‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 39 sur 91 · JEAN L*AUTEUR. — OBJECTIONS · texte numérisé non relu

JEAN L*AUTEUR. — OBJECTIONS

difiérente en laquelle Fauteur (ravaillail dans Tune et Tau- Ire situation? D'un côté, la reproduction calme et recueillie des plus saints souvenii*s; de l'autre, l'enfantement laborieux des plus redoutables ou des plus brillants tableaux de l'avenir. Cest dans le repos de l'intelligence en pleine possession de son objet, qu'il rédige l'évangile (jv vot); c'est dans l'exaltation la plus enthousiaste de l'espérance chrélienne qu'est écrite l'Apocatypse (èv 'ïrveiîpwxTi, 1,10).

Elnéanmoins quelle homogénéité foncière entre ces deux styles, aux yeux de celui qui ne s'arrête pas à la superficie»! Nous ne citerons que quelques traits : l'emploi commun aux deux écrits du terme faire (xoieiv), dans le sens de la locution : faire te mensonge, faire la vérité; du terme marcher (xepwraTeîv), pour désigner l'activité morale; de Texpression garder la parole ou tes commandements (roieîv, TTipciv Tov >ioyov, Ta; £vto>^) ; du terme si caractéristique par lequel est désignée l'identité du fait et de l'idéal, ^que nous traduisons par [véritable ikn^wùf;); des expressions avoir faim, soif (ii^ov, ircivav),pour indiquer les besoins profonds de Tàme ; du terme d'agneau pour désigner le Christ, avec cette différence que l'évangile dit cx[Avo;qui convient à la victime chargée du péché du monde, tandis que TApocalypse emploie le terme neutre d'àpvîov qui a quelque chose de plus ferme et convient mieux comme pendant du terme de ftnpiov par lequel est désignée la Bête (l'Antéchrist) du tableau apocalyptique; l'expression amen, ^<en, qui commence si souvent les discours de Jésus dans le l\^ évangile et qui se trouve transformée en nom du Christ dans l'Apocalypse (c Voici ce que dit l'Amen, letéuioin véritable, ^ III, 14); enfin l'expression de Parole ou

' Nous recommandons à nos lecteurs l'étude de Niermeyer sur ce sujet (voir p. 26).

ââO L*0R1G1NE DU QUATRIÈME ÉVANGILE.

Parole de Dieu, commune aux trois écrits johanniques e qui, dans tout le Nouveau Testament, n'appartient qa'i eux seuls (év. 1, 1; l^c ép. I, 1; Apoc. XIX, 1;)), comme s elle devait constituer entr'eux un ipdissoluble lien; etc. S l'on veut se faire une idée des analogies de style eotn révangile et TApocalypse, que Ton étudie, par exemple, le tableau Apoc. VII, 15 à 17. Là on trouve réunies plusieurs des expressions caractéristiques du style johannique ilans l'évangile: habiter (sous la tente), cxr4voiïviv,év.l,ii; avoir faim, soif, év. VI, 35; V agneau, év. I, 29; puftrf, T:oi;/.aiveiv, év. XXI, 16 (roijjirlv év. X, 1-16); guider, i^nr yEîv év. XVI, 13. Ajoutez à ces traits communs la rareléd« particules et particulièrement du [uv si fréquent chez te auteurs grecs ; puis le rapport frappant entre les deux citations de la même prophétie de Zacbaric, Apoc. 1, 7 e' év. XIX, 37, avec correction toute semblable de la traduction des LXX, d'après le texte hébreu; et l'on devra sam doute reconnaître que ces éléments communs constateol l'identité d'auteur, tandis que les différences signalées plus haut répondent très-naturellement aux situations diverses dans lesquelles cet auteur a composé.

Mais on en appelle h d'autres difTérences plus importaii* tes, les différences dans la manière de voir. La conceptiot de Dieu n'est pas la même. Dans l'Apocalypse, Dieu n'esi que colère, justice vengeresse; dans l'évangile, il est amour — Mais on parait oublier que ce Dieu de l'Apocalypse, qo< l'on nous peint si terrible, est le Père qui essuie de samaà toute larme de nos yeux, et qui habite avec les honm^ <lans cette nouvelle Jérusalem où il vivra avec eux, corooM sous une tente (Apoc. Vil, 17 ; XXI, 3) ; n'est-ce pas assfl tendre? Et d'autre part on n'oublie pas moins que la ro/eré du Dieu de l'évangile demeure sur celui qui désobéit au Fils, et que la mort est le sort éternel de ceux qui ont k

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diable pour père et rejettent le Fils (III, 36; Vlll, 34, 41); n'est-ce pas assez sévère? Si après cela un certain contraste subsiste, cela tient simprement à ce que Tévangile décrit la venue de Dieu en Christ, non pour juger, mais pour sauver (III, 47), tandis que l'Apocalypse décrit la venue de Dieu en Christ pour juger le monde, après que Tœuvre de la miséricorde s'est accomplie envers lui et lui a été pleinement présentée (év. XIX, 11; XX, 11-15).

On dit aussi : La conception de la personne de Christ diffère; dans l'évangile il est essentiellemeni Dieu, comtne Fils existant antérieurement à sa venue sur la terre; dans l'Apocalypse, il n'est Dieu que par communication, et comme ilessie élevé dans la gloire. Mais dans l'Apocalypse, Jésus est appelé le commencement et la fin, le premier et le der-nier; or ce sont là dans Esaïe des noms donnés à Jéhovahseul,el l'Apocalypse les- applique à Dieu lui-même; ce qui implique sa divine préexistence. Si donc il est appelé ailleurs le commencement de la création de Dieu, i ifyh ■^iÇ xTiçect); ToO ôeoO, III, 14, ce terme d'apyy) ne peut signifier: le premier créé, une créature antérieure à toutes les autres, pas plus que le terme b dernier ne peut signifier le dernier venu. Ce mot signifie le principe d'où émane toute création; eomme le dernier signifie le but auquel tend et revient toute la création. Christ est l'anneau par lequel toute la chaîne des ôtres créés tient à Dieu et quant à son origine el quant à son terme. C'est exactement là l'idée du Verbe ^Jans le prologue de l'évangile. C'est ce qu'exprime non rooins évidemment ce nom : le vivant, o^wv, qui lui est lionne 1, 18; comp. év. I, 4: « En lui était la vie, » et V, 26. D'autre part, il est certain que l'Apocalypse renferme 'idée de la subordination du Messie à Jéhovah, I, 1 : « La révélation de Jésus-Christ que Dieu lui a donnée; > (comp. V, 4 et 5 et ailleurs). Mais l'évangile enseigne exactement

(le la même manière. Jésus ne dit-il pas, XIV, 98 : cMc Père est plus grand que moi; » V, 36 : c Le Père lai donné d'avoir la vie en luf-méme. » Les termes mêmes ( Parole et de FiU impliquent la subordination.

La doctrine de la justification est identique dans Tévai gile, dans l'Apocalypse et dans la première épitre; cliacii doit le reconnaître. H n'est pas plus question de la di concision et des œuvres légales dans l'Apocalypse que \ elles n'eussent jamais existé; la justification est gratuite ( acquise par la foi. € Le salut descend du trône, i comm une œuvre accomplie, un don divin. La sanctification de fidèles est le fruit de la foi ; c'est dans la foi qu'ils obseï vent les commandements, XXll, 9. Cette idée est exprimé figurément par celte image : laver sa robe dans le son de t Àfineau.

Où donc se trouve le prétendu judéo-christianisme» d l'Apocalypse? On nous répond : dans la manière de conc( voir l'Eglise et le règne de Dieu. La Jérusalem terrestrecor tinue dans l'Apocalypse à être le centre du règne de IHeo les Juifs seuls en sont les réels citoyens; les païens croyan n'y sont que tolérés, comme des étrangers auxquels v veut bien accorder le domicile ; ils forment la i^lebs de ville sainte. Ainsi prétend Volkmar. Mais a-t-on des yei pour ne pas voir? Cette Jérusalem qui devient le centre d régne de Dieu (XXI, 10), ne fi descend-elle pas du ei d* auprès de Dieuf Est-ce là la Jérusalem terrestre? Ellcc appelée « le tabernacle de Dieu arec, avec qui? les Juifii non, avec les hommes > (XXI, 3). N'est-ce pas là le ph pur universalisme? Et pour ne laisser aucun doute SQ l'égalité parfaite qui règne entre les croyants, Juifs <

* Ce judéo-christianisme terreux, comme rappelait avec un su perbe dédaio Tua de no» modernes critiques français.

JEAW l'auteur. — OBJECTIONS. 333

païens, Taoteur ajoute : c Et ils seront ses peuples, et Dieu sera at^c eux, leur Dieu, i On allègue le chapitre VH, où les \M mille d'Israël, marqués du sceau du Dieu vivant, V. 3, occupent, dit-on, un rang supérieur à la multitude ianorobrable, de toute tribu, de tout peuple et de toute ian* goe, mentionnée v. 9. Mais ces derniers se tiennent devant le trône de l'Agneau ; ils sont vêtus de robes blanches, et portent des palmes dans les mains; l'Agneau les paît et les conduit aux sources d'eau vive, et Dieu essuie leurs larmes de sa propre main. Cette position est-elle réellement celle de simples tolérés, d'une plebs étrangère, sans droit de cité? Je soupçonne bien plutôt que ce sont ces innombrables croyants de toutes nations qui dans le ch. VII se trouvent élevés bien au-dessus des 144,000 Juifs, sur lesquels est apposé le sceau de Dieu. Marquer d'un sceau, c'est signaler son droit de propriété sur l'objet scellé. Ainsi Dieu met simplement en réserve, comme une propriété sacrée, ces 144,000 Juifs pour la lutte qui s'approche et dans laquelle ils auront à jouer un rôle important. Mais pour le moment ils ne sont pas même encore convertis. Ce n'est <iu'au ch. XIV que nous les trouverons réunis autour de ^Agneau, comme croyants (v. 1.2). Mais à supposer même que les païens convertis fussent représentés ici comme adjoints aux Juifs croyants, cette intuition ne différerait en nen de celle de saint Paul qui, Rom. XI, représente les Gentils comme des branches sauvages entées à la place ^les Juifs, les branches naturelles, sur le tronc du règne ^le Dieu ; elle ne différerait en rien de celle de lauteur '^im du quatrième évangile qui, ch. X, représente les '>rebis tirées du bercail israélitc comme le noyau du troupeau et les brebis appelées des autres bercails comme adjointes à ce troupeau primitif (v. 16). N'est-il pas évident, d'un bout à l'autre de la vision, que l'auteur sympathise

3â4 l'origine du quatrième évangile.

de toute son âme à Tœuvre de saint Paul chez les Gentils? N'est-ce pas cette œuvre qu'exaltent toutes ces descrip* lions, pleines d'enthousiasme, de la foi des Gentils, don? nous venons de rappeler quelques traits? Le livre respire d'un bout à l'autre le plus large universalisme paulinien. Mais, dit*on, l'auteur ne se trahit-il pas comme ennemi juré de Paul? N'est-ce pas sur cetapôtre que tombe cette expression de la lettre à l'église d'Ephèse : c ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, mais que tu as trouvés menteurs 1 (H, 2)? N'est-ce pas la condamnation de la doctrine de Paul qui se trouve renfermée II, 20: c Tu permets à cette femme Jézabel d'égarer mes serviteurs et de leur enseigner à commettre l'impureté et à manger des choses sacrifiées aux idoles » (allusion à 1 Corinth. VlII-X)? Bien plus, le faux prophète qui engage la terre entière à adorer la bête, c'est-à-dire l'empereur romain (XIII, ii et suiv.), n'est-ce pas Paul qui, Rom. XIII, 1, ordonne aux chrétiens d'être soumis aux puissances supérieures en enseignant que toute puissance établie vient de Dieu'? — Quoi? L'on suppose que l'auteur de l'Apocalypse aurait osé, dans une lettre à l'église d'Ephèse, appliquer à Paul, le fondateur de cette église, cette expression : c qui prétend être apôtre jet qui ne l'est pas, mais que tu as trouvé menteur ! i C'est bien le cas de répondre avec Luthardt : Qui dit trop ne dit rien. Quand l'auteur parle de manger des choses sacrifiées, il ne s'agit certes pas de ce manger tout pénétré de foi et de charité chrétienne qu'autorise Paul, 1 Cor. VIll-X, mais, comme le montre la relation étroite dans laquelle ce manger est mis avec Vimpureié^ des excès' auxquels se livraient certains membres de l'Eglise, quiabnsaient du principe de la liberté chrétienne, comme ceux qui

' C'est à Volkmar que revient l'honneur de cette découverte.

JEAN l'auteur. — OBJECTIONS. 385

disaient à Corinthe : Tout m est permis, et qui sous ce prétexte participaient aux repas célébrés dans les temples d'idoles, et se livraient à toutes les impudicités qui s'y pratiquaient. Ces libertins«là sont précisément ceux que Paul avait combattus à Corinthe I Cor. VI, 1-2; VIII, 10; X, 7-11. L'Apocalypse les caractérise, XXI, 27, comme i les impurs qui pratiquent l'abomination et le mensonge. 9 Et ce seraient Paul et ses disciples ! L'on sait que dans plusieurs sectes, chez les Ophites et dans l'école de Basilide, par exemple, on enseignait qu'il était permis de fnaoger des viandes sacrifiées, afm de se faire passer pour païen en temps de persécution. Etait-ce donc là le manger dont avait parlé saint Paul ? — Saint Paul serait enfin le faux prophète de l'Apocalypse, l'acolyte de la Bête, de l'Antéchrist, et cela en raison de Rom. XIII, 1-2? Mais l'auteur de l'Apocalypse trace lui-même aux chrétiens vis-à-vis de la Réte exactement la même ligne de conduite que Paul Rom. Xlll. c Si quelqu'un tue par l'épée, il périra par l'épée, > dit-il XIII, 10, faisant certainement allusion à la parole par laquelle Jésus avait condamné la résistance armée de ^lint Pierre aux autorités juives et romaines. Et pour qu'on Qe paisse pas douter du sens de cette parole, il ajoute : « C'est ici la patience et la foi des saints. » Ce qu'il demande donc aux saints en cas de persécution, c'est la résignation vis-à-vis de la violence persécutrice. La voie tracée par l'Apocalypse est donc la même que celle tracée par Paul, que celle tracée par Christ au moment de son arrestation à Gethsémané. Et Paul serait pour ce fait-là le faux prophète! Où s'égare la critique? — L'on a prétendu encore que '^-Apocalypse écartait Paul à dessein, lorsque, dans la description de la ville sainte, elle dit que les noms des douze apôtres étaient gravés sur les douze fondements de la mu- •"'aille; comme si ce nombre 12 n'était pas commandé et

3à6 l'origine du quatrième évangile.

exigé par l'harmonie du lableau et n'appartenait pas aa symbolisme d'après lequel les 1â tribus représentent constamment le règne de Dieu dans sa plénitude! — Rcstentles vues de l'Apocalypse sur la (in des choses. Elle judaise, dit-on, car elle propose à l'espérance chrétienne le règne de mille ans. Mais Niermeyer fait observer que c la durée du règne messianique n'a jamais été fixée par les docteurs juifs. > Ce chiffre de c mille ans > n'est donc nulleroenl une idée qui ait passé de la Synagogue à l'Eglise ; il s'est produit au sein de celle-ci. On reproche encore à l'Apocalypse de parler d'un jugement d après les œuvres {Wl^ 13: c Et chacun fut jugé d'après ses œuvres »). Mais Jeao et Paul le font à qui mieux mieux; Jean V, 29 : c Ceux qoi auront fait de bonnes choses ressusciteront en résurrectioi de vie, ceux qui en auront fait de mauvaises en résurrection do jugement. » Rom. Il, 6 : c II rendra à chacun selon ses œuvres. >- Autre méfait judaïsant : L'Apocalypse enseigne une première résurrection des justes (XX, 4-6). Mais Jésus le fait aussi (Luc XIV, 14*); Paul également (1 Cor. XV, 23), et le quatrième évangile peut-être aussi (V, 29, comp. avec 24). On objecte encore : La venue de Jésus dans l'évangile est purement spirituelle; dans TApocalypss c'est une Parousie extérieure et à grand fracas (encore uns expression de l'un de nos modernes critiques français). Ibis Paul aussi parle nettement d'une Parousie visible, accomptgnée de la résurrection des fidèles morts et de la transfo^ mation des fidèles vivants, au son de la trompette et à h voix de l'archange (1 Thess. IV, 16; 1 Cor. XV, 52); et l'auteur du quatrième évangile parle lui-même des morts qui à ce moment sortiront des tombeaux à la voix du Filsik Dieu (V, 28). Une venue tout autre que la venue en Esprit est impliquée dans la parole de Jésus citée XXl, S2 : <Si je veux qu'il demeure jusqu*à ce que je vienne. > D'antre

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part l'Apocalypse est bien loin de nier le retour de Christ efl Esprit, qui précède l'avènement extérieur: c Voici, je nie tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai vers lui et je souperai Sfee lui et lui avec moi, » parole complètement analogue à cette promesse dans l'évangile (XIV, 2â) : < Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et noas viendrons vers lui et ferons notre demeure chez lui. » Le contraste entre les deux écrits n'est donc que relatif. H provient non d'une dilTèrence de manière de voir, mais de l'opposition entre les sujets qui y sont traités. Ces deux ttjets se rapportent à la même œuvre divine : la substitution du règne de Dieu à celui de Satan dans l'humanité, lus ils retracent deux scènes différentes de ce divin drame: Tinc, la venue du Rédempteur opérant ici-bas le salut; Tintre, celle du Roi céleste consommant le jugement. Ces deux scènes ne se passent pas sur le même théâtre ; l'une * lieu au sein du peuple d'Israël; l'autre embrasse la lerre entière. Les acteurs, quoique identiques au fond, ne se présentent pas non plus, sous la même forme. Dans les <teux cas, nous retrouvons le Christ comme objet de la foi ; il foi, comme la main qui le saisit, et l'incrédulité, comme la main qui le repousse. Mais dans Tévangile l'objet delà foi est le Christ abaissé; la foi a pour représentants k$ disciples ; et l'incrédulité joue son rôle en la personne <les Juifs ; tandis que dans l'Apocalypse l'objet de la foi est fe Christ glorifié; la foi apparaît personnifiée dans tEfilise, ^tles représentants de l'incrédulité sont les Gentils, La seconde situation était do;in(fe par les faits aussi bienquelapre- Nère, et le même auteur pouvait les traiter toutes deux. Il lui ^oflfisait, pour se placer dans la première, de réveiller ses tonvenirs; pour entrer dans la seconde, d'ouvrir les yeux. Dienn'obligedoncà attribuer l'un des écritsà unauteur païen V Vol. 22

â38 L^ORTGlNE DU QUATRlÂME ÉVAHGlLB.

ennemi du judaïsme, eti'autre à un auteur juif acbi tre les païens. Les phases de la lulte sont égaleinei gués, quoique diverses. Dans TApocalypse corai révangile, le terme dès le commencement parait che, et pourtant le drame se prolonge d'une mani tendue. Ici le refrain est : cMais l'heure n'était pa venue. » Là, au terme des ^ix premiers sqeaux e premières trompettes, le pressentiment de la fii ncnte se produit chez les habitants de la terre, et la marche des choses recommence jusqu'à une cr velle. Dans tous deux aussi, double progrès sin d'un côté, la lumière divine luit avec un redov d'éclat, là chez les Juifs, ici chez les Gentils, de par l'endurcissement croissant des hommes, s'épa de plus en plus les ténèbres qui couvrent la tem sein desquelles doit se consommer, par un derniei violence brutale, la fin de la lutte extérieure. Ë deux parts la cause de Dieu, qui n a d'autre arnM résignation, succombe matériellement, là en la { de Jésus, ici dans celle de l'Eglise. Mais des de aussi cette défaite se transforme soudain en glorii toire, là par la résurrection de Jésus, ici par soi avènement et par l'élévation de l'Epouse sur le tn deux écrits sont donc, et par les sujets qu'ils traitei la tractation elle-même, comme les deux moitiés d unique. On s'explique par là aisément et leurs ha et leurs contrastes ; on comprend spécialement c tout ce qui se rapporte à In première venue du Seig traité dans l'un; tout ce qui concerne la seconde dans l'autre.

Pour mettre en contradiction l'un avec l'autre < ocrits, il faut, comme dit Luthardt, matérialiser Tu ces et spiritualiser l'autre à l'excès. Mais quelle G Ce n'est plus de la science ; c'est de la fiction. La •

JEAN l'auteur. — OBJECTIONS. 339

passe; mais les livres restent. Quand Niermeyer, qui admettait l'insolubilité du contraste entre la tendance des deux écrits, déclarait que c si la Jérusalem ierrestre pouvail être écartée du tableau apocalyptique, le livre tout en* Hcr se spiritualiserait par cela seul,» ou quand Baur ne craignait pas d'appeler le quatrième évangile c une Apocalypse spiritualisée, » ils rendaient tous deux hommage, sans le vouloir, à la vérité que nous exposons. L'idée de la Jérusalem terrestre, comme devant être la Jérusalem (i« oale, centre du règne de Dieu, est réellement absente du tableau apocalyptique, nous l'avons fait voir. La conclusion tirée éventuellement par Niermeyer entre donc en force. El s'il est absurde de supposer qu'une ville matérielle puisse avoir une muraille aussi haute qu'elle est longue et large, de manière à former un cube parfait d'une cinquantaine de lieues dans les trois dimensions*; s'il est non moins sbsurde de comparer une telle construction matérielle à une ^ouse parée pour un époux (XXI, 2); s'il est de toute évidence que cette forme symbolique rappelle celle du Lieu tressant et représente l'idée sublime de l'Eglise comme demeure spirituelle du Dieu trois fois saint, et si dans ce sens la comparaison de cette ville à une épouse parée pour son fiancé n'a rien que de très-raisonnable, il suit de là <iue toutes les autres images qui dépendent de celle-là, les portes, les murailles, la place de la ville, le fleuve qui l'arï^se et les arbres qui croissent sur les bords de ce fleuve, ^tc, ne peuvent être entendues que spirituellement; que la spirilualisation de l'Apocalypse est par conséquent la seule

înlerprétation légitime de ce livre, et que, puisque l'évangile n'est qu'une c Apocalypse spiritualisée,» comme l'a déclaré fiaur, elle est réellement identique, pour le fond, avec l'évangile. C'est ce que nous voulions démontrer.

' Douze mille stades, XXi, 16.

340 l'origine du QUATIIIËMB IÈVANGILE.

Après ce long examen, que reste-t-il des dillicaltés, pré-« tendues insurmontables, amassées par la critique moderne contre l'origine johannique de notre évangile? Certes noa< ne nous plaignons point de l'énergie de l'attaque qui a^ sert qu'à faire ressortir toujours mieux le bien fondé de la défense. Nous ne regrettons qu'une chose dans cette grande lutte critique, c'est que la dignité de la science n'en sorte pas entièrement intacte et que la gravité des procédés n'ait pas toujours répondu à celle du sujet.

Une dernière tâche nous reste : celle d'examiner à notre tour la valeur des hypothèses que Ton a essayé de substituer h l'antique tradition de la composition johannique.

Celui-ci propose comme auteur présumé ÀpollaSy qu'il considère en même temps comme l'auteur de l'épltre aux Hébreux ; c'est Tobler. Celui-là met en avant le presbyirt Jean, ce contemporain de l'apôtre à Ephèse, que nous révèle le passage connu de Papias; c'est M. Nicolas. UH. Renan, Weizsâcker et d'autres renoncent à indiquer un nom et pensent en général à un membre de Vicole de Jean, en Asie. Lûtzelberger présente comme candidat son Samaritain établi en Mésopotamie; enfin Baur, Hilgenfeld, Schollen, Keim, leur grand inconnu^ philosophe alexandrin, sémi-gnostique, c la fleur la plus brillante du siècle qui a suivi celui des apôtres, j» comme dit Keim. Entre tous ces critiques, MM. Nicolas et Weizsâcker occupent une place à part; car ils n'admettent pas que l'auteur ait eu V intention de se faire passer pour Tapôtre Jean. C'est rEjilise qui a commis rerreur.

iEAN l'auteur. — HYPOTHÈSES CONTRAIRES. 341

Quelle est la vraisemblance intrinsèque de toutes ces rpolhèses?

Celle de Tobler est immédiatement exclue: V Par la fiérence totale d'idées et de style qui sépare l'évangile de Ipitre aux Hébreux. Qu'on se représente la même plume srivant cette épitre et la première épitre de Jean I Cettç lison n'est valable sans doute que pour ceux qui, comme 'obier, attribuent à Apollos l'épitre aux Hébreux, i^ La loalité de témoin oculaire à laquelle prétend l'auteur le convient point au théologien alexandrin (comp. son arrivée sur le théâtre du christianisme, Acle^ XVllI, 24 et {uiv.). â^ Il serait impossible d'expliquer comment un écrit i important, provenant d'un homme aussi connu, aurait ^ passer universellement comme écrit de Jean. 4^" L'absence l'indices internes favorables à cette hypothèse n'est comi^sée par aucune donnée traditionnelle qui Tappuie. iossi son auteur en est-il resté le seul partisan. La supposition de M. Nicolas a pour elle l'identité de HMD des deux personnages; mais: l^' Cette circonstance l'aurait une véritable importance que si le nom de Jean était Qscrit en tête de l'évangile ou de l'épitre, comme il l'est 'Otéte de l'Apocalypse. Cela seul pourrait expliquer une méprise. 2° Si le presbytre Jean a existé, comme je l'admets i^ecM. Nicolas, il ne peut avoir été un personnage trèsconsidérable ; car Papias le place, dans l'énumération de ^autorités, après Aristion lui-même; et Polycrate qui, Itos sa lettre à Victor, désigne comme témoins éminents le la tradition apostolique en Asie, après les apôtres Phiippe et Jean, Polycarpe de Smyrne, Thraséas d'Euménie, igaris de Laodicée, Méliton de Sardes, passe sous si- ^ le presbytre Jean. S^ Les traditions que Papias et inée avaient héritées de ce presbytre ont un caractère ' millénarisme grossier, qui contraste avec la spiritualité

34i l'origink du quatrième évangile.

de notfc évangile et même avec la pureté du millénarisi de TApocalypse. 4° Ce presbytre Jean n'aurait pas manq de faire partie du cercle de disciples dont est procéd l'attestation du chapitre XXI, qui attribue le quatriéi évangile au disciple que Jésus aimait (v. 24). Que faudni il penser de son caractère, s'il était lui-même Fauteur d livre ainsi attesté?

Laissant de côté les fantaisies de Lûtzelberger, ooi passons au grand anonyme de l'école de Baur. Ici, non demandons :

1® Comment il a pu vivre dans le cours du II* siècle, no pas un génie apostolique — rien n'empêche qu'à cell époque un homme exceptionnel n'ait surgi — mais un g( nie apostolique qui soit demeuré absolument inconnu a milieu de toutes les médiocrités de l'époque. Nous coi naissons les écrivains illustres de ce temps. Ce sontCli ment de Rome, Polycarpe, Papias. Nous connaissons ans leurs écrits, par exemple cette merveilleuse épitre de Cl ment sur laquelle s'extasie Eusèbe (iirwToX^I [urfoLk-n ti t Oauaaçia) ; et nous devons dire que tous ces écrits ne so guères supérieurs à ce que serait une lettre pieuse d'i simple chrétien de nos jours très-médiocrement dos Quelle distance incommensurable entre notre quatrièr évangile et ces compositions patristiques! Et au milii de tous ces hommes excellents, mais sans originali saillante, aurait vécu un homme qui les surpassait to comme le génie surpasse la médiocrité, c la brilbM fleur de ce siècle ; > cet homme aui'ait pris une p active au mouvement de l'Eglise de son temps; il ann eu la prétention de le diriger et de le pousser dans m voie nouvelle ; il aurait travaillé au service de cette eau avec tout l'éclat de son génie; et cet homme exoej tionnel, tout le monde aurait ignoré sa présence; il avn

JEAN l'auteur. HYPOTHÈSES CONTRAIRES. 343

passé à Iravers son temps sans qu'aucun indice autre que notre évangile et la première épitre eût témoigné de son existence! On dit : Mais l'auteur du livre de Job? Mais celui de l'épitre aux Hébreux? Mais celui de l'épitre à Diogoéte? Ces hommes-là aussi sont restés inconnus. Mais quelle diflerence entre l'antiquité reculée à laquelle appartient le premier de ces écrits et ce II® siècle de l'Eglise sur lequel nous avons des renseignements si nombreux et si détaillés ! L'épitre aux Hébreux et celle à Diognète sont de simples traités, tandis que le quatrième évangile est une œuvre ecclésiastique de toute importance, qui ne pouvait manquer de révéler à l'Eglise la personne de son auteur. Ccst là une première impossibilité; nous l'appellerons

3^ Il en est une autre , de nature psychologique. A supposer qu'un théologien de l'Eglise du II<^ siècle eût pu entreprendre de substituer de son chef une intuition nou- ^le de la personne de Christ à celles qui, jusqu'à lui, avaient régné dans l'Eglise, n'aurait-il pas eu soin de se rattacher du moins, aussi étroitement que possible, au wdre généralement admis de sa vie extérieure? En substituant une histoire toute nouvelle du ministère du Seigneur à celle qu'avaient tracée les synoptiques, ne risquait-il pas fort inutilement de compromettre le résultat de son entreprise et de fermer l'accès de l'Eglise à la doc- Wne qu'il désirait y faire pénétrer? Weizsàcker l'a dit avec rsison : c Un auteur qui n'aurait écrit cet évangile que pour importer dans l'Eglise certaines idées, ne se serait

jamais hasardé à inventer une base historique si différente de celle que présentaient les traditions régnantes ^» M.Re- Qaa pense de même : c Un faussaire, écrivant, vers l'an

« Jahrb. fur d, Theol, 1859, p. 698.

344 L'ORiOlNË DU QUATRIÈME ÉVANGRB.

120 OU 13U, un évangile de fantaisie, se serait contenté de traiter à sa- guise la version reyue, comme font les évangiles apocryphes, et n*eùt pas bouleversé de fond en comble ce qu'on regardait comme les lignes essentielles de la vie de Jésus'. > Notre auteur est en tout cas un homoie intelligent ; il n'eût certainement pas agi à contre-fin.

3^ Que sera-ce, si de l'invraisemblance psychologique, nous passons à la difficulté morale? Nous l'avons déjà fait observer en examinant la crédibilité des récits et des discours. Voici un historien de la vie de Jésus qui donne, comme aliment à la foi de l'Eglise, une histoire et des paroles du Seigneur à la réaiité desquelles il ne croit pas lui-même et qui prétend que dans l'attachement à ce pe^ sonnagc ficlif et à ces discours fictifs se trouve la vie, oo qui, s'il croit à celle réalité^ accorde foi à une histoire el ù des paroles dont il est lui-même l'inventeur ! Ces procédés sont-ils d'un homme de sens? Bien plus : D'après l'école de Tubingue, cet homme calcule les moindres détails de sa narration de manière à se faire passer faussement pour l'apûti^e Jean et (selon Baur) pour l'auteur di l'Apocalypse. On justifie, au point de vue moral, cet ar* tifice en citant une foule d'exemples semblables de la lilr térature juive et chrétienne, et en alléguant le but pieoi que se proposait l'écrivain. Mais quel faussaire connu dans ce domaine en usa jamais avec l'objet de sa fictioB comme notre auteur le fait avec le sien? Les évangiles apocryphes brodent sur le thème universellement reçu. Us

^ p. Lxxv-Lxxvi. M. Reuan ajoute que cette manière d*agtr de Fauteur suppose un temps où nos synoptiques n'avaient poiot encore acquis une pleine canonicité; il oublie qu*à ses propres yeux le IV« évangile lui-même suppose la circulation déjà établie deees trois écrits et fait fréquemment allusion à leur récit comme généralement admis.

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se bornent à combler par des fables sans importance les lieimes laissées dans la vie de Jésus par nos écrits canoniques. L'entreprise de notre auteur serait tout autrement gme. Il ne s'agirait pour lui de rien moins que de substituer un Christ historiquement et dc^matiquement nouveau 1 celai des synoptiques. Peut-on comparer, au point de vue Boral, deux procédés de portées si différentes? Keimdit: c Notre a auteur a écrit dans la juste conviction que Jean écrirait précisément ainsi, s'il vivait encore de son temps » (p. 171). Hais Hilgenfeld déclare sans ambages que le but iIq faux Jean a été au contraire de détruire par son écrit l*œnvre judaîsante du vrai apôtre Jean et de remplacer le hapeau du christianisme légal par celui du spiritualisme Molinien que l'apôtre Jean avait travaillé à renverser K Se imir du nom d'un personnage historique pour détruire on œuvre et pour la supplanter par une œuvre opposée, ne telle fraude peut-elle réellement être envisagée comme Doocente? L'on soutient que l'ËgUse ne voyait en ce emps aucun mal à l'emploi de tels procédés littéraires, his il serait bien étrange que l'esprit de vérité que son ihef lui avait transmis n'eût pas énergiquement réprouvé e pareilles allures. Denys de Corinthe se plaignait amèrelent de cceux qui falsifiaient ses écrits comme ils le failient de ceux du Seigneur» et il les qualifiait de ministres 0 diable, et leur criait un : Malheur à'vous! — L'auteur a livre apocryphe intitulé les Actes de Paul et de Thécla, loDt le contenu général n'avait rien de choquant pour la oi , ne fut point envisagé et traité, au II<^ siècle, dans 'église d'Âsie-Mineure à laquelle il appartenait, comme innocent, il eut beau alléguer qu'il avait composé ce petit récit ' bonne intention et par amour pour f apôtre Paul (id se

* EiiU., p. 739.

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amore Pavli fecisse). TertuUien rapporte expressémeal > < qu'ayant été convaincu et ayant avoué il fut obligé de«e désister de son office de presbyti*e (c eanvictum akpie confessum loco decessisse. >j Cependant l'auteur de cette fable n'avait point emprunté un nom connu pour la publier, et ce petit roman ne contenait point un nouvel évangile destiné à supplanter à bien des égards les vrais évangiles^ mais une simple anecdote sur la personne de Paul. La fraude pieuse dans ce domaine a pu être pratiquée; elle n'a point été approuvée par le sentiment de l'Eglise. 4» Il reste une dernière invraisemblance : c'est que, dans de telles conditions, la fraude eût pu réussir. € Nooi ne trouvons nulle part, dit Weizsacker, la moindre trace (|u'une tentative ait été faite dans l'Eglise pour augmenter par de nouveaux évangiles, dans le cours du 11^ siècle, k nombre de ceux qui étaient déjà en usage > (p. 3^). On s'ei tenait, selon l'expression de l'évêque Sérapion et de Qéraeri d'Alexandrie, aux évangiles qui avaient été transmis. Pbi abondaient les œuvres des liérétiques, plus l'Eglise ètà sur ses gardes. Serait*il concevable qu'un livre aussi important que celui qui introduisait une nouvelle histoire Jt Jésus et qui, comme dit M. Renan, bouleversait de fondu comble la tradition reçue, n'eût eu, pour s'introduire, à lofr ter contre aucune opposition ecclésiastique, si la convio-

^ Dans de Baptismo. Baur a prétendu, il est Trai, que ce n'étiit pas pour la fraude en elle-même qu'il avait été puni, mais pan* que l'auteur du livre paraissait accorder aux femmes, cootrair^ ment à 1 Cor. XIV, 34. 35, le droit de prêcher et de baptiser. D est bien possible que ce soit cette contradiction avec rEcritareifl ait conduit les coU(*gucs du presbytrc à la découTertede la fctodi; mais TertuUien qui raconte le fait n'aUribue nullement à clUi contradiction avec Paul la destitution du coupable. Et comoeHli en eiïet, expliquer h ce point de vue de Baur Texcuse qu'il alléguait: se id amore PauU fecisse ?

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i origine apostolique n'eût reposé, aux yeux des des églises, sur une transmission complètement Ce serait, dit encore Weizsâcker, un phénomène stère tout à fait étrange que le chemin par- B un pareil temps par le IV^ évangile. » Sans i^ épilre de PieiTe a fini, quoique inauthentiobtenir place dans le «Canon. Mais combien cet peu important en comparaison d'un nouvel ÏX avec quelle persévérante opposition n'a-t-il itter dans TEglise elle-même jusqu'à ce que, à r® siècle, les synodes aient enfin consenti à Tad- (t exemple qu'on nous oppose est précisément tous opposons nous-mêmes à nos adversaires, cela nous concluons que le c grand inconnu, i» 1 critique contemporaine, n'est autre chose que pelle en mathématique une quantité imaginaire^ ude dire c le grand inconnu, » il faudrait parler grand méconnu^ l'apôtre Jean lui-même. Si Ités scientifiques que soulève l'opinion qui lui Wangile ne pouvaient même être entièrement e que nous ne pensons pas), elles ne seraient mparaison de celles qui pèsent sur toutes les tiens proposées.

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