I. — Jésus et les disciples: v
Cette première.scène générale comprend deux tableaui, celui de la pèche et celui du repas.
La pèche: v. 1-8.
Le théâtre de ce récit est remarquable : ce sont les bords de la mer de Tibériade, en Galilée. La tradition johannique, de laquelle émane en tout cas ce récit, racontait donc d'autres apparitions que celles qui avaient eu lieu en Judée et qu'avait rapportées le ch. XX. Cette notion est conforme à l'évangile de Matthieu, qui place la grande apparition messianique en Galilée, sur une montagne, peut-être le Thabor où Ton a placé plus lard, par une tradition faussée, la Iransfiguralion. Ainsi s'établit le lien entre Matthieu qui ne parle (sauf l'apparition aux femmes à Jérusalem) que de l'apparition galiléenne, et Luc qui ne raconte que les apparitions qui ont eu lieu le premier jour à Jérusalem elle dernier près de la montagne des Oliviers. Les quarante jours dont parle Luc dans les Actes I, 3 donnent, il est vrai, la marge nécessaire pour une conciliation. Mais c'est noire récit qui fournit la conciliation elle-même, en prouvant que la tradition joliannique racontait des apparitions sur les deux IhécUres. Les disci[)les étaient donc revenus en Galilée et y avaient momentanément repris leur ancien genre de vie. Puis vers la fin des quarante jours ils retournèrent,
ciiAP. XXI, i. 2. 599
sans doute sur l'ordre de Jésus, à Jérusalem, où ils devaient commencer l'œuvre de la prédication publique ; et c'est h ce séjour que se rapporte Tordre du Seigneur de ne pas quitter Jérusalem jusqu'à la venue du Saint-Esprit (Luc XXIV, 49, comp. avec Act. I, 3. i). Expédients harmonistiques, s'écrie Meyer. Passion anti-harmonistique, lui répondrons-nous. — D'après Matthieu, XXVI, 31. 32 et XXVIII, 7-10, tous les croyants (le troupeau; vous^ adressé aux femmes] devaient après la mort de Jésus se rassembler de nouveau en Galilée et là le revoir. Les apparitions en Judée, en groupant les apôtres, commencèrent cette réunion du troupeau; par l'obstination de Thomas, une semaine entière s'écoula avant que ce premier but fût atteint. C'est après cela seulement que les apôtres purent retourner en Galilée, où Jésus leur apparut d'abord au bord de la mer, puis sur une montagne désignée par lui (comp. Matlh. XXVIII, 16). Lors même que Matthieu ne nous parle que des chefs du troupeau, des Onze, parce que c'est à eux qu'est donnée l'instruction missionnaire qui suit, nous comprenons, par i Cor. XV, 6, que ce fut bien là la grande réunion de tous les croyants galiléens, au nombre de plus de cinq cents, que Jésus avait eue en vue dès avant sa mort.
V. 1 et 3. € Après cela Jésus se manifesta encore une fois aux disciples \ sur les bords de la mer de Tibériade; et voici comment il se manifesta. 2 Simon Pierre et Thomas, appelé Didyme, et Nathanaël, de Cana en fialilée, et les fils de Zébédée* et deux autres d'entre ses disciples, étaient réunis. » — La transition (urà ToCra, après ces choses, est familière à Jean (V, i ; VI, 1 ; VII, 1, etc.). Elle sert évidemment à renouer l'appendice au récit de la dernière apparition, XX, 29, et à l'évangile. L'expression
* D H M U X r 40 Mnn. Iip*«»"q«« Syr. Cop. ajoutent pturoo à (ioOijTKK. ' N DE lisent ot utot, au lieu do oi.
cfflcvépcocev éouTov est également conforme à la manière de Jean (VII, 4; ^pxvapojcov «lexurov; XI, S3 : ixifol^ êou-m]. Jusqu'ici Jésus avait manifesté sa gloire; maintenant il se manifeste lui-même ; car sa personne elle-même est désormais rentrée dans la sphère de l'invisibilité. La dénomioa* tion mer de Tibériade est dans le N. T. une dénomination purement johannique (VI, 1). Les synoptiques disent: mer de Galilée (Matth. IV, 18) ou lac de Génézarelh (Luc V, 1). L'A. T. ne connaît ni Tune, ni l'autre de ces expressions; Josèphe les emploie toutes deux. — La proposition: Et voici comment . . . ., n'est nullement oiseuse. Elle fait pressentir la solennité de la scène qui va suivre. — D'entre les sept personnages indiqués au v. % les cinq premiers seuls sont apôtres; les deux derniers appartiennent au nombre des disciples^ dans le sens large qui est si souvent celai de ce mot dans notre évangile (VI, 60. 66; VU, â; Vlil, 31, etc.). S'il en était autrement, pourquoi ne seraient-ils pas nommément désignés aussi bien que les précédents? Ilengstenberg affirme que c chacun devait comprendre que c'étaient André et Philippe!» Les autres raisons alléguées n'onl pas plus de valeui*. Les fils de Zébédée occupent donc la dernière place parmi les apolres proprement dits. C«e l'ail est d'autant plus remarquable que, dans tous les catalogues apostoliques, ils sont joints immédiatement à Pierre, lequel est constamment placé en tête. Nous ne savons qu'une seule raison qui puisse expliquer cette circonstance frappante: c'est que l'auteur du récit soit lui-même l'un des deux fils de Zébédée. On a dit: mais Jean ne nomme jamais ni lui ni son frère. Cela est vrai ; et par cette dénomination il évite précisément le nom propre, tout en obéissant à la nécessité de se désigner en vue de la scène suivante. — Sur Thomas Didyme, voir à XI, 16. — L'explication : de Cana en Galilée, n'avait pas été donnée au ch. 1. L'auteur répare
ici cette omission. — Les deux disciples non nommés ne seraient-ils point cet Arislion et ce presbytre Jean dont parle Papias comme d'anciens disciples du Seigneur ([laÔTi- Tal Tou xup{ou), vivant à Ephése au moment où Jean écriirait et ayant presque rang d'apôtres?
V. 3 et 4. € Simon Pierre leur dit: Je rnen vais pêcher. Ils lui disent : Nous y allons aussi avec toi. Ils sortirent ^ ei montèrent^ incontinent^ sur la barque; mais ils ne prirenl rien dans cette nuit4à. 4 Mais^ le matin * étant venu *, Jésus se présenta sur « le rivage : cependant les disciples ne savaient"^ pas que celait Jésus. ï) — Après le ministère de leur Maître, les disciples étaient retournés à leur ancienne profession. Comme d'ordinaire, l'initiative part de Pierre. 11 y a quelque chose de brusque dans la parole de l'apôtre, qui semble indiquer un malaise, un pressentiment. Le t\Mç, incontinent, retranché à tort par quelques Mss., confirme cette impression. — Le terme nà^eiv, employé v. 3 et 10, se trouve six fois encore dans notre évangile, nulle part dans les synoptiques (Hengstenberg). Baumiein: Les asyndetayd-ftij ^éyouGiv^ c$t,X6ov, etc., sont dans la manière de Jean. — Cette longue nuit de travail sans résultat dut rappeler aux apôtres celle qui avait précédé leur vocation â la fonction de prédicateurs de l'Evangile (Luc V).
V. 5 et 6. € Jésus leur dit: Enfants, n'avez-vous rien^ à manger f Ils lui répondirent: Kun. 6 // leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le
• AP It»''i ajoutent xai cle\ant, nGLX ojv après sÇtjXOov.
• T. R. avec A A: avgpr,a«v; presque tous les Mjj. : ev£pr,aav.
• nBCDLXA quelques Mnn. It. Vg. Syr. Cop. oraeltent suOoç.
• M quelques Mnn. ItP»»"«i"» Vg. Syr^*» omettent rfir^.
• A B C Ë L 1 0 Mnn. : "jfivoiJLÊvr,; au lieu de Y£vo{jL£vr,ç.
• N A D L M U X lisent ir.i, au lieu de et; (tov aiytïiXov). '' W L X : svvtoaav au lieu dV,o£i<j*v.
• M omet Tt.
jetèrent donc • ; et ils ne purent ' pas le retirer à eaust* de la <iuantité des poissons, f — Le terme icai^ta, jeunes gens, garçons, n^esl point étranger à la langue de Jean (1^* Ep. 11, 1 i. 18). Il est tout naturel qu'il n'emploie pas ici le terme (lé tendresse Texvwt, mes petits enfants, comme XIII, 33; car il ne pourrait le faire sans se découvrir. Il se sert de Texpression d'un maître parlant à des ouvriers. — Le sens de la forme interrogative [/M ti..., est analogue à celui de VI, 67: Vous n'avez donc rien.., ^ Pourquoi cette question? La suite l'expliquera: Jésus ne vise pas seulement à une pèche, comme Luc V, mais à un repas. Il n'est donc poinl nécessaire de penser, avec Tholuck et d'autres, que Jésus se présente comme un marchand qui désire acheter du poisson. — npo<îÇfléyiov désigne, comme wj/apiov, ce que Ton ajoute au pain dans le repas. Ainsi, dans ce cas, le poisson; seulement le second de ces deux termes rappelle l'apprêt (orToco, nUir). — Les apôtres pensent que cet étranger s'enlend à la pèche et qu*il a remarqué quelque symptôme propre h motiver son conseil. L'opposition entre le côlé pauohp <le la barque, où ils ont jeté inulilenïcnt le filet pendant la nuit, et le côté droit, où ils vont faire cette prise nïapnifique, iloit-elle fijrurer le contraste entre rinsuccès do rôvaiifrolisaloin d'israrl et ses fruits infiniment riches dans le monde païen? Cela n'est pas suffisamment indiqué et parait oc^nlraire à ce qui est raconté Actes U-V et XXI, ii) ;i.'jpiaî^£;>. Il vaut niicux s'en tenir à Tidée générale des iinriienses succès que reniportera dans le monde la prédication, si les apôtres se laissent diriger par le Seigneur, dans la marche de leur travail. Ce sens ne pouvait leur échapper, pour peu qu'ils se souvinssent des termes de la vocation primitive: <./e cous forai pécheurs d'/ionfmes vi-
' nI> (!(»!». : o: 0- îiiaXov ail lieu (J*c,3aAov owv.
^ nBCIU.AU 10 Mnn. Iipi^r..,uc Vj:. : :r/;^ov au lieu ci:T/;^cav.
vants. > lis ne le comprirent cependant qu'après avoir reconnu Jésus.
V. 7 et 8. € Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre: C* est le Seigneur! Simon Pierre, ayant entendu que c'était le Seigneur^ mit son vêtement et se ceignit (car il était nu); et il se jeta à la mer. 8 Mais les autres^ disciples vinrent avec la barque * (car ils n étaient pas loin de la terre, mais seulement à la distance de deux cents coudées), remorquant le filet avec les poisso7is,i^ — Quelle caractéristique des deux apôtres que celle qui ressort de ces simples traits! Jean contemple et devine; Pierre agit et s'élance. En rappelant ces détails, l'auteur pensait sans doute au rôle subséquent de tous deux dans l'évangélisation du inonde. — Le vêtement appelé eTrevîJTr,; est un intermédiaire entre le xitoSv, l'habit de dessous, la chemise, et le i(AaTiov, le vêtement de dessus, le manteau ; c'est la blousede l'ouvrier. Après l'avoir ôté, Pierre était réellement nu, sauf le subligaculum , le tablier, réclamé par la décence*. Cependant Meyer pense qu'il avait conservé un vêtement de dessous; ce qui, dans l'usage grec, n'empêche point l'emploi du terme yujjivoç, nu. Le mot îieÇcoçaro, littér. il se ceignit, renferme évidemment ici les deux idées de passer le vêtement et de le serrer, — Tandis que Pierre s'élance dans l'eau et nage vers le Seigneur, Jean reste avec les autres disciples dans la barque. Ce détail a aussi sa valeur, comme nous le verrons. nVjiaptw, datif local (Meyer), ou mieux, instrumental: au moyen de la barque (en opposition à Pierre, qui s'était jeté à la nage) et en remorquant le filet. Le car explique comment ils purent avoir recours
* N lit aXXo) devant rÀoiapuo 'avec Vautre barque!).
* Meyer, dans sa note à mon adresse, p. 668, oublie que j*ai fiiit celte réserve. Rien de plus commun en Orient que de voir des hommes dans rëtat ici décrit.
dans ce cas à la remorque : Ils n'étaient pas fort éloignés du rivage. Deux cents coudées font h peu près une cen- ^ine de mètres. 'Aito n'est employé pour naesurer la distance que dans notre évangile (XI, 18; et dans l'Apocalvpse ^XjV, 20), remarque Hengstenberg. Le même auteur observe que les termes rVjiov et rXoiàpiov alternent, dans ce fnorceau, comme VI, 17 et suiv.
Strauss pense que ce miracle est un reuchérissemcwt fictif des deu\ légendes Luc V et Matth. XIV (marclie de Pierre sur les ^aux\ Seulement II est embarrassé par le fait que nager n'est pas plus, mais moins miraculeux que marcher sur Teau. Mais il ne se laisse pas troubler par là. Car, dit-il, dans ce cas-ci «tout le milieu est déjà surnaturel. > Et c est ainsi que dans ce cas l'excès du surnaturel produit le retour au naturel! — La souplesse de la critique est inépuisable en conseils.
Le repas : v. 9-14.
V. 9-11. « Lorsqu'iU furent descendus ^ (i terre, ils virent un brasier allumé là, et un poisson mis dessus ^ et du pain. 10 Jésus leur dit : Apportez de ces poissons que vous venez (te prendre. W Simon Pierre monta^ sur la barque et tira sur la (jrève^ le filet plein de cent-cinquante-trois graiids poissons: et bien quil y en eut un si f/rand nombre, le (ihl ne se rompit point, » — Si celle pèche est pour les disciples lo symbole et lo page des succès de leur prédicalion, le repas esl sans doute Temblèrne de Tassislance spirituelle et même temporelbî sur laquelle ils peuvent compter de la part (le leur Seigneur glorifié, aussi longtemps que durera ce tiavail. Tirotius, OIsliausen et d'autres (moi-même dans Ja 1»^^ èd ), ont pensé qu'en opposition à la mer qui repré-
* N H : a/i.^r.iav, A : £::£,3r,'jav, au lieu (Vxr.i'^'ir^'zx^,
* nL: ;vi,'ir, au lieu d'avi.'jr,.
•^ N A B C L P \ AU : £'.; Tr,v yr^v au lieu (Je zr,\ tt.; yr,;.
CHAP. XXI, 8-li. 605-
sente le champ de travail, la terre-ferme et le repas représentent le ciel, d'où Jésus assiste et où il reçoit les fidèles^ après le travail. Le premier sens est plus simple, et on y est plus naturellement conduit par cette question qui commence le récit: € Vous navez donc rien à manger? ^ — 'AvOpoxia, brasiery ne se trouve qu'ici et dans le récit du reniement de saint Pierre, et cela chez Jean seul, XVIII, 18^ (Marc et Luc: irOp et çwç). — Le sîng. 6ij;àpiov, poisson râliy doit sans doute, quoi qu'en di^ent Meyer et Luthardt, être pris à la lettre : un poisson. Au v. 1U Jésus ordonne à Pierre d'apporter quelques-uns des poissons qu'ils venaient de prendre, précisément parce que la quantité préparée n'est pas suffisante. Le pluriel de ce mot est employé par Jean v. 10 et VI, 9 (îuo o^apwt). — D'où provenaient ce pain et ce poisson? Luthardt pense au ministère des an* ges; Bâumiein attribue le tout A l'activité de Pierre. Ce disciple a pu en effet allumer le feu; mais d'où aurait-il procuré le pain et le poisson? Lampe pense que Jésus avait reçu ces aliments des mains de quelque pêcheur du voisinage. En tous cas il ne les a pas créés; ce procédé serait contraire à tous les antécédents (II, 7; VI, 9; comp. t. II, p. 917 et 458). Le mot de Jean lui-même : C/est le Seigneur^ ne nous dispense-t-il pas de nous préoccuper de celte question? — Les aliments préparés par le Seigneur doivent être complétés par le produit de leur propre pêche. Ce détail est incompréhensible s'il n'a un sens symbolique. Jésus veut leur apprendre que la satisfaction de leurs besoins dépendra constamment du concours de deux facteui*s : sa bénédiction et son assistance d'une part, et leur fidèle travail de l'autre; comme il est écrit Ps. CXXVIII, 2: € Le fruit de ton Iravaily tu le mangeras. » — Le nombre de cent-cinquante-trois est devenu le texte des plus étranges commentaires. Quelques Pères y ont vu l'emblème de Dieu
t)06 APPENDICE.
ei de l'Eglise (100, figurant les païens ; 50, les Juifs ; 3, la Trinité). Hengstenberg l'explique par une allusion aux 153,600 prosélytes cananéens qui furent reçus dans la théocratie au temps de Salomon (2 Chron. Il, 17). D'après une explication assez répandue aujourd'hui chez nos criti- •ques, ce chiffre proviendrait de l'idée reçue dans ce temps chez les naturalistes que le nombre total des espèces de poissons est de 15^. Kœstlin a cité en effet un passage de Jérôme (Comment, sur Ezéchiel, XLVll) qui parait prouver l'existence de cette idée, chez les savants de l'époque, par une parole d'un poète de Cilicie, nommé Oppien, qui vivait :sous Marc-Aurèle : c Ceux qui ont écrit sur les espèces d'animaux.... entre lesquels le très-savant poète Oppieo, ^ -Cilicien, disent qu'il y a 153 espèces de poissons, qui ont toutes été prises par les apôtres et dont aucune n'est restée sans être prise ^ > Ce chiffre désignerait naturellement la totalité des nations païennes. Hilgenfeld, pour compléter l'inlerprélalion, admet que le poisson et le pain préparés par Jésus rcpréscnlenl le peuple juif. Mais 1^ Strauss luimême (Lehrn Jesify 18(34, p. 41 i) rappelle qu'Oppien n'indique point le lotal 153, mais qu'il fait seulement une cnumération assez peu claire, dont la somme peut être un nombre plus grand ou plus petit aussi aisément que ce nombre lui-même. Puis ^" l'ouvrage (POppien est postérieur à celui (le Jean, et la phrase de Jérôme paraîtrait sif;ni(ier qu'on a exploité plutôt le cbiflVe de Jean à l'appui <lc celle fable scientifique. Qnmni à l'idée do Uilgenfeld (Einl., p. 718), comment supposer qu'un écrivain raison-
' " Aiunl qui de aniiuantiuin s(Ti|K<cTe naluris et jiroprietate, qui 7.\iij'.'./A taiii lalino (juain «jraH'o didircre sermone, de (|uil)us Oppianiisdilix est poeta doelissiinus : (1 Ll II e>so izenera pisciuin, qiia' omnia ^•apta siint al» a[M)^t(»lis et niliil reinansit ineeptiini. >•
nable ait voula représenter le peuple juif sous Fimage d*un poisson et d'un pain rôtis * ?
La mention de ce nombre n'a rien de plus étonnant que celle du nombre des hommes rassasiés et des corbeilles remplies de restes, après la multiplication des pains, Jean VI. C'est le fait tout simple rappelé pour constater deux choses : 1^ la richesse de cette pèche; 2<^ l'intérêt palpitant avec lequel les apôtres-pècheurs firent le compte de cette prise. — L'intégrité du filet est peut-être mentionnée comme symbole de la protection spéciale du Seigneur sur TEglise et sur tous ceux qu'elle renferme.
V.' 12-14. f Jésus leur dit : Venez et déjeunez. Mais > aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu? sachant bien que c'était le Seigneur. 13 Jésus s approche » et prend le pain et le leur distribue; et il fait de même du poisson, ii Ce fut^ déjà la troisième fois que Jésus se manifesta à ses disciples » depuis sa résurrection d^ entre les morts, » — Un sentiment de crainte respectueuse empêche les disciples de s'approcher de ce personnage mystérieux. Jésus les invite à manger; et, alors même, ils n'osent lui adresser la parole. Ce ne sont plus les relations familières de jadis. — *'EpyeTai (v. 13) : s'approche du bra-
* Nous n'indiquerons qu'en passant les explications plus oizarres «ncore de quelques modernes qui trouvent la clef de ce nombre dans le calcul des lettres du nom de Pierre ; ainsi Egli, d'après la forme hébraïque: Schimeon Jonoh (Simon, fils de Jona); Volkmar (Htmmelf. Mose, p. 62), d'après la forme: Schimeon (74) bar[%t)Jonah (34) Képha (29); total 453; et enfin Kcim lui-même (Gesch. Jestt, III, p. 564), sous cette autre forme : Schimeon (74) Jochanna (53) Kepha (29). '
* BC omettent Ô£.
* M B C D L X omettent o,/v.
* K G L X omettent 3e après to'-jto.
* K ABCL quelques Mnn. omettent «utou après ;xaOr,Tai;.
sier. — L'emploi des termes To>.jjLàv et cÇeToTtiv ne peal se consloler chez Jean. Mais quant au premier, c'est évidemment un pur accident. Quant au second, c'est lanotioode s'informer^ et non celle plus ordinaire d'interroger (rapci>Tâèv) qui doit être exprimée ici.
L'indication donnée au v. 14 coupe en deux le récit; car il est évident que ces mots du v. \h\Lors donc qu'ils eurent déjeuné^ relient Tentretien suivant à la scène du repas, V. 1â. L'auteur a sans doute voulu séparer par là œ qui dans cette apparition avait un caractère général et se rapportait à Tœuvn! de l'évangélisation représentée pries disciples présents, apôtres ou simples croyants, de ce qui concernait spécialement le rôle et le sort à venir des deux principaux apôtres, Pierre et Jean. — L'expression toOto in^Y) rpiTov, ce fut déjà l;) la troisième fois, est singulière; elle cache une de ces linesses comme nous en avons remarqué plusieurs dans le cours de cet évangile. Elle rappelle les formes déjà expliquées II, 1 1 : Ta'JTrv tTroir.cc ttîv ip/rv, cl IV, 54: toOto ràXiv <^e'JT£pov cr.pieîov £7:oir<<icv. Nous avons vu dans ces deux exemples que ces locutions un peu compliquées rocouvraionl une reclification du récit synoptique. Il en est de même ici. Il semblait, d'après Matthieu (cl Mare?) que Jésus élail apparu pour la preffuèrr fois au\ disciples, non en Judée, mais en Galilée. Nullement, dit ici notre auteur; lorsqu'il leur apparut en Galilée, c'étail drjà 1(1 (roisicmc f)is qu'il se montrait à eux comme ressuscilé. Les deux apparitions précédentes auxquelles il fait allusion sont évidemment les deux dernières du chapitre XX; V. \\) (îi suiv., et v. H\ et suiv. Il ne compte pas celle à Marie-Madeleine, paice que, comme il le dit expres<éineril, c'est des a|)paritions aii.i' disciples seulement qu'il veut parler.
Sur la relation de cette parole de Jean avec le récit de Luc et rénumération de Paul 1 Cor. XV, 5-7^ deux mots seulement : Les deux premières apparitions chez Lue (Emmaùs et Pierre) ne sont pas comptées ici par Jean, pas plus que celle à Marie-Madeleine racontée par lui-même. Le raison est dans le : aux disciples^ v. 14. La 3® (aux Douze) comprend les deux Jean XX, 19 et 26. — Paul résume le témoignage apostolique. 11 fait ressortir 1^ Pierre, le témoin par excellence; â"" les Douze (comp. Jean XX, 19 -et 26); d^' les cinq cents, à la tête desquels se trouvaient les Onze (Matth. XXVIll, 16-20); 4"* Jacques, ce personnage si important comme frère de Jéms; b^ les Douze (ascension). — Jean XXI est omis comme chez Luc. Ici comme ailleurs, Jean a réparé l'omission traditionnelle.
Ne seraient-ce point ces dernières apparitions, indiquées par Matthieu et Paul, que ferait pressentir notre auteur dans cette expression : déjà pour la troisième fois, qui laisse supposer qu'il y en a eu d'autres encore, postérieures à celle qu'il raconte ici? — Ainsi toutes nos narrations ont leurs particularités, conformes au but qui les inspire, mais elles ne présentent aucune différence qu'il ne soit possible et même facile de concilier.
Une dernière question nous reste au sujet de ce verset: Pourquoi Jean n'a-t-il pas compris danà son évangile l'apparition <nux disciples qui fait l'objet de cet appendice? La réponse ressort de ce que nous avons dit plus haut à l'occasion de la scène de Thomas. Les deux apparitions aux disciples (ch. XX) avaient eu pour but de fonder la foi h la résurrection dans le cercle des apôtres, les témoins choisis par Jésus. L'apparition actuelle ne se rapportait plus à la foi des disciples; elle était destinée à leur assurer la bénédiction et l'assistance de leur Maître glorifié dans l'œuvre
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64(1 APPKHDICK.
ÉpoBtoiique qu'ils albienl eotrepreadra. Le ratsiudlé, par k Umgige éloqaenl des sigies (p£che el repas), eoofimie ki non le fait de sa résnrrectioii, nais le ministère aposloliqse qu'il avsii iosUtoé doranl les jours de sa chair. Celle appsrilioo ae rentrait donc plus dans le cadre du IV* étangiie, tel qne nous- l'avons compris. Sur le fiond de ce laUeii relatif à tous les apôtres se détache maintenant, dans h secopde partie du récit, une révélation spéciale, conoer-
naot l'avenir des deui principaux d'entre eux.