SON UNITÉ
barrasser de lui ; au ch. VII une première démarche juridique, l'envoi des huissiers pour le saisir; à la fm du ch. VIII la première tentative pour le lapider; au ch. IX la première mention d'une mesure juridique pénale, de l'excommunication de ses adhérents (v. 22); au ch. X une seconde tentative de lapidation, plus grave encore que la première; auch. XI enfin, une décision positive du Sanhédrin de faire mourir Jésus et une invitation officielle aux dénonciateurs de se présenter. Dès ce moment, le dénouement n'est plus qu'une question de temps, et celle-ci ne larde pas à être résolue au ch. XII par l'entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Cette journée ne laisse plus d'aulre alternative au Sanhédrin que celle d'abandonner la direction de la théocratie entre les mains de Jésus ou de le faire périr. Dans le même chapitre, enfin, apparaissent les premiers symptômes de l'hostilité du traître. Le fruit est mur ; il n'a plus qu'à tomber.
Mais ce n'est pas seulement dans cette marche progressive de la haine, c'est aussi dans celle de la foi que nous constatons la continuité et l'unité du récit. Après que le premier mol du prologue a posé l'objet de la foi dans toute sa sublimité, le récit nous montre comment la foi des disciples, celle de l'auteur en particulier, s'est formée et graduellement élevée à la hauteur de cet objet. André, Jean, Philippe, Pierre, reconnaissent d'abord en Jésus le Messie, tel que le leur a signalé le précurseur (ch. I). Nathanaël , frappé d'un éclair de la science supérieure de Jésus, salue dans ce Messie l'apparition d'un être en relation particulière avec Dieu. A Cana (ch. 11) la foi des disciples s'affermit à la vue d'un acte révélateur de sa puissance et de sa bonté ; c^tte croissance de leur foi continue dès lors, marchant de pair avec les manifestations toujours nouvelles de la gloire de Jésus en actes et en paroles, Pierre, comme organe des
Douze, fait la première profession solennelle de cette fui (VI, G8-69),en proclamant Jésus le Saint de Dieu^ sur le fondement d'une expérience acquise et personnelle et en face de la victoire de Tincrédulilé qui vient d'enlever à Jésus presque tous ses disciples. Les luttes des ch. VII-X, en provoquant de la part de Jésus des témoignages toujours plus éclatants de sa nature supérieure, mettent à l'épreuve cette foi si hardiment professée et la font grandir comme les ouragans affermissent dans le sol les arbres qu'ils ne parviennent pas à renverser; tellement que Thomas, au ch. XI, aime mieux, s'il le faut, aller mourir avec lui en Judée que de l'y laisser aller seul (v. 46). Les derniers entretiens de Jésus (ch. Xlll-XVl) conduisent cette foi des disciples à l'état de perfection relative auquel elle peut parvenir pendant la vie de Jésus. Le faîte enfin est atteint «iprès la résurrection; c'est alors que l'auteur dit d'une manière absolue de lui-même : « Et il vit oi il crut, » et que la foi du plus méfiant des disciples s'élève d'un bond à la hauteur de son divin objet dans le cri tV adoration de Thomas. Ce mot est tout ensemble le terme du développement de la loi des disciples et celui du récit lui-même.
MtMue unité dans le récit à l'égard des personnages secondaires. Nicodème, par exemple, au ch. Ill vient vers Jésus de nuit. Au ch. VU il s'enhardit a ouvrir la houclic en sa faveur devant le Sanhédrin, sans doute en se présentant comme défenseur d'un axiome de droit ; au ch. XI.V enlin sa foi rompt toutes les entraves; il raffiche en se joignant à Joseph d'Arimathée pour rendre à Jésus crucifié un hommage royal. Même unité, même gradation dans le tableau des impressions et de la conduite de Pilate (ch. XVlll et XIX); ainsi dans l'énuméralion des moyens employés par les Juifs pour lui arracher la condamnation de Jésus.
Si l'on accuse les synoptiques de manquer d'unité, nous