‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 7 sur 91 · LES MOYENS TERMES · texte numérisé non relu

LES MOYENS TERMES

de l'évangile, les traces dune distinction entre l'évangéliste rédacteur et le témoin apôtre sur la foi duquel le premier raconte. Le rédacteur a élaboré avec soin ce qu'il avait recueilli des récits de Jean, et a cru pouvoir mettre dans la bouche de Jésus lui-même ce qu'il avait ouï raconter à cet apôtre de l'impression produite sur lui par la personne du Seigneur. On peut rapprocher de ce résultat certaines expressions sorties de la plume de Holtzmann dans les articles du Dictionnaire biblique de Schenkel*.

Nous terminons cet exposé en mentionnant encore la troisième édition de V Introduction au Nouveau Testament de Bleek, due aux soins de M. le professeur iMângold. Tandis que Bleek défend dans ce bel ouvrage Tauthcnlicité du quatrième évangile, son éditeur actuel- accompagne son argumentation de notes critiques très-instructives, qui mettent le lecteur au fait de tous les détails des discussions récentes, et dont la tenue est passablement sceptique. Les indices externes paraîtraient suffisants à l'auteur pour affirmer l'authenticité ; mais les difficultés internes lui paraissent, jusqu'ici du moins, insurmontablcs\

Cette longue énumération, dans laquelle nous n'avons fait rentrer que les travaux les plus marquants, prouve à elle seule la gravité de la question. Voilà bientôt un siècle que toutes les forces de la science sont déployées pour enlever ou défendre cette position. Autrefois déjà l'empereur Julien en signalait Timporlance capitale dans cette parole

* Bibellexicon, art. Evang. Joh., tomu II, 1869, et Johannes der Apostel, tome III, 1871.

« Einleitung in das N. T. von Fr. Bleek, 3«- Anll. von \V. Man- ^old. 1875.

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qui lui est attribuée : < C'est ce Jean qui, en déclarant que le Verbe s'est fait cbair, a fait tout le mal*. » La question joliannique est devenue la question décisive, non seulement dans le domaine critique, mais encore dans celui de la christologie, c'est-à-dire du clirislianisme lui-même.

Nous commencerons par traiter de t apôtre Jean ; nous étudierons ensuite révaiitjUe joluumique et ses caractères; nous terminerons en cherchant à résoudre le problème île t origine de cet écrit.

* Cyrille, Contra JuUanum.

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