‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 79 sur 91 · II. — Jésus et les disciples : v · texte numérisé non relu

II. — Jésus et les disciples : v

V. 27. « ïji-dcssus^ ses disciples arrivèrent , et ils s'étonnèrent* de ce qu'il parlait avec une femme: cependant, aucun d'entre eux ne dit^ : Que demandes-tuf ou: De quoi parles-tu avec ellefi> — Il existait un préjugé rabbinîque d'après lequel la femme n'est pas susceptible d'instruction religieuse approfondie : « Ne prolonge pas l'entretien avec une feiiune ; que personne ne s'entretienne dans

• M I) lisent £v Touicii au lieu d'cri TouTto.

* T. R. lit EOrj[xa'jav avec E S U V A \ la plupart des Mnn. Sali. etc. Mais X A B C D G K L M It. V},'. Cop. Or. lisent EOxjfxaÇov.

5 K D ajoutent a-jTo» après ««v.

la rue avec une femme, pas même avec sa propre épouse; <]u*on brûle les paroles de la loi, plutôt que de les enseigner 4IUX femmes» (voy. Ligtitfoot, a ce vei*set). Probablement les apôtres n'avaient point encore vu leur Maître se mettre au-dessus de ce préjugé. — On peut hésiter entre les deux leçons : s'étonnèrent (t6a!i(i.a<*av) et $* éionnai^ni (iOoujtarov). La première donne à l'étonnement le caractère d'an acte momentané; la seconde en fait une situation. — m£vtoi: « Cependant Tétonnement n'alla chez aucun d*entre eui Jusqu'à le porter à demander une explication. » — Zxtcîv, chercher^ demander, se rapporte à un service réclamé, comme celui du v. 10; XaXeîv, parler, à un enseignement donné.

Y. 38 et 29. « La femme laissa donc là sa cruche et s en ■alla à la ville et dit aux yens : 39 Venez, voyez un homm qui m'a dit toutes les choses que * jai faites ; ee ne serait point le Christ f^ — Elle laisse sa cruche : cette circonstance, en apparence insignifiante, n'est pas sans importance. C'est un gage de son retour prochain, la preuve qu'elle s'en va <^hercher du monde. Elle se constitue par là messagère, et comme missionnaire de Jésus. Quel contraste entre la vivacité de cette femme et le départ silencieux et réfléclii de Nicodèmc! Et quelle vérité dans les moindres détails de ce récit! — Toi; avôpciTcoi;, aux hof(imes : aux premiers qu'elle rencontre dans la place publique. — Il y a une grande naïveté dans l'expression : Toutes les choses que fat faites. Elle ne craint point de réveiller par cette expression des souvenirs peu flatteurs pour elle. — Elle formule sa question d'une manière qui semble préjuger une réponse négative (plTi, pourtant pasf) Le sens propre est donc : <L Ce n'est pourtant pas le Christ? » Elle croit plus qu'elle

' Au lieu de navra o^a, X B C It*»'*l Cop. lisent ravta a.

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ne dit, mais elle n'ose poser, même comme probable, une si grande nouvelle. Rien de plus naturel que ce petit trait.

V. 30. € Ils sortirent * de la ville, et iLs v(*tmient vers lui. > — Les Samaritains attroupés par elle arrivent en foule. L'imparf. ils venaient, opposé à Taor. iU sortirent, est destiné à faire tableau : on les voit accourant à travers les champs qui séparent Sychar du puits de Jacob. Ce détail historique donne la clef des paroles de Jésus qui vont suivre. La particule ojv (donc) doit être rejetée du texte, précisément parce que l'attention de l'écrivain se porte tout entière sur le: ils venaient^ qui suit.

V. 31 et 32. « Dans l*intervalle, les disciples le priment disant : Maître, mange, 32 Mais il leur dit : J'ai à manger d'une nourriture que vous ne connaissez pas. d — Le v. 31 se rattache au v. 27. — Les mots sv ^à tco (uraÇu, dam rintervalle, désignent le temps qui s'écoula entre i& départ de la femme et l'arrivée des Samaritains. — 'Epw- Tov signifie, dans le grec classique, interroger: il prend ici, comme souvent dans le N. T. et comme hnv dans TA. T., le sens àe prier, sans pourtant perdre entièrement son sens propre (demander s'il veut manger).

Depuis le commencement de son ministère, Jésus n'avait peut-être pas eu une joie pareille à celle qu'il venait d'éprouver. Cette joie l'avait restauré, même physiquement, c Vous me dites : Mange ! Mais je suis rassasié ; j'ai eu en votre absence un festin dont vous ne vous doutez pas. i> — 'Eyw, moi, a l'accent, en opposition à ^Jf^i;, vous: ils ont leur repas; lui, le sien. — Bpoyri;, proprement Tacte de manger, mais en y comprenant l'aliment qui en est la condition. Le mot abstrait convient mieux au sens spirituel de cette parole, que le concret [ip^fia, l'aliment.

* T. R. lit ojv après fiÇr^Xôov avec K A plusieurs Mnn. It«"i Sah. Cette j)arlicule est retranchéi^ par tous les autres Mjj. Vss. Or.

V. 33 et 34. e Les disciples se disaient donc les uns aux autres : Queli/u'un lui aurait- il apporté à manger f ^ Jésus leur dit : Mon aliment est de faire * la volonté de mon Père et d'achever son cpuvre, * — La question des disciples est proprement négative (piTi;) : c Quelqu'un ne lui a pourtant pas apporté....?» — Jésus explique le sens profond de sa réponse. H emploie ici ^^[t-oi, et cela en rapport avec la grossière interprétation des disciples. — La conjonction ïva, que je fasse, n'est point une simple périphrase de l'infinitif. Ce qui soutient la force de Jésus, c'est de se proposer continuellement, comme but, de faire...., d'achever.... — Le prés, rouo (leçon du T. R.) se rapporte à l'accomplissement de la volonté divine dans chaque moment; et l'aor. Ttktutaatù, à la consommation finale de la tache, qui n'aura lieu qu'au terme de cette obéissance incessante. La leçon des alex. et d'Origène (roiT^çw) gâte cette belle relation; elle est rejetée par Meyer, Tischendorf, qui comprennent bien cette fois l'infériorité du texte alexandrin. Le roir^cco est provenu d'une assimilation à Te^euoço). — Le rapport de bùcn^La, tiolonté, et d'epyov, œuvre, correspond exactement à celui des deux verbes. Pour que \ œuvre de Dieu soit achevée au moment suprême (XYU, 4), sans qu'il y manque rien, il faut que sa volonté de chaque moment ait été constamment exéc4itée. Jésus fait entrevoir par là aux disciples qu'en leur absence il a travaillé à l'œuvre du Père, et que ce travail l'a restauré. C'est cette idée qu'il développe, au moyen <rune image qui lui est fournie par la situation présente, dans les v. 35-38 :

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