‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 66 sur 91 · II. — Second yroupe : v · texte numérisé non relu

II. — Second yroupe : v

Le récit suivant semble fait pour désespérer par sa concision celui qui tente de se rendre compte des faits au point de vue extérieur. Le v. 44 n'exprime-t-il que Vinteniion de partir pour la Galilée? Ou bien indique-t-il un départ réel? Où et comment Jésus trouva-t-il Philippe, Nathanaël? Etaient-ils aussi en Judée parmi les disciples de lean-Baptiste ? Ou bien les rencontra- t-il à son arrivée en jalilée? — Evidemment, un pareil récit ne peut provenir )ae d'un homme préoccupé surtout de l'élément spirituel lans l'histoire qu'il raconte, et qui ne fait en conséquence lu'esquisser aussi légèrement que possible le côté extérieur les faits. C'est le caractère général de la narration du quarième évangile.

V. 44 et 45. c Le lendemain, il * résolut de partir pour a Galilée, et trouve Philippe; et Jésus lui dit : Suis-moi. \b Or, Philippe était de Bethsaïda, de la ville dWndré et le Pierre. i — Le sens naturel de l'aor. rfiCkrtfjt^, voulut, »st de marquer une volonté réalisée. Les mots : c// voulut HurUr et il trouve, » sont donc équivalents k \ ^Au mofient où il se décida à partir, il trouve...» La simple juxlalosilion des propositions est fréquente chez Jean {Introd. , p. 231). Celte manière de s'exprimer est inconciliable ivec l'idée que Jésus n'aurait rencontré Philippe que plus ard, en voyage ou même en Galilée. Philippe se trouvait

• T. R. lit ici 0 lr,aou; avec 5 byz, et le retranche avec 4 d'entre eux lans la proposition suivante.

dans les mêmes parages qu'André, Jean et Pierre, et sans doute par le même motif. Il importait à Jésus de s'entourer surtout d'hommes qui eussent subi la préparation du ministère et du baptême de Jean-Baptisle. — La notice du V. 45 est intercalée ici pour faire entendre que ce fut par l'intermédiaire des deux frères, André et Pierre, que Philippe fut mis en relation avec Jésus. D'un autre côté, le terme // trouve n'est pas compatible avec l'idée qu'ils le lui auraient positivement amené. Au moment du départ, Jésus le trouva probablement s'entretenant avec ses deux amis; sur quoi il l'invita à se joindre à lui avec eux. Les mots: € Sw's-fnof\i^ signiPient donc simplement : t Accompagne-moi dans ce voyage. 9 Mais Jésus savait bien ce qui devait résulter de ce lien une fois formé ; et il est impossible que cette invitation n'eût pas dans sa pensée une portée plus élevée. — Le verbe riôAy;<jev, désignant une volonté réfléchie, nous conduit à rechercher quel fut le motif de la résolution que prit Jésus de repartir pour la Galilée. Hengstenberg pense qu'il voulait s'accommoder aux prophéties qui indiquaient la Galilée comme le théâtre da ministère messianique. Cette explication donnerait à la conduite de Jésus quelque chose d'artificiel. Selon d'aatres, il voulait séparer son cercle d'activité de celui de Jean- Baptiste, ou bien aussi s'éloigner du siège de la hiérarchie qui venait de se montrer peu favorablement disposée envers le précurseur. Le récit subséquent 11, 12-22 conduit à une autre solution. Jésus devait inaugurer son ministère messianique à Jérusalem. Mais il devait attendre pour cela l'époque solennelle de la fête de Pâques. Auparavant donc il se décida à se rendre auprès de sa famille et à clore ainsi la première partie de son existence terrestre, la période de sa vie privée.

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