‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 6 sur 91 · LES MOYENS TERMES · texte numérisé non relu

LES MOYENS TERMES

gesdu Ill« chapitre; enfin- les discours des chapitres XIV- XVII, en en retranchant les portions dialoguées et les éléments narratifs.

ScHWEizER a essayé d'un autre mode de triage K Ce sont, selon lui, les narrations qui ont la Galilée pour thédtre qu'il faut éliminer de l'écrit johannique ; elles auraient été ajoutées plus lard pour faciliter l'accord entre le récit de Jean et celui des synoptiques. Schenkel proposa d'envisager les discours comme l'œuvre primitive, formant un tout, elles parties historiques comme ajoutées postérieurement*. Mais depuis que l'unité de composition de notre évangile à été victorieusement démontrée, on a renoncé à le diviser extérieurement en parties d'origines diverses. II y a bien, prétend Weizsàcker, une distinction à établir dans ce récit; mais elle n'est pas de nature quantitative ; c'est le récit tout entier, depuis la première à la dernière ligne, qui présente un double caractère : caractère historique d'un côté, spéculatif de l'autre. On en vient donc sur cette voie à faire de l'auteur lui-mcme deux personnages différents : l'un, le témoin, duquel sont provenus sous forme orale les renseignements qui constituent la substance du livre ; l'autre, le rédacteur, qui a recueilli ces renseignements de la bouche du premier et en a fait notre évangile. Ainsi Paulus, dans son compte-rendu de l'ouvrage de Bretschneider^, proposa d'attribuer la rédaction à un disciple derapotre Jean, disciple qui avait lui-même assisté au ministère du Seigneur en Palestine et qui composa cet écrit di-

* Das Ecang. Joli, nach seinem inneren Werth kritisch untersucht. 18-11. L'auteur a rt'iiré d(^s lors son hypothèse.

* Studien und Kritiken, 18-10 (compte-rendu de l'ouvrage de \V»-'i-s»*). Dans un ouvrage postérieur, il en fait une roniposition idéale datant de 110-120.

* Heidelberger Jahrbucher, 18*21.

(laclique dans le but de fondre la croyance judéo chrétienne au Messie apparu en Jésus, avec la notion du Logos telle que renseignait Philon.

C'est à peu près à cette idée que revient l'hypothèse qu'a développée M. Michel Nicolas*. Un dos membres de la société chrétienne d'Ephèse prit pour guide l'enseignement de l'apôtre Jean et traça un tableau de l'œuvre de Jésus- Christ. Cet écrivain serait le personnage qui, dans les petites épitres, s'intitule f ancien, et que l'histoire nous fait connaître sous le nom depresbytre Jean.

ToBLER constate également, à côté du caractère idéal de la narration, des traits vraiment historiques, les notices chronologiques et géographiques, par exemple, qui ne peuvent reposer que sur un témoignage très-exact. Le témoin serait l'apôtre Jean, d'après les renseignements duquel Apollos, l'auteur de l'épître aux Hébreux, aurait composé noire évangile, avant la fin du l^^ siècle*.

Dans la 13*^ édition de sa Vie de Jésus, M. Benan, après avoir scrupuleusement pesé les motifs en faveur de ces diverses hypothèses, aboutit à cette conclusion, qu'un sectaire à demi gnostique s'est fait à Ephèse le rédacteur des récits du vieil apôtre; peut-être possédait-il même des notes dictées par celui-ci et qui ont été les premiers matériaux de son travail. Ainsi M. Renan s'explique d'un côté les traits évidents d'authenticité et de l'autre les caractères non moins incontestables, à ses yeux, d'une composition postérieure et artificielle.

Weizs.*:cker*, enfin, dans un travail qu'il est permis d'appeler magistral, croit discerner, dans le texte même

* Etiides critiques sur la Bible; Nouv. Testament, 1862. » Die Evangelien-Frage, etc., 1858; Zeitschrift fur mssensch. Theol., 1860.

' Untersuchungen iiber die evangel. GeschicfUe, 1864.

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