CHAP. I. — PLAN DE L'ÉVANGILE
révéler comme Fils de Dieu, I-IV; 2. Jésus continue à se rendre témoignage h lui-même, en luttant avec Tincrédulité juive, V-Xll; 3. Jésus se donne complètement à la foi des siens, XIH-XX.
Luthardt, sur les traces de Baur, me paraît avoir pénétré mieux que personne dans l'esprit du livre et dans la pensée intime qui a présidé à la marche de la nurralion. Et néanmoins le point défectueux du plan qu'il propose, saule aux veux; il se trouve dans la dernière section. Comment faire rentrer le récit de la Passion dans la troisième section, intitulée : Jésus et les siens! Lulhardt se trompe certainement quand il confond en une seule masse des éléments aussi hétérogènes que ceux qui sont renfermés dans sa troisième partie, ch. Xlll-XX.
La division de Meyer me semble plutôt un pas rétrograde ^«'un progrés. D'un côté, elle élève des parties secondaires ^u rang de parties principales; par exemple, dans les onze premiers chapitres, que Meyer divise en quatre sections : ''.Premières révélations de la gloire du Fils, I, 1-11, 11; 2. Continuation de cette révélation en face de la foi et de ^ocrédulité naissantes. II, 12-1 V; 3. Nouvelles révélations ^t progrès de Tincrèdulité, V-Vl ; A. L'incrédulité parvenue ^ son faîte, VII-XI. D'autre part, Meyer réunit des parties ^ien distinctes en une seule, quand il confond ch. XIl-XX ^n une seule masse, intitulée : 5. la suprême manifestation ^e la gloire de Jésus, avant, dans et après la Passion.
M. Arnaud ^ est revenu à la division de P>engel, OIshauscn. Ebrard, d'après les voyages de fêle. Ainsi, entre le prolo- ^e et la résurrection, il signale cinq parties, d'après les ^tnq voyages indiqués par l'évangéliste : 1. H, 13 (Pâques); ^. V, 1 (fête non indiquée); 3. VU, 2 (Tabernacles); 4. X,
* Commentaire s^tr le N. T., t. II. 1863.
22 (Dédicace); 5. Xll, 1 (Pâques). Outre rinconvénient^ déjà signalé, d'effacer la ligne de démarcation distincte^ ment tracée par Tévangélisle lui-même entre ch. XII et XIIL^ . celle division a Celui de faire un hoi*s-d*œuvre de toute L^ partie du récit, si importante pourtant, qui est antérieure au premier voyage de fêle, 1, 19-11, 12.
M. F. DE RouGEMONT, daus sa Traduction du Commentaire d'Ulshausen^ 1844^ a tracé le plan qui, quant à la distinction et à Pordonnance des parties, me parait se rapprocher le plus de la vérité : 1 . Jésus attire à lui les âmes qui font la vérité, 1-lV ; 2. 11 se révèle au monde qui le rejette, V-Xll ; 3. Il se manifeste en plein à ses disciples, XUl-XVll; 4>. H meurt après avoir tout accompli, XVlll-XlX; 5. Il ressuscite et devient par le Saint-Esprit la source de la vie pour les croyants, XX. La seule défectuosité de cette disposition me parait résider dans Tiodication du contenu de certaines parties et dans Tabsence d'aoe relation logique distincte établie entre elles.
1^ revue qui précède a mis en évidence trois fadeur^ principaux dans la narration de notre évangile : Jésus, 1^ foi, rincrédulité; ou, pour préciser davantage, la manifes-' talion de Jésus comme Messie et comme Fils de Dieu; 1^ naissance, la croissance et la consommation de la foi cbe^ les disciples; le développement parallèle de l'incrédulité nationale. De Welle, Schweizer et Baur nous ont montré dans leurs plans les échantillons les plus remarquables de trois divisions fondées uniquement ou principalement sur Tun de ces facteurs. Mais ces tentatives ont toutes échoué. Nous avons vu ces cadres se briser successivement ftf rimpossibflilé d*Y faire rentrer l'une ou l'autre des parties du récit. Ce fait s'explique aisément, si notre évangile est un ouvrage de nature réellement historique. Un cadrera* lionnel appliqué à Thistoire doit toujours conserver quel-