V. 35 et 36. t ISe dites-vous pas, vous, quil y a encore
* Au lieu de -oio) que lit T. R. avec W Mjj. (y compris K; Mnn. Vss., 4)Q lit dans B D K L T b Or. (3 fois) notr.aro.
* Kti manque dans D L H 60 Mnn. Syr«»" Or. (parfois).
quatre mois^y jusquà ce quon fasse la moisson? Voici y je vous dis : Levez les yeux et contemplez les campagnes : elles sont blanches pour la moisson. 36 Déjà même^ le moissonneur reçoit le prix du travail et recueille le fruit pour la vie éternellèy afin que et^ le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble. » — Les versets suivants (35-38) ont offert de telles difficultés aux interprètes, que quelques-uns ont imaginé de les transposer, en plaçant les V. 37 et 38 avant le v. 36 (B.-Crusius). Weisse a supposé que le v. 35 appartenait originairement à un autre contexte. H faut avouer que les interprétations proposées par Lûcke, de Wette, Meyer, Tholuck, ne sont pas propres à lever les difficultés. Les uns y voient une prophétie de la conversion du peuple samaritain racontée Act. YIII; les autres les appliquent même à la conversion du monde païen tout entier et à l'apostolat de saint Paul. Dans ce cas, il n'est pas étonnant que Ton en suspecte Tauthenticité! Et si les paroles des v. 36 suiv. n'ont plus aucun rapport direct avec la circonstance actuelle, comment les rattacher à celles du v. 35, qui pourtant, d'après Lûcke et Meyer eux-mêmes, se rapportent à l'arrivée des habitants de Sychar auprès de Jésus? D'une parole marquée au coin de l'à-propos le plus parfait, Jésus passerait subitement à des considérations générales sur la propagation de l'Evangile! De Wette a été plus conséquent; il a résolument nié, contre l'évidence, le rapport du v. 35 à l'arrivée des habitants de Sychar. Cet embarras général nous paraît provenir de ce que l'on n'a pas suffisamment maintenu l'application des paroles de Jésus au cas actuel. On les a ainsi privées
* T. R. : T£Tpa{jLr,vov avec II seul au lieu de TETpaixTivo;.
* T. R. lit xai devant o Ospt^cjv avec 13 Mjj., — omis par N B C D L Tb It^'iiH Or.
' Le xai après iva est retranche par B C L T b U Or. (4 fois;.
35â PREMIÈRE PARTIE.
de leur point d'appui et dépouillées de leur à-propos et d'une partie de leur charme. C'est un entretien aimable el familier dont on a fait une prédication.
Le V. 35 renoue avec le v. 30, exactement comme le v. 31 renouait avec le v. 27. Jean veut faire comprendre qu'en ce moment se passaient simultanément deux scènes dont Jésus était comme le point de jonction : l'une, entre lui et la Samaritaine, qu'ignoraient complètement les disciples et qui allait aboutir à l'arrivée des Samaritains; l'autre, entre Jésus et les disciples, qui ne songeaient qu'au repas à prendre. C'est cette relation entre deux faits simultanés , et dont l'un est jusqu'ici étranger à la pensée de ceux qui jouent un rôle dans l'autre, qui fait le piquant de ce morceau. — Liphlfoot, Thohick, Lùcke, de Welle voient dans les premiers mots du v. 35 un proverbe : Une fois qu'on a semé, il faut attendre quatre mois jusqu'au moment où l'on peut moissonner, c'est-à-dire que les fruits d'un travail quelconque ne se recueillent qu'à la suite d'une longue attente (2 Tini. II, 6). Mais en Palestine ce ne sont pas quatre, mais six mois qui séparent les semailles (fin octobre) de la moisson (mi-avril). D'ailleurs, Tadv. gTi, encore^ a quelque chose de trop actuel pour appartenir à un proverbe. Puis, pourquoi mettre ce proverbe spécialement dans la bouche des apôtres fvov$)y plutôt que ilans celle de tout le monde? C'est donc ici une réflexion que Jésus attribue à ses disciples et qu'il sait ou suppose leur avoir été inspirée par la vue de la verdure naissante sur le sol fraîchement ensemencé des campagnes de la Samaric. Entre le puits de Jacob, au pied du Carizim, el le village d'Askar, au pied de l'Ebal, jusque bien avant dans la plaine de Mokhna, s'étendent de vastes champs de blé. En contemplant ce riant spectacle, les disciples se disaient entre eux : « Encore quatre mois
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jusqu'à ce que ce blé soit mûr! d Comme la moisson se fait vers la tin d'avril, ce détail suppose que l'on était alors vers le milieu de décembre, et que Jésus était par conséquent resté en Judée depuis la fête de Pâques jusqu'à la tin de l'année, c'est-à-dire huit mois entiers. — Les mots : Vous dites, opposent le domaine de la nature, auquel s'applique cette réilexion des disciples, à la sphère de TEsprit dans laquelle se meut la pensée de Jésus. Dans cette sphère supérieure, la semence n'est point nécessairement soumise à un aussi lent développement. Elle peut germer et mûrir comme en un instant. En voici une preuve frappante dans ce moment même : 'lÂou, tmci! Ce mot attire l'attention des disciples sur un spectacle complètement inattendu et incompréhensible pour eux, mais dont Jésus, lui, a le secret, ainsi qu'il le leur fait entendre par ces mots : Je vcms dà. — L'acte de lever les t/eiiœ et de contempler auquel il les invile, serait, selon de Wette, purement spirituel : Jésus les engagerait à se représenter k l'avance par la foi la conversion future de celte peuplade. Mais rimpér. ^eacacôe, contemplez, doit se rapporter à un objet déterminé et perceptible. Puis les quatre mois étant désignés comm^ un très-long intervalle, en comparaison de ce qui se passe dans le domaine de l'Esprit (comp. le encore et le déjà), ce contraste ne permet pas de penser qu'il s'agisse d'une moisson spirituelle qui n aura lieu que dans bien des années, comme la conversion des Samaritains, racontée Act. VIll. Le fait auquel se rapportent ces mots ne peut donc être que celui qui a été mentionné plus haut, l'arrivée des gens de Sychar. L'on comprend ainsi Timparf. ils venaient (v. 30), qui laissait l'acle inachevé et faisait tableau. Voilà le spectacle auquel 'Jésus rend ici les disciples attentifs. Ces Ames avides, qui accourent disposées à croire, Jésus les représente sous l'image
d'une moisson jaunissante, toute prête déjà à être recueillie. Et, en pensant au peu de temps qu'il lui a fallu pour préparer une telle récolte dans ce lieu jusqu'ici étranger au règne de Dieu, il est lui-même saisi par le contraste entre le temps très-long (cinq à six mois) qu'exige la loi de la végétation naturelle et le développement si rapide de la semence dans le monde spirituel ; et comme encouragement pour ses disciples, dans leur vocation future, il leur fait remarquer cette différence. — Le rM^ déjày pourrail être envisagé comme terminant le v. 35 : «Elles sont blanches pour la moisson déjà, t^ Ce mot formerait ainsi le pendant de 6Tt, encore, du commencement du verset. Luthardl fait observer avec raison que 1 Jean IV, 3, rièr^ est placé de la même manière «^ la iin de la phrase. Mais ce mot a un sens beaucoup plus déterminé, si, comme nous l'avons fait dans la traduction, on le place en tête du verset suivant: r^fï xai, déjà même.
11 y a en effet, entre le v. 35 et le v. 36, un rapport de gradation qui trahit une exaltation croissante de joie dans le cœur de Jésus. « Il est si vrai, dit-il, que déjà la moisson est mûre, qu'à cette heure même le moissonneur n'a qu'à prendre sa faucille et récolter, afin que et le semeur et le moissonneur célèbrent cette fois ensemble la fête de la moisson. i^ — Dans le contexte ainsi compris, Tautheoticité du xaî, et (après /îStî), est manifeste. Origène a été ici encore un correcteur malheureux. Avec bien d'autres avant et après lui, il a rapporté yîSyî, déjày à la phrase précédente ; puis il a retranché le xai (et ou même)^ afin de pouvoir donner au v. 36 le caractère d'une maxime générale. De là la fausse leçon des alex. qui omettent xat. — Le nfoissonneur, d'après le v. 38, doit désigner les apôtres. L'expression (ikjôov ).a(jL6avfiiv, recevoir le priœ du travail, caractérise la joie dont ils sont remplis, lorsqu'il leur est
donné de recueillir des âmes dans le royaume des cieux. Cette expression est expliquée par celle de cuvayeiv xaprov, rassembler le fruit, qui suit immédiatement. Peut-être s'agit-il de l'acte du baptême (v. 2) par lequel ces nouveaux frères, les Samaritains, vont être re^us par eux dans la communauté messianique et amenés à la vie éternelle.
Jésus invite le moissonneur (les disciples) à se mettre à l'œuvre immédiatement. Pourquoi? Afin qu'en ce jour il arrive une chose qui ne se voit point d'ordinaire : c'est que et le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble. Ceux qui appliquent l'image de la moisson à la conversion future de; Samaritains par les apôtres, ou à celle du monde païen par saint Paul, sont obligés de rapporter la joie commune du semeur (Jésus) et du moissonneur (les apôtres) au triomphe céleste, dans lequel le Seigneur et ses serviteurs se réjouiront ensemble du fruit de leur travail. Mais d'abord cette interprétation ne permet plus d'établir aucun lien naturel entre le v. 35 et le v. 36. Puis le présent yj^i^y se réjouisse, se rapporte plus naturellement à une joie actuelle (contre Meyer). Lulhardt cherche à échapper à la difliculté en donnant à ô;xoD, ensemble, un sens purement logique : /'un aussi réellement que Vautre. C'est supprimer par une explication forcée de oaoO, ensemble, l'idée qui fait précisément le charme et l'à-propos du passage. Jésus voit dans ce jour une fête improvisée que le Père lui a préparée et dont il va jouir avec ses disciples. En Israël Jésus sème, mais il n'a jamais la joie d'assister lui-même à une moisson. Quand la récolte aura lieu (à la Pentecôte), il ne sera plus là. Ici, au contraire, par sa rencontre providentielle avec cette femme, par la docilité et par l'empressement de cette population qui accourt, Jésus voit lever et mûrir en un clin-d'œil une riche moisson qui, sous ses propres yeux, à lui, semeur, peut être recueillie
déjà par le moissonneur, de sorte qu'une fois au moins^ en sa vie, le semeur peut partager la joie de la moisson. Cette simultanéité de joie, tout à fait exceptionnelle, est fortement relevé'e par le ojjloO, ensemble, ainsi que par les deux xai {il et le semeur et le moissonneur»), de sorte que, encore ici, la leçon d'Origène et des alex., qai retranche le premier de ces deux xai, a tout gâté. Pour comprendre complètement le sens de cette belle parole, il faut se rappeler comment l'A. T. établissait une opposition entre la fonction du semeur (réunie à celle du laboureur) et Toflice du moissonneur. La première était envisagée comme un pénible labeur. Ps. CXXVI, 5. (> : f Ceux qai sèment avec larmes,.,. Celui qui porte la semence en terre ira en pleurant,,, r> L'office du moissonneur était au contraire envisagé comme une fête : « Ils moissonneront avec chant de triomphe ... Il reviendra avec des cris de joie quand il rapportera ses gerbes.» Mais en ce jour-ci, par la rapidité avec laquelle, la semence a germé et mûri, le semeur se trouve associé aux cris de joie du moissonneur. C'est là ce qui explique la construction par laquelle le verbe yaip*/; est beaucoup plus étroitement lié, dans la phrase grecque, avec le premier sujet o çTTgipwv, le semeur, qu'avec le second o Ôepiïtov, le moissonneur : a Afin que le semeur se réjouisse en même temps que le moissonneur. >
V. SI et 38. « Tar c'est bien ici le cas dans le^/uel est vraie la parole^: Autre est le semeur et autre le moissonneur. 38 Je vous ai envoyés* moissonner ce t/ue vous n'avez pas travaillé: d'autres ont travaillé , et voius êtes entrés dans leur travail. » — D'après Tholuck, Jésus serait affligé à la pensée qu'il n'assistera pas lui-même à la conversion
* L'art, o devant xkrflivo; ih^t retranche par B(jKL1 quelques Mnn. Hëracl<^on Or.
* H D lisent «nETraXxa au lieu (i'angTrEiAa.
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des païens, après l'avoir préparée, et c'est à cela que se rapporterait ce proverbe. M. Astié paraît être du iiiéine avis. Peut-on réellement attribuer au Seigneur une impression de ce genre, surtout dans ce moment où son cœur s'épanouit à la plus douce joie? Jésus vient de distinguer très-nettement (v. 36) entre le senteur et le moissonneur. C'est cette distinction qu'il confirme au v. 37 par un proverbe Israélite, dont il rectifie cependant Tapplicalion vulgaire. Quand, en effet, on dit dans le monde : <c L'un sème, l'autre moissonne, » on veut exprimer cette expérience : que rbomme qui fait le travail est rarement celui qui en recueille le fruit : Sic vos non vobis,,. Ainsi compris, le proverbe est un sarcasme à l'adresse de la Providence. Mais il y a cependant quelque cliose de vrai dans cet adage lorsqu'on l'applique au règne de Dieu. Il y a réellement dans ce domaine des ministères distincts, des rôles diflérenls assignés par Dieu même (1 Cor. XU, 5), de telle sorte que, comme le dira le v. 38, l'un peut moissonner ce que l'autre a semé, sans que pourtant celui-ci ait le droit de se plaindre, puisque dans ce domaine les uns et les autres travaillent, non pour leur intérêt propre, mais pour la même cause et pour le même Maître. — 'Ev to'jtw, en ceciy pourrait signifier, dans la splière dont il est ici question, celle du royaume de Dieu. Mais il est plus naturel de faire porter le to'jtw, comme si souvent cbe^ Jean, sur le ÔTi qui suit : en ceci, c'est-à-dire, quant à cette distinction c^ établir entre semeur et moissonneur, il est vrai le proverbe qui dit: <i Autre est, etc. )> — *A>.riôivo;, non dans le sens d'aV/;Ôy(;, qui dit vrai (de Wette), mais dans le sens johannique ordinaire dans lequel ce mot désigne le fait qui réalise fidée de la cbose ; ainsi : et Cette parole est la vraie parole à prononcer sur ce sujet. » Le retranchement de l'article 6 chez les alex. forcerait seul à
donner à a>c7i6ivo; le sens A'i'kTiHç. Mais c'est encore ici une faute manifeste de ce texte patronné avec tant de partialité par Tischendorf.
Le V. 38 est l'application à la relation entre Jésus et ses apôtres, de la distinction entre semeur et moissonneur. Dans toute leur carrière, les disciples ne feront autre chose que moissonner ce qui a été douloureusement semé par (C autres. Ces derniers sont sans doute Jean-Baptiste et Jésus lui-même, ces deux serviteurs qui ont douloureusement creusé le sillon et arrosé de leur sang la semence qui y a été déposée. Mais il me parait difficile qu'en parlant de la sorte, Jésus ne continue pas l'allusion au fait qui venait de se passer en ce moment même, et qui était comme une illustration du rapport futur entre son travail et celui des apôtres : ^ Comme vous allez moissonner ici, à Sychar, ce que vous n'avez pas semé, il en sera de même dans toute votre œuvre apostolique. » Je vous ai envoyés moissonner^ dit-il. C'est aussi ce qu'il vient de faire en les invitant à accueillir les Samaritains dans le royaume de Dieu. Et qui a préparé celte récolle? Ce ne sont pas les disciples qui ne savent rien encore de ce qui s'est passé en leur absence; les autres^ dans le cas présent, ce sont Jésus et la Samaritaine qui, l'un par sa parole, Tautre par sa course empressée, ont préparé tout cela. Aux disciples de chercher quels peuvent être les auteurs de cet étonnant et rapide succès. Il y a là pour eux une énigme. Toute une population altroupée, accourant vers Jésus pour subir sa divine iniluence, — et, de plus, des Samaritains! Quel problème! Jésus semble jouir de leur surprise. Et c'est sans doute avec un aimable sourire qu'il leui* jette mystérieusement ce : D'autres ont travaillé. Voilà l'échantillon de ce qu'ils expérimenteront plus tard dans leur ministère. Les commentateurs discutent sur la question de savoir si,
par ce mot, d'autres, Jésus se désigne lui seul (Lûcke, Meyer, qui prend le d autres comme pluriel de catégorie), ou lui et les prophètes, ou lui et Jean-HaptLste, ou tous ces personnages moins Jésus (Olshausen). Dans l'application à l'ensemble de l'œuvre apostolique, il pense sans doute au précurseur et à lui-même. Mais, en faisant allusion au cas actuel, il pense certainement à lui-même et son agile messagère. Car il se plait a reconnaître la collaboration du plus faible agent qui consent à s'associer à lui (III, 11). — Les deux explications les plus curieuses sont certainement celles de Bauretde Hilgenfeld. Selon le premier, par le terme d'autres Jésus désignerait Tévangélisle Philippe, et par les moissonneurs, les apôtres Pierre et Jean dans le récit Act. VIII, 15. Aux yeux du second, le terme d autres désignerait saint Paul, et les moissonneurs seraient les Douze, qui cherchaient à s'approprier le fruit de son travail chez les païens. A ces conditions-là, il n'y a rien que Ton ne puisse trouver dans un texte quelconque. Tous ces sens forcés et les graves conséquences critiques que l'on croit pouvoir en tirer, ne proviennent que de ce qu'on n'a pas saisi, aussi bien du coté orthodoxe que du côté rationaliste, l'admirable à-propos de toutes ces paroles de Jésus, rapportées slriclement à la situation donnée.
La joie céleste qui remplit le cœur de Jésus dans tout ce morceau, n'a son analogue que dans le magnifique passage Luc X, 17-24. Elle prend mr^me ici, nous osons le dire, le «iractère de la gaîté. (Comp. VI. 5, 6.) Est-ce la faute de Jean, si M. Renan ne trouve dans le Jésus du quatrième évangile qu'un lourd métaphysicien?
m. — Jésus et les Samaritains : v. i:î9-42.
V. 39-42. (( Or un grand nombre d'entre les Samaritains de cette ville-lli crurent en lui », à cause de la parole de la
' K lt*''H Or. omettent eiç «utov.
femrne qui rendait ce témoignage: Il m'a dit tout ce que^ j'ai fait. 40 Lors donc que les Samaritains furent venus auprès de luiy iLs le pnaient de demeurer avec eux; et il demeura là* deux jours, 44 Et un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole. 42 Et ils disaient à la femme: Ce n'est plus ii cause de ton récit ^ que nous croyons: car nous l'avons entendu^ nous-mêmes^ et nous savons que c'est lui qui est véritablement le Sauveur du monde^. » — Voici la fête de la moisson annoncée v. 3li. Le semeur se réjouit avec les moissonneurs. Ce temps passé à Sychar laissa une impression ineftaçable dans le cœur des apôtres. La douceur de ce souvenir s'exprime dans la répétition des mots : deux jours y dans les v. 4(1 et 43. — A£, or, reprend le cours du récit après la digression des V. 31-38. — Quelle diilérence entre les Samaritains elles Juifs! Il suffit ici d'un miracle de science sans éclat pour disposer les cœurs à venir à lui, tandis qu'en Judée huit mois de travail ne lui ont pas procuré une heure semblable de rafraîchissement.
Le V. 39 nous a montré le premier degré de la foi : le renir à Jésus, comme résultat du témoignage. Les v. W et 41 nous présentent le degré supérieur, le développement de la foi par le contact personnel avec Jésus. Enfin la demande des Samaritains est le premier fruit de celte foi alfermie.
Le v. 41 signale un double progrès, l'un dans le nombre des croyants, l'autre dans la nature de leur foi. Ce dernier
> N B (^ L lt"''M. S\r. (iop. liscnl a au lieu de oaa.
* K S}r.: nap auToi; au lieu d'sxci.
•'* Au lieu de 'JTjV XaXiocv, B: XaXtav jou ; N D lt*"*î : or^v pLapT«>s'.xv.
* N Syr*^""^ ajoutent nap auTou.
* \(] Mjj. la plupart des Mnn. Il»''*ï Syr****» ajoutent, a>ec le T. R., o XotoTo;. Os mots sont retranchés par N B C. T b (|uclques Mnn. Iipiprique Vg, (^Qp, Syr^""" Or. Ir. Hëracléon.
>rogrès s'exprime dans les mois : à cause de sa parole, >pposés à ceux-ci : à cause du récit de la femme (v. 39); 1 est formulé d'une manière réfléchie dans la déclaraion du V. 42. — Les Samaritains réservent le terme plus prave de Xoyo; pour la parole de Jésus ; ils appliquent au )arler de la femme celui de \oLk\i^ qui n'a rien de dédail^neux sans doute (VIII, 43, où Jésus l'applique h ses proires discours), mais qui désigne quelque chose de plus îxlérieur, un simple rapport, une nouvelle. — Le verbe bcxxoaji^v, nous avons entendu, dans le grec n'a pas d'objet; 'idée se concentre sur le sujet aÙToi : « Nous sonunes nousnémes devenus auditeurs; » d'où la suite : «Et, romme elSy nous savons, td La leçon du Sina'H, : « Nous avons mtendu de lui (de sa bouche) et nous savons que..., » donlerait à cette profession le caractère d'une répétition exté- 'ieure et servile, opposée à l'esprit du récit. — L'expression : le Sauveur du monde, semble indiquer un progrés lans la notion du Messie chez ces Samaritains. Il s'agit de »alut, et non plus seulement d'enseignement (v. 25). Cette lénomination est peut-être en rapport avec ce mot de lésus à la femme (v. 22), que Jésus leur avait développé : i Le salut vient des Juifs. » Tholuck, Lûcke, suspectent la rérité historique de ce terme de Sauveur du monde, îomme trop universaliste dans la bouche de ces Samariains. De quel droit? Ces gens ne possédaient-ils pas dans eur Pentatenque la promesse de Dieu h Abraham : « loves les familles de la terre seront bénies en ta postérité, d i laquelle Jésus avait pu les rendre attentifs; et ne renaient-ils pas pendant ces deux jours d'être en conact direct avec la charité du vrai Christ, si opposée à la norgue particulariste du messianisme juif? Les alex. reranchent les mots 6 xpwTo;, le Christ. En faveur de ces nots, l'on peut alléguer que ce double titre serait le sceau
de l'union annoncée par Jésus (v. 23-24) entre les Samaritains (Sauveur du monde) et les Juifs (le Christ). Mais, d'autre part, il est plus aisé de comprendre comment ce terme a pu êlre ajouté que retranché.
L'accueil empressé que trouva Jésus chez les Samaritains est un exemple de l'effet qu'aurait dû produire l'arrivée du Christ parmi les siens. La foi de ces étrangers était la condamnation de l'incrédulité d'Israël; et ce fut sans doute sous cette impression que Jésus, après ces deui jours exceptionnels dans son existence terrestre, reprit le chemin de la Galilée.
TROISIÈME SECTION