NB lisent n9cy au lieu d'atoer
lui qu’à la condition de réaliser parfaitement la nouvelle loi de son être, comme Fils de l’homme. Gette loi, qui résulte de la solidarité dans laquelle il s’est engagé avec une race
déchue, est celle du don de sa vie; et la disposition con-
stante du Fils à se soumettre à cette obligation de l'amour est l’objet de la satisfaction infinie (&œyax&v) du Père. Cest dans ce sens que saint Paul appelle la mort de Jésus «une offrande d'agréable odeur» (Éph. V, 2). — Les derniers mots : (Afin de la reprendre,» ne peuvent être, comme ont cru Calvin, de Wette, un simple appendice exprimant le résultat de la mort de Christ. Rien n'autorise à donner à {va ce sens affaibli. D’un autre côté, il ne faut pas non plus mettre ces derniers mots tellement en relief qu'ils éclipsent l'idée dont ils dépendent: «Je donne ma vie.» Pour bien saisir le sens, 1l faut paraphraser : «(Mon Père m'aime, parce que je donne ma vie, et parce que je la donne afin de la reprendre.» Le dévouement du Fils qui consent à donner sa vie plaît infiniment au Père. Mais il ne lui plairait pas s'il n’était accompagné de la volonté bien arrêtée, de la part du Fils, de recouvrer cette vie qu'il a donnée. L’amour qui pousse un ami à s'exposer pour son ami, ne le poussera-t-il pas aussi à tout faire pour rejoindre cet ami, après l'avoir sauvé? Celui qui donne sa vie par amour, ne saurait le faire autrement qu'avec l'intention de ressusciter. Le dévouement qui n'aurait pas l'union pour but, serait de mauvais aloi et ne pourrait plaire au Dieu qui est amour.
Cette spontanéité absolue du Fils, cette libre disposition de lui-même, soit quand 1l meurt, soit quand il reprend la vie, est affirmée avec une nouvelle énergie au v. 18; et d’abord sous forme négative. Rien ne la limite. Ce n’est pas par impuissance que le berger succombera à la puissance ennemie, c’est parce qu'il viendra un moment où 1l consentira librement à sa défaite (XIV, 31); et pour être affranchi
après cela des liens de la mort, il n’aura de nouveau qu'à vouloir. Le mot obdets, personne, comprend toute créature; mais ne renferme-t-il pas aussi Dieu lui-même? Sans doute, en mourant le Fils obéit au décret du Père; mais il le fait librement, par amour (XIV, 31). Il s’est donné volontairement au Père, avant d'être donné au monde par le Père. — Les mots ééovolay ëxw, j'ai le pouvoir, sont répétés deux fois avec une intention marquée; car ils expriment la pensée essentielle de ce passage. Ils rappellent la parole de Jésus à Pilate XIX, 11: «Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi.» Jésus n'avait aucune obligation de mourir puisqu'il n'avait pas péché, et que la mort est le salaire du péché; saint, il avait la faculté de garder sa sainte vie. A plus forte raison, après l'avoir donnée, a-t-il le droit de la ressaisir; non que ce ne soit le Père qui la lui rende, comme cela est dit dans tant de passages; mais il n’a qu’à la réclamer pour l’obtenir; le trésor de la vie lui est ouvert, pour lui-même comme pour les siens, par l’amour infini du Père (XI, 42); il n'a qu'à étendre la main, pour y puiser. — On applique ordinairement les derniers mots : «J'ai recu cet ordre,» au commandement de mourir et de ressusciter qui lui à été donné par le Père. Mas cette idée affablirait celle que Jésus vient d'exprimer et serait contraire au mouvement de ce discours. Ne convient-il pas plutôt d'appliquer le terme éyroy au mandat avec lequel Jésus est venu sur la terre et qui consistait précisément dans la faculté de pouvoir mourir et revivre à volonté? Cette disposition libre de sa personne était le privilége dont il jouissait 1c1-bas; 1l l'appelle un ordre, évrokn, afin de couvrir du voile de l’humilité cette mcomparable prérogative.
Conclusion historique: v. 19-91.
V. 19-91. «Il y eut donc’ de nouveau parmi les Juifs une scission à cause de ces discours. 20 Plusieurs d’entre eux disaient: Il est possédé d’un démon, et il déraisonne; pourquoi l’écoutez-vous? 21 D’autres disaient: Ce ne sont pas là les discours d’un possédé; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles?» — Toujours le même résultat: la scission qui prélude au triage final. Comp. VII, 19. 30-31. 40-41; IX, 8-9. 16. Le mot rahuy rend attentif à la répétition constante de ce résultat. — Les mots: «Pourquoi l’écoutez-vous?» montrent avec quelle inquiétude le parti hostile observe l'impression favorable produite par les discours de Jésus sur les gens bien disposés. — La réponse de ceux-ci (v. 21) contient deux arguments juxtaposés. Le premier est l’expression immédiate de leur expérience. Le second, qui pourrait être lié au premier par un et d'ailleurs, est ajouté en vue des adversaires, sur lesquels les paroles de Jésus n'avaient pas produit la même impression.
Ainsi se séparent toujours plus dans le vaste enclos de la théocratie les brebis de Jésus d'avec la masse du troupeau; et au thème : Moi et vous, qui était celui du ch. VII, se substitue de plus en plus celui qui résume la situation nouvelle : Mo et les miens.