L'APOTRE SAINT JEAN
Jean dans la maison paternelle.
Il ressort de tous les documents que Jean était originaire de Galilée. Il appartenait à cette population du nord, dont Josèphe nous a fait connaître le caractère vif, laborieux, indépendant, belliqueux. La pression exercée sur la nation par les autorités religieuses siégeant à Jérusalem ne pesait pas au même degré sur celte contrée éloignée. Plus libres de préjugés, plus ouverts à Timpression immédiate de la vérité, les cœurs galiléens offraient à Jésus ce terrain réceptif que réclamait son œuvre. Aussi tous ses apôtres, à Texception de Judas Iscariol, paraissent-ils avoir été de celte province ; et ce fut là qu'il réussit à jeter les fondements de son Eglise.
Jean habitait ces bords du lac de Génézarcth qui aujourd'hui ne présentent plus à Tœil qu'une vaste solitude, mais qui alors étaient couverts de villes et de villages, possédant tous, selon Josèphe, plusieurs milliers d'habitants. Jean avait-il, comme on le dit souvent, son domicile à Bcllisaïda? C'est ce que l'on conclut de Luc V, 9, où il est désigné, ainsi que son frère Jacques, comme associé
de Simon; et de Jean I, i4, où Belhsaïda est appelée ht ville (V André el de Pierre, Mais on peut penser aussi à Capernaûm, qui devait n'être pas bien éloignée du hameau de Bethsaïda, puisqu'au sortir de la synagogue de cette ville, Jésus entre chez Pierre, qui, d'après ce qui précède, demeurait à Bethsaïda (Marc I, 29).
La famille de Jean se composait de quatre personnes à nous connues : son frère Jacques, qui parait avoir été son aine, car il est ordinairement noninié avant lui ; leur père, Zébédée, qui était pécheur (Marc I, 19. 20); et leur mère, qui doit avoir porté le nom de Salomé ; car dans les deux passages évidemment parallèles Matlh. XXVII, 50 et Marc XV, AO, où sont nommées les femmes qui assistaient au supplice de Jésus, le nom de Salomé est chez Marc l'équivalent du titre de : la mère des fils de Zébédée, dans Matthieu. Wieseler a cherché à démontrer que Salomé était sœur de Marie, mère de Jésus; d'où il résulterait que Jean aurait été le cousin germain du Seigneur *. Nous ne pouvons envisager cette hypothèse comme suflisamment fondée, ni exégétiqucment, ni historiquement. L'énumération Jean XIX, 25, dans laquelle Wieseler trouve quatre personnes : 1^ la mère de Jésus, 2" la sœur de sa mère, 3® Marie femme de Clopas et 4° Marie-Madeleine, ne nous parait en renfermer que trois, les mots : Marie ^ femme d^ Clopas, étant tout naturellement l'apposition explicative de ceux-ci : la sœur de sa mère (voir l'exégèse). Et comment nos évangiles ne présenteraient-ils aucune trace d'une parenté si rapprochée? Wieseler demande, il est vrai, comment deux sœurs auraient pu porter l'une et l'autre le nom de Marie. Mais rien n'empêche que le mot sœur ne soit pris ici, comme si souvent, dans le sens de belle-sœur. Ce sens est
Studien und Kritiken, 1840.