‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 76 sur 91 · V. 31-36. «Am · texte numérisé non relu

V. 31-36. «Am

Et d'abord, l'origine de Jésus (v. 31) ; puis la divine perfection de son enseignement (v. 32-34); enfin sa dignité de Fils et son absolue souveraineté (v. 35). Le discours se termine par une application pratique (v. 36).

V. 31. € Celui qui vient (V en- haut ^ est au-dessus de tiïus^; celui qui est de la terre \ est de la terre et parle comme étant de la terre: celui qui vient du ciel, est au-dessus de tous^. » — Jean oppose l'origine céleste de Jésus à sa propre nature terrestre. "Avwôev, d' en-haut, s'applique ici, non à la mission — car celle de Jean est aussi d'enhaut — mais à Vorigine de la personne. Le tous dans awdessus de tous se rapporte aux employés divins. Tous sont destinés, comme Jean lui-même (v. 30), à être éclipsés par le Messie. Les mots trois fois répétés : de la terre, expriment énergiquement la spbère à laquelle Jean appartient et dont il ne peut sortir. La première fois, ils indiquent l'origine ((^ ix) : un simple homme; la seconde, le mode d'existence (icri) : il est et reste terrestre dans toute sa manière d'être, de sentir et de penser (comp. l'antithèse* V. 13); la troisième fois, ils se rapportent à son enseignement (katktt) : ne voyant les choses du ciel que d'en-bas, de son

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m PREMIÈRE PARTIE.

domicile terrestre, dans certains moments isolés et comme par des ouvertures partielles, même dans ses ravissements il n*en parle que comme un être terrestre. Il ne peut qu'inviter à la repentance, sans introduire dans le royaume. Celte appréciation deJean sur lui-même est conforme au jugement de Jésus Mattli. XI, 11 : €Le plus petit dans lernyawne des neu.r est plus f/rand que lui. » Et l'ébranlement de sa foi, qui a suivi de si près^ n'a pas tardé à en démontrer la justesse. — Après avoir ainsi mis à leur place vis-à-vis de Jésus tous les employés célestes, Jean revient au thème principal : Lui. Si Ton retranche avec les alex. les derniers mots de ce v. : est au-dessiLS de tous (ainsi que le et du v. suivant), il faut faire des mots : celui qui vient du ciel, le sujet du verbe : rend témoignaye, v. 33. Mais la leçon la plus pleine et la plus riche est aussi la plus conforme à l'esprit du texte.

V. 32. € £/* ce qu'il a vu et entendu, il en • rend iémf/nage : et personne ne reçoit son témoignaye. » — Le x», et, omis par les alex., n'est pas nécessaire. Les asyndetû sont fréquents dans ce discours. — De l'origine céleste de Jésus résulte la perfection de son enseignement. Il est en communion filiale avec le Père. Quand il parle des choses divines, il en parle en témoin immédiat. Cette parole est 1 écho de celle de Jésus au v. 11. En la reproduisant, le précurseur déclare que Jésus n'a rien affirmé sur lui-même qui ne soit l'exacte vérité. Par les derniers mots, il confirme le jugement sévère que Jésus avait poité sur la conduite du peuple et de ses chefs (v. 11). Cependant, en constatant, comme l'avait fait Jésus, l'incrédulité générale d'Israël, Jean ne nie point les exceptions individuelles; il les fait ressortir au v. 33. Mais ce qu'il veut dire ici par le mot

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personnCy c'est que ces exceptions, qui paraissent le tout aux regards de ses disciples (,c tous, ^ v. 36), ne sont à ses yeux qu'une imperceptible minorité. A l'exagération de l'envie, il oppose celle du zèle : c Là où vous dites : tous, moi, je dis : personne. > Il ne serait satisfait que s'il voyait le Sanhédrin en corps, suivi de tout le peuple, venir rendre hommage à l'époux de la communauté messianique. Alors, il pourrait aussi lui-même venir s'asseoir à ses pieds.

V. 33 et 34. € Celui tiui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est véridique; 34 car celui que Dieu a envoyé, dit les paroles de Dieu: car C Esprit ne [lui] donne ^ pas avec mesure. » — H y a néanmoins quelques croyants, et quelle n'est pas la grandeur et la beauté de leur rôle ! 2f poy^^^eiv : sceller^ légaliser un acte en y apposant son sceau. C'est là ce que fait le croyant par rapport au témoignagne divin ; en se rangeant parmi ceux qui l'acceptent, il a l'honneur d'associer une fois pour toutes sa responsabilité personnelle à celle du Dieu qui parle par son envoyé. En effet, ce certificat de vérité, décerné à Jésus par le croyant, remonte jusqu'à Dieu même. C'est ce qu'explique le v. 34 (car). Les paroles de Jésus sont tellement celles de Dieu que certifier la vérité de celles-là, c'est attester la véracité de Dieu même. Plusieurs pensent que l'idée de la véracité divine se rapporte à l'accomplissement des prophéties, constaté par la foi. Mais cette idée est sans rapport avec le contexte. D'après d'autres, Jean voudrait dire que croire en Jésus, c'est attester la vérité de la déclaration de Dieu, au moment de son baptême. Ce sens, assez naturel en soi, ne s'accorde pas avec le v. 34. La pensée profonde renfermée dans cette expression de Jean est celle-ci : En recevant les paroles de Jésus sur la foi à leur caractère divin, l'homme déclare hardiment que ce qui est divin ne peut

' T. R. 45 Mjj. Syr. lisent, après ôtôodiv, o Oso; omis par KB(^LTb.

être faux et proclame ainsi la véracité incorruptible de Dieu. — Il faut remarquer l'aor. icçpaywjev, a scellé: c'est un acte accompli. Et quel acte! Son seing privé, apposé désormais au document divin, a rendu à toujours le croyant solidaire de Dieu même. 11 y a évidemment de rexattatioo dans cette forme paradoxale par laquelle Jean exprime la grandeur de Tacte de la foi. Cette parole et plus encore les suivantes sont comme le paroxysme de son affirmation. — L'expression : quil a envoyé (qui rappelle le v. 17), doit être prise dans le sens le plus absolu. Les autres envoyés divins ne méritent qu'improprement ce nom : ils ne sont, en réalité, que suscités; pour être envoyé, dans le sens propre du mot, il faut être d*en-haut (v. 31). — On doit donner la même valeur absolue au mot : les paroks de Dieu. Lui seul possède la révélation divine complète, absolue; tous les autres, Jean-Uaptiste lui-même, n'enont que des fragments. — Et d'où provient ce caractère? De ce que la communication que lui fait incessamment l'Esprit, est sans mesure. Le T. R. lit, après Âi<^ok7iv, g Oeo; : «Dieu donne l'Esprit...» Mais les alex. retranchent unanimement ce sujet : Dieu ; et il est probable que c'est une glose tirée de la 1**® propos, du v. Tout en le supprimant, on pourrait le sous-entendre ; ce qui reviendrait au même pour le sens. Mais on peut aussi faire de l Esprit le sujet: l'Esprit ne donne à Jésus, ni la révélation ni aucune chose d'après une certaine mesure, comme aux autres messagers divins. Ainsi comprise, cette parole est l'expression de ce que Jean avait contemplé dans la vision du baptême : l'Esprit, sous la forme d'une colombe, c'est-à-dire dans sa /otalitéy descendant et demeurant sur lui. — Meyer, choqoé de l'ellipse du pron. aÙTô», à lui, a essayé de faire de cette parole une maxime générale, dans ce sens : c Dieu n'est pas obligé de ne donner l'Esprit que dans une certaine

CIIAP. III, 33-4i5. 315-

mesure ; > d'où l'application sous-entendue : 11 peut donc,, s'il lui plait, le donner sans mesure au Fils. Mais ainsi serait sous-entendu précisément ce qui devait être exprimé^ et exprimé ce qui aurait fort bien pu rester sous-entendu. Meyer en appelle au présent : donne, qui ne peut s'appliquer au don du Saint-Esprit dans le baptême, puisque ce don est un fait passé. Mais cette objection n'atteint pas notre explication actuelle (diflerente de celle de la l^^^ éd.); car il ne s'agit plus du don que Dieu a fait du Saint-Esprit, mais du don que l'Esprit fait incessamment à Jésus des paroles de Dieu. L'ellipse, du pron. aOrû, à /m, s'explique aisément : « l'Esprit [dœis ce cas] ne donne pas avec mesure [comme dans tous les autres], i»

V. 35. € Le Père aime te Fils et a mis toutes choses da^is sa main. » — Uasyndeton entre ce verset et le précédent pourrait se rendre par cette forme emphatique : «C'est qu'aussi le Père aime...i» Cette communication absolue du Père a pour principe son ineffable amour pour le Fils. C'est ici le point culminant de l'hymne messianique. Ces mots sont comme l'écho de cette divine allocution qui avait retenti aux oreilles de Jean-Baptiste : € Celui-ci est mofi Fils bien-aimé, » — Le terme ocYara, aime, est pris dans le sens absolu comme les expressions a envoyé et le^ parôles. — Jésus s'était servi du terme de Fils v. 16-18; le Ps. II l'appliquait déjà au Messie (v. 7. 12; toute autre explication nous parait insoutenable); Esaïe et Michée s'étaient exprimés d'une manière analogue (Es. IX, 5; Mich. V, S. S). Il n'est donc pas étonnant que ce terme soit employé par Jean-Baptiste. — De cet amour du Père découle le don de toutes choses. Quelques interprètes, partant du V. 34*, ont appliqué cette expression uniquement aux dons spirituels, aux vertus du Saint-Esprit. Mais l'expression dans sa main ne convient nullement à ce sens.

Sm PREMIÈRE PARTIE.

Il y a plutôt gradation sur le v. SA: tNon seulement FEsprit, mais toutes choses. i^ Par l'Esprit, le Fils règne sur le cœur des croyants; ce n'est pas assez; le Père lui adonné de plus la souveraineté universelle pour qu'il puisse faire servir toutes choses au bien des siens. C'est exactement la pensée que Paul exprime Eph. 1, 32 par cette tournure inti*aduisible : aùrov e^coscev xe^ a^Tjv vi?àp izœnoL tti èxx>r,riz. — La main est le symbole de la libre disposition. — Par là, Jean voulait dire : < Me plaindre d'être dépouillé par lui ! Mais il a droit à tout et peut tout prendre sans empiétement.» Et de là résulte l'application saisissante qu'il fait au monde entier, dans le verset suivant, de la vérité qu il vient de proclamer :

V. 36. f Celui qui croit au Fils, a la vie ëiemelle: mais celui qui désobéit au Fils, ne verra ^ point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » — Voilà la conséquence pratique que chacun doit tirer de la grandeur suprême du Fils. Ces derniers mots présentent une analogie remarquable avec la fin du Ps. II: ^Rendez hommage au Fils, de peur quil ne s* irrite^ et que vous ne périssiez sur cette voie, lorsque^ dans peu de temps^ s'enflammera sa colère: mais bienheurewv sont ceux qui se confient en lui.i^ Seulement, Jean commence par les croyants et finit par les incrédules; c'est un suprême avertissement qu'il veut laisser à ses disciples et à la nation tout entière. Jean déclare, comme Jésus l'avait dit à Nicodéme, que tout dépend pour chaque homme de la foi et de l'incrédulité, et que la valeur absolue de ces deux faits moraux provient de la dignité suprême de celui qui en est l'objet : le Fils. Ce nom explique pourquoi la foi donne la vie, pourquoi l'incrédulité attire la colère. — Le terme ô ar«i6wv, celui qui désobéit^ fait ressortir dans l'incrédulité le côté volontaire, la révolte. Le Fils

' N lit o'jx s/ et au lieu de ov»x o4>£Tat.

GHAP. m, a5. dt>. ;317

est le souverain légitime; rincrédulité est on refus desoumission. — Les mots: la colère demeurCy ont souvent été compris dans ce sens : La condamnation naturelle demeure, parce que l'acte qui seul eût pu Tenlever, celui de" la foi, n'a pas lieu. Mais ce sens nous parait faible et détourné et ne se rattache qu'imparfaitement à ce qui précède, il s'agit plutôt de la colère provoquée par le refus même de l'obéissance et tombant sur l'incrédule comme tel. N'est-il pas juste que Dieu s'irrite? Si la foi scelle la véracité de Dieu (v. 33), l'incrédulité fait Dieu meilleur (1 Jean V, 10). — Le fut. verra est opposé au présent a. Non seulement il n'a pas la vie actuellement; mais, quand elle sera déployée extérieurement, sous sa forme parfaite, celle de la gloire, il ne la contemplera pas; elle sera pour lui comme n'étant pas. Encore une parole qui implique toute Teschatologique évangélique. — Le verbefievei, demeure^ malgré sa corrélation avec le fut. oij^exai, verra ^ est un présent et doit s'écrire (iiv8i. Le présent demeure exprime bien mieux que le futur, demeurera^ la notion de permanence. Toute autre colère est révocable ; celle qui frappe l'incrédulité est sans retour. Ainsi l'épithète éternelle du premier membre retentit encore dans le second.

Sur le fait que nous venons d'étudier, voici le jugement de M. Renan : « Les v. H et suiv. jusqu'au v. 2 du ch. IV, nous transportent en pleine histoire... Ceci est extrêmement remarquable. Les synoptiques n'ont rien de pareil. Pour moi je trouve cet épisode très- vraisemblable » (p. 491). Quant au discour.w on peut l'appeler : le dernier mot de l'ancienne alliance. Il rappelle cette menace de Malachie qui termine l'A. T. : « De peur que je ne vienne et que je ne frappe la terre (V interdit, % Il convient donc à la situation donnée, qui appelait le précurseur à compléter ses précédents appels à la foi par un avertissement solennel contre l'incrédulité naissante. Il s'explique complètement pour le

contenu dans la bouche du Baptiste : !<> par la visioii, lors du baptême de Jésus (^v. 3^b. 35^); i^ par les paroles de l'entretien avec Nieodèine qui avaient été rapportées à Jean (v. 31. 32. »M)i: 3® par les réminiscences de l'A. T. ( v. 29. 36; comp. Ps. II. 7. 12 ; Malach. IV, fiV. 4« par les expériences personnelles du Baptiste (V. 27. 28. liO. 33. 34i\ Pour la forme il faut tenir compte l^de ce que le style de Tévangéliste traducteur a nécessairement un coloris aiialof^ue à celui de l'évangéliste auteur (i^ épltrei; i^ do ce que certaines formes du langage de Jésus avaient marqué <le leur empreinte le langage du rapporteur, de même que celui du Baptiste. {Infrod. I, p. 195 et suîv.^

Outre cela, chacune des deux parties du discours a ses signes particuliers d'authenticité: la première dans les paroles inimitables des versets 27, 29 et «K) : la seconde dans ces deux traits relevés par Beyschlag, et qui nase retrouvent dans aucun des discours de Jésus (^dans (vt évangile), pas plus que dans l'épltre de Jean : l'idi^ du Saint-Esprit comme inspirant à Jésus les paroles de Dieu, selon le mode de son action chez les propKètes [y. 34V' et la colère de Dieu (v. W). Le témoin de la scène du baptême se trahit enHn dans les expressions du v. 35, et sans le moindre calcul de la part de l'auteur, puisqu'il n'a pas même rapporté la parole de Dieu, dans la scène du baptême, dont Texpression du Baptiste est l'exacte reproduction : « Tues mon Fits bien aimé.^ — Aussi WeizsaM'ker dit-il lui-inénie (p. 268): t H y a dans ce discours des éléments de détail qui caractérisent distinctement le point de vue propre du Baptiste (v. 27, 34, 35 et 36). QufHe que soit la liberté de la reproduction..., on reconnaît que cette lik'rté ne va pas jusqu'à dissoudre la base historiquement donnée.»

Mais on objecte le silence des synoptiques sur ce prétendu l>aptême que Jésus doit, d'après Jean, a^'^ir pratiqué au commencement (^Keim, I, p. 612). — Jean semble avoir voulu prévenir <«tte objection dans le v. 24. La confusion des deux premierfi retours en Galilée avait entrahié dans la tradition synoptique 4!ette omission avec celle de toute l'époque à laquelle ce fait appartenait.

On demande comment le précurseur, s'il a reconnu si positivement Jésus comme le Messie, a pu continuer à baptiser à cfUé de lui, ou du moins ne s'est pas mis à baptiser en son nom. — On oublie qu'un prophète n'a pas le droit de changer Itti-mème soo

iiiamdat. La conviction personnelle de Jean ne changeait rien à son rôle oflicielleinent tracé. Appelé à conduire tout Israël à la foi au Messie, il était semblable au capitaine de vaisseau iqui ne quitte le navire prêt à sombrer, que le dernier et lorsque tout Téquipage est en sûreté. Quant à bapti.ser au nom de Jésus, il devait laisser ce soin à Jésus lui-même, qui s'acquittait de cette Uche par ses disciples. Jean continuait à baptiser de ce baptême de repentance, qui était la préparation normale de tout sincère Israélite au royaume messianique.

Mais, demande-t-on encore, comment, si Jean-Baptiste eût parlé ainsi de Jésus, ses disciples auraient-ils pu se constituer plus fcird en secte anti-chrétienne? — Un petit nombre seulement d'entre les innombrables baptisés de Jean assistaient à cette scène. Les autres s'étaient dispersés en toute contrée (comp. Act. XIX, 1 et suiv.). Et parmi ces témoins eux-mêmes, combien n'y en eut-il pas qui, ne possédant point une docilité complète, se firent de l'œuvre et de la personne du Baptiste un étendard qu'ils se complurent à élever en opposition à l'œuvre et à la personne de Jésus-Christ ? Ce serait beaucoup attendre d'un discours que de supposer qu'un sentiment de jalousie aussi profond que celui qui les animait et dont nous trouvons déjà des traces dans les synoptiques (Matth. IX, 14 et paraît.), eût pu être extirpé radicalement par un pareil moyen. L'hésitation de Jean-Baptiste (son (jxavSaXCÇecOai, se scandaliser, Matth. XI, 6) venait probablement de l'influence que ses disciples exercèrent sur lui soit ^vant, soit surtout pendant son emprisonnement (Matth. XI, i).

Il est diificile de croire que ce récit ait été écrit sans aucune allusion aux disciples de Jean, assez nombreux, paraît-il, qui circulaient en Asie-Mineure. Il ne faudrait pas conclure de là sans doute avec quelques critiques que le IV* évangile tout entier doive son existence à cette intention polémique. Mais on ne peut en faire complètement abstraction (comp. Introd.- \, p. 359), à moins d'admettre, avec Hollzmann, que tout ce récit n'est qu'un c tableau idéal » composé d'après Act. XIX, 1 et suiv., et destiné à figurer l'entrée normale de toute l'école du Baptiste dans l'Eglise du Christ (!). Comp. l'art. Johannes-Jilnger dans le Bihel-Lexicon de Schenkel, II, p. 328.

L'évangéliste ne parle pas de remprisonneiiient de Jeanliaptiste. Mais la parole de Jésus V\ 35 suppose la brusque disparition du précurseur. Celle-ci eul donc lieu bien peu de temps après ce dernier témoignage prononcé par lui en Judée (voir à lY, 1). L'évangéliste a omis ce trait, comme tant d'autres qu'il sait être bien connus de ses lecteurs et dont la mention ne rentre pas dans son cadre : le tableau du développement de la foi.

DKl XIÈME SECTION

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