il lui ail attribué, pour mode de départ, l'ascension telle que l'admettait toute l'Flglise. C'est ce que prouvent d'ailleurs les paroles qu*il met dans la bouche de Jésus, VI, 69 et XX, 17. C'est ce que prouverait au besoin son silence même, qui exclut toute autre supposition. — La déclaration de l'auteur sur sa mvihode (v. 30) et sur son but (v. 31) est d'accord avec celte manière de voir:

V. ;iO et ."31 . « Jésus a fait, il est vrai, d* autres miracles, i't en fjrand nnmlfre, en présence de ses disciples* , lesquels ne sont point érrifs dans ce lirre-ci. 31 Mais ceiur-ci y sont ronsif/nés afin (pie vous crof/iez ' (p(e Jésus esl bien le Christ, le Fils de Dieu, et^ afin quen croyant rous ayez la rie * en son nom.i» — Ce n'est point un tableau complet <le rc qu'il a vu et entendu que Jean a voulu retrace^. Dans la masse dos faits qu'il reconnaît rire vrais, et dont une parlie font déjà le snjol d'autres ouvrîiges que le sien, il s'est appliqué à faire un choix approprié au but qu'il s'est proposé. — La parlionbî aèv o\»v, // est vrai, se paraphraserait

' Kt'iin. III. |). OU) : «• Jt'aii ijzriorr une asccn.sion visible, quoique Jé>Ms vi\ |)arle une fois dans une parole VI, Oi . » - \j'(yj esl omis par AHKKSA M Mnn.

■* N B : r.'.z'ijT^zî au lieu de r.iTzu'sr^'z. * N ouïcl za: (ievant '.va et, avec CDLTJ it Mnn. II^»»*!, ajoute

CIIAP. XX, 30. 31. 593

ainsi : c On peut s*étonner sans doute que d'une vie aussi riche que celle de Jésus je n'aie raconté qu'un si petit nombre de faits. Mais ceux-là suffisent pour atteindre le but que je me suis proposé. > Comment, en face de cette déclaration de l'auteur, des critiques sérieux peuvent-ils raisonner ainsi : Jean omet — donc il nie ou ignore !

Ces faits, qu'il a omis, diffèrent de ceux qu'il a reçus dans son écrit, non seulement quant à la quantité (Tro^Xa, en grand nombre)^ mais aussi quant à la qualité (oXla, autres). Par conséquent, s'il n'a pas donné des échantillons de toutes les espèces de miracles, si, par exemple, il n'a pas raconté des guérisons de lépreux ou de possédés, il sera positivement contraire à son intention de conclure de ce silence qu'il ait voulu par Ih les nier. — D'après plusieurs interprètes, depuis Chrysostome jusqu'à Baur, les mots : les signes que Jésus a faits, désignent uniquement les apparitions racontées dans le chapitre précédent, comme signes ou preuves de la résurrection ; d'où il résulterait que ces v. 30 et 31 sont la conclusion, non de l'évangile, mais seulement du récit de la résurrection. Cette opinion est incompatible: 1^ avec le terme tcoicîv, faire: on ne fait pas une apparition ; ^ avec les épithètes nombreux et autrès: il n'y a pas eu de si nombreuses et si diverses apparitions; S^ avec l'expression dans ce livre, qui montre qu'il s'agit du contenu de louvrage entier et non pas d'une de ses parties. — Pourquoi Jean ne rappelle-l-il que les signes et miracles et non pas aussi les discours qu'il a rapportés? Sans doute parce que les discours sont ordinairement, dans cet évangile, le simple épanouissement des miracles qui

leur servent de thème. — L'expression : en présence de ses disciples, fait ressortir le rôle destiné aux Douze dans la fondation de l'Eglise. Ils étaient les témoins choisis des œuvres de Jésus, non seulement en vue de leur foi personnelle,

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