‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 73 sur 91 · V. 43 la preuve de la nécessité, non de la foi, mais d'une · texte numérisé non relu

V. 43 la preuve de la nécessité, non de la foi, mais d'une

révélation. Mais cette thèse est trop théorétique pour se

ratLicher directement au v. 12. Hengstenberg pense que

Jésus veut révéler ici sa divinité comme la première d'entre

les choses célestes que Nicodème ait à apprendre. Meyer

répond avec raison que la forme négative de la propos, ne

convient pas & cette intention. D'ailleui^ Jésus eût employé

dans ce cas l'expression de Fils de Dieu, plutôt que celle

de Fils de l'homme.

Le sens général de cette parole profonde est celui-ci : «Personne n'est monté au ciel, de manière à pouvoir vous en parler de visu, que celui qui en est descendu pour vivre avec vous comme homme, et qui même ici-bas y demeure toujours. 1^

Dans la première proposition, Meyer croit pouvoir faire abstraction, par rapport à Jésus lui-même, de l'idée spéciale de monter, pour ne conserAer que la notion générale de vivre dans. L'expression proviendrait de ce que pour tout autre que Jésus, vivre dans le ciel suppose qu'on a commencé par y monter. Voir un emploi semblable de ziitM Matth. XII, 4; Luc IV, 26. 27, etc. Néanmoins, le

* M B L Tl> Or. (1 fois) omettent \e^ mots o wv sv tw oapavw.

sens naturel est certainemeot d'appliquer Fidée de monter à Jésus lui-même. Seulement, il ne foui poinl penser ici à l'ascension, comme le font Augustin, Théophylacte, Bengel, etc. : € Personne n'est monté au ciel (et n'y montera), si ce n'est...» Il eût Tallu, dans ce sens, l'aoriste. Il n'est pas non plus néccssaii*e d'admettre, avec les Sociniens, un enlèvement de Jésus dans le ciel, par lequel il aurait été, durant sa vie, initié aux mystères divins. Il suffit de se rappeler, non seulement que tout le développement de Jésus n'a été qu'une initiation croissante à la pensée divine, mais surtout qu'à son baptême le ciel lui a' été rouvert; il a recouvré la conscience de sa dignité de Fils éternel. Le ciel est un étal avant d'être un lieu ; c'est- essentiellement la communion avec Dieu, la vue de Dieu et de toutes choses en Dieu, l'intuition de l'essence spirituelle des choses et la possession des vertus suprêmes qui déoonlent de cette connaissance. Comme le dit Gess : c être dans le Père, c'est être dans le ciel.» Subsidiairement sans doote, le mot ciel prend aussi un sens local ; car cet état de choses spirituel se réalise de la manière la plus parfeite dans une sphère quelconque de l'univers qui resplendit de toute la gloire de la manifestation de Dieu. Le sens moral du root ciel règne dans la première et la troisième proposition; le sens local doit y être ajouté dans la seconde, t Personne n'est monté...» signifie donc : Personne n'est arrivé k la communion avec Dieu et à la connaissance immédiate des choses divines et ne peut les révéler h d'autres^

Mais comment Jésus et Jésus seul a-t-îl été admis ion tel privilège? C'est que le ciel est son vrai lieu d'origine. Seul il y est monté, parce que seul il en est desoemia. i>e terme descendu implique chez lui la conscience d'avoir vécu personnellement dans le ciel (Gess). Ce mot désifroe donc plus qu'une divine mission ; il implique rincamation;

car il renferme la notion de la préexistence. C'est une gradation évidente sur la profession de foi de Nicodème (v. 2). — Les mots : celui qui est descendu, expliquent ceux-ci : est monté. L'intimité filiale à laquelle Jésus a été élevé ici*bas, repose sur son essence de Fils (1, 18; Matth. XI, 27 ; Luc X, 22.) — Le terme Fils de f homme fait ressortir la réalité de l'abaissement et de l'amour de ce céleste révélateur. AGn de pouvoir communiquer avec les hommes et les instruire des choses célestes, il s'est fait en plein leur semblable. C'est en Fils de l'homme que, remonté après être descendu, il parle de Dieu aux hommes.

Les derniers mots : qui est dans le cte/, sont maintenus dans le texte par Meyer, malgré les alex. ; et avec raison sans doute. Le retranchement peut avoir été l'eflet soit d'une omission accidentelle, soit de la difficulté de les concilier avec la proposition précédente; on pourrait moins aisément en expliquer l'adjonction arbitraire. Au fond, l'idée qu'ils expriment, celle de la présence actuelle de Christ dans le ciel, était déjà renfermée dans le parfait âva^^r«x8v, est montéj bien compris. Ce temps en eiîet ne signifie pas : a fait Pacte de monter (il y aurait l'aoriste) mais : € existe actuellement dans l'état d'un être (qui est) monté.» La présence de Jésus au ciel est purement spirituelle, nullement locale ; elle sert à résoudre le contraste «ntre est monté et est descendu. C'est la synthèse de l'antithèse précédente. Jésus vit actuellement dans le ciel (dans la communion parfaite du Père], mais comme un être qui y est rentré après en être sorti pour se faire fils de l'homme (XVI, 28). On peut donc dire que le Seigneur menait parallèlement deux vies, une vie terrestre et une vie céleste. Il vivait continuellement en son Père, c'était là sa vie céleste. Et, en vivant ainsi du Père, il se donnait incessamment aux hommes dans une vie réellement humaine. L'enseigne-

ment en paraboles, où les choses célestes s'enveloppent d'un vêtement terrestre, est l'expression frappante de ces deux vies simultanées, toutes pénétrées l'une de l'autre.

Quelques interprètes ont entendu ô c5v, «f/Mi>«Hansle ciel, D dans le sens de qui était (avant l'incarnation), ou dans celui de (jui sera (depuis l'ascension). Ces deux sens sont grammaticalement inadmissibles. Quant au second, cela est évident. Le premier est exclu par la relation avec le parfait (avaX-»>«v), qui est en réalité un présent. Pour exprimer cette idée, il eût nécessairement fallu la périphrase oç r.v (qui était). Li*cke voit dans o wv un présent perpétuel. Cette idée peut s'appliquer àl, 18, mais non à noire passage, où il s'agit du Fils de Vhomme. — Encore ici, Meyer prétond que Jésus explique la connaissance qui! a des choses divines par sa préexistence. Cette idée nest conciliable avec cette parole qu'en niant toute application de l'idée de monter à Jésus (voir plus haut), ce qui n'est pas naturel. La connnaissance supérieure de Jésus est au contraire présentée ici comme le résultat d'une initiation (est monté) qui a eu lieu pour Jésus durant le cours de son existence humaine et par laquelle il vit dans l'intuition immédiate et constante, quoique vraiment humaine, des choses divines. Et n'est-ce pas là, en effet, l'impression que produit chaque parole de Jésus : un homme qui voit le divin, tout comme nous voyons le terrestre. Jésus est donc le révélateur, descendu du ciel et remonté au ciel, des choses célestes ; c'est là le premier des secrets divins que Jésus communique à Nicodème. Le second c'est la fondation du salut par l'élévation de cet homme, non sur un trône, mais sur une croix, le prodige de l'amour divin envers le monde: V. 14-10. Ce plan de la rédemption est le contenu essentiel de la révélation annoncée v. 13.

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