‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 21 sur 91 · LE PLAN DU LIVRE · texte numérisé non relu

LE PLAN DU LIVRE

plus en plus tranchée, les deux fails moraux de l'incrédulilé et de la foi ; de l'incrédulité qui repousse l'objet de la foi à mesure qu'il se dévoile plus complètement (V-Xll), ot qui finit même par le supprimer extérieurement (XVI II- XIXj ; et de la foi qui le saisit avec un empressement croissant (XUI-XVIl) et qui finit par l'embrasser dans toute sa sublimité (XX).

Le prologue (I, i-18) met cette histoire en relation avecl'œuvre de la création par l'unité de plan et d'agent qui les relie, et en montre la valeur suprême pour l'humanité et pour chaque homme.

Dans la conclusion (XX, 30-31), l'évangéliste explique le Iml pour lequel il a rédigé ce récit : il a désiré rendre compte de la naissance et du développement de la foi au Fils de Dieu, aujourd'hui prêchée dans le monde.

Uappefidice (XXI) n'appartient pas à l'organisme de récrit; c'est un -recueil de faits détachés^ dont le souvenir était précieux à l'auteur et qu'il racontait occasionnellement. L'un des amis de l'auteur qui l'a rédigé, l'a apostille au nom de ses collègues.

i^el exjïosé suffirait déjà pour écarter toute hypothèse contraire à l'unité de l'écrit. Le quatrième évangile est bien, s*'lon riieurcuse expression de Strauss, « la robe sans coulure sur laquelle on peut jeter le sort, mais que l'on ne saurait partager. »

Caractères du quatrième évangile.

Nous chercherons à caractériser cet écrit aux trois points de vue hisforiographique, théologique et littéraire.

Caractères historiographiqnes.

1. Le caractère qui Trappe avant tout dans cet évangile, .nous Tavons fait observer déjà en en terminant Tanalyse, c'est Vunité. Nous entendons par là l'harmonie entre les (liflerentes parties du récit, pailiculiérement entre le point do départ et le point d'arrivée, la continuité de la marche et le rapport de tous les détails à Tidée centrale.

Non que la marche soit, comme on Ta prétendu, réglée d'après certaines idées abstraites, telles que celles de Parole, de vie, de lumière, etc., ou qu'elle soit déterminée, comme a voulu le prouver Baur, |)ar la dialectique interne de l'idée chrétienne. Avec de telles méthodes d'interprétations l'on n'arrive qu'à des subtilités, et l'on se heurte à certaines parties, celles de la Passion et de la Résurrection, par exemple, qui résistent au procédé purement logique par lequel on voudrait expli^pier l'ouvrage. L'unité de notre évangile repose sur la continuité même du développement historique. Nous la saisissons, par exemple, sous sa forme la plus palpable dans la gradation remarquable de rinimitié contre Jésus : au ch. I le regard inquiet (jue jette le Sanhédrin sur l'activité du précurseur; au ch. Il Taccueil peu sympathique et défiant fait à la première tentative ilc réforme partant de Jésus lui-même; au ch. IV l'attention qu'excite à Jérusalem un rapport de (endance malveillante sur l'accroissement de l'influence de Jésus; au ch. V la première explosion de l'animosité des chefs à l'occasion d'un miracle sabbatique et d'un prétendu blasphème de Jésus ; alors nait déjà la pensée de se dé-

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