SA THÉOLOOIE. — CONTRADICTION PRÉTENDUE
sieurs autres prétendent découvrir les traces dans notre évangile? Jésus, dit-on, s'exprime lui-même comme un ôtre en possession d'une vraie conscience humaine ; nulle parole mise dans sa bouche n'indique chez lui l'idée d'une existence personnelle antérieure à son apparition ici-bas; tandis que la théorie du Logos exposée par l'évangéliste dans son prologue enseigne sa préexistence, absolument incompatible avec la réalité de son humanité. — Mais comment expliquer à ce point de vue, demanderons-nous à Beyschlag, les paroles de Jésus que nous avons rappelées (p. 179) et qui s paraissent renfermer si évidemment la notion de sa préexislence personnelle? On répond qu'elles se rapportent uniquement à Vidée divine du Christ qui faisait partie du pian éternel de Dieu ; et que Jésus, en contemplant sa personne terrestre à la lumière de ce dessein éternel, a pu s'exprimer, comme il le fait dans notre évangile, sans s'attribuer réellement une existence personnelle antérieure à sa venue sur la terre. Il suffit, croyons-nous, de relire les paroles en question pour se convaincre de la subtilité de celle explication. S'il ne s'agissait que de Vidée du Christ dans l'entendement divin, comment Jésus pourrait-il dire : «Avant qu'Abraham devînt, je suis, p Abraham n'était-il pas aussi de toute éternité dans le dessein de Dieu? L'antithèse réfléchie de ces termes : devînt et je suis, est une prouve non moins certaine de la vraie pensée du Seigneur. Cette pensée est donc de tous points conforme à celle du prologue; et Keim a raison d'ccarler cette supposition de deux théologies contraires, déjà si invraisemblable en ellemême, et de constater un rapport mathématique entre les idées du prologue et tout le contenu de l'évangile (p. 124). ^ fait de la préexistence n'est point, d'ailleurs, comme se '^figure Beyschlag, incompatible avec la réelle humanité de ^tsus. L'on n'arrive au dilemme qui oppose ces deux faits
que parce que l'on ne comprend pas Tacte qui les lie qui forme la transition entre l'état divin de Jésus et s existence humaine : le dépouillement dont parle saint P Phil. H, 6-8 et 2 Cor. VIII, 9 (la 5t£voKii;). Jésus a renoi volontairement à la glorieuse indépendance de l'état di pour entrer dans toutes les conditions de dépendance l'existence humaine ; et il a réalisé sous la forme de C€ dépendance la même relation filiale avec le Père qu'il n lisait dans Tordre éternel sous la forme glorieuse de 1' dépendance divine; et cela pour nous initier à celle re lion et nous y introduire nous-mêmes. Voilà le point ce Irai de la pensée de notre évangéliste ; il est formulé à U jours dans cette incomparable déclaration : < La Parole été faite chair. »
Au lieu de l'esprit anti-judaïque, nous trouvons dans quatrième évangile la reconnaissance explicite du dévelo pement théocratique comme préparation du fait rédem leur. Au lieu d'une théorie métaphysique du Logos, no y trouvons révélé l'acte d'amour par lequel le Logos ( descendu jusqu'à nous pour nous élever jusqu'à lui. l lieu d'une opposition insoluble entre deux classes de cré tures humaines procédant, l'une de Dieu, l'autre dud: ble, nous y trouvons l'antagonisme de deux états mora qui peuvent se succéder dans le même être, celui de l'h manité déchue^ livrée à la puissance de la chair, et ce! de l'humanité croyante qui, par la régénération, eslpass de la domination de la chair à celle de l'Esprit.
Harmonie de l'Evangile avec le passé théocratique, ha monie du fait de l'incarnation avec l'ordre de la natni qui repose sur la médiation du même Logos, harmonie ( l'apparition de Jésus avec les aspirations les plus profond de l'âme humaine qui émanent de lui et qu'il vient 1a