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5. Le T. R. avec 11 Mjj. et presque tous les Mnn. : éncovto. N B D L: Énsouoty.
des morts à la vie par la voix divine. L'identité de la formule qui commence ces deux v. 24 et 25 et l’asyndéton suffiraient déjà pour prouver qu'ils se rapportent tous deux au même fait. Seulement, Jésus emprunte ici à la résurrection physique les images par lesquelles il dépeint l’œuvre spirituelle qu'il va prochainement accomplir dans lhumanité. Il paraît faire allusion à cette magnifique vision d'Ézéchiel dans laquelle le prophète, debout au milieu d’une plaine couverte d’ossements desséchés, les rappelle à la vie par sa parole d’abord, puis par le souffle de Jéhovah. Ainsi Jésus se reconnaît lui-même comme le seul vivant au milieu de l'humanité gisant tout entière dans la mort. C’est exactement ce même sentiment qui lui dicte dans les Synoptiques cette parole : «Laisse les morts ensevelir leurs morts.» Or, au privilége de vivre se rattache pour lui, comme pour le prophète dans la vision, la mission de vivifier. — L’expression : («L'heure vient, et elle est déjà là,» est destinée (comp. [V, 23) à ouvrir les yeux de tous sur la grandeur de l’époque qui vient de commencer. Jésus dit: «L'heure vient,» car c’est proprement l’envoi du Samt-Esprit qui sera le signal de ce moment décisif; mais il ajoute : (Et elle est déjà là;» car l'action de l'Esprit accompagnait déjà la parole de Jésus pendant son ministère terrestre et préparait la Pentecôte. Comp. XIV, 17. — L'expression : «La voix du Fils de Dieu,» reproduit le terme «ma parole,» du v. 24, sous la forme qui convient à l’image employée dans ce verset : la parole de Christ est la voix de celui qui rappelle du tombeau. Et l'expression «Fils de Dieu» explique l'effet de cette voix : en elle vibre la puissance du Dieu créateur. — L'art. ot, devant axoÿoavres (ceux qui l’auront entendue), divise nettement les morts en deux classes : ceux qui entendent la voix sans l’entendre (comp. XII, 40), et ceux qui, en l’entendant, ont des oreilles pour l'entendre, l'entendent
véritablement. Ces derniers seuls sont vivifiés par cette VOIX.
Ceux qui rapportent ce verset à la résurrection des morts dans le sens propre, sont obligés d'appliquer les mots : «Et elle est déjà là,» aux quelques résurrections miraculeuses opérées par Jésus dans le cours de son ministère et d’expliquer les mots où axoÿoavtes dans ce sens : (Et, après l’avoir entendue...» La première de ces interprétations est bien invraisemblable. Comment Jésus eût-1il pu envisager ces résurrections miraculeuses comme la preuve que l’heure de la résurrection proprement dite avait déjà sonné pour Phumanité? La seconde est grammaticalement inadmissible, malgré tous les efforts de Hengstenberg pour la justifier. Olshausen suit ici un chemin à part. Selon lui, le v. 24 se rapporte à la résurrection spirituelle, le v. 25, à la première résurrection corporelle, celle des croyants déjà ressuscités moralement par l'Évangile, les v. 28 et 29 enfin, à la résurrection universelle, séparée de la précédente, d’après l’Apocalypse, par le Règne de mille ans. Comp. Luc XIV, 14: CA la résurrection des justes.» Apoc. XX, 6: «Heureuæ et saint celui qui a part à la première résurrection.» Lücke lui-même admet que Jésus fait allusion à cette notion de deux résurrections reçue dans la théologie juive, mais en la spiritualisant. Mais Olshausen est obligé, pour établir une distinction entre les morts qui ressuscitent et ceux qui restent dans le tombeau, de donner pour régime à ces mots : «Ceux qui l’auront entendue,» non pas «la voix du Fus de Dieu,» qui précède immédiatement, mais «ma parole» v. 24. Cet expédient est madmissible. L’allusion admise par Lücke n’est nullement justifiée par le texte.
V. 26. Ce verset explique le secret de la puissance que déploiera la voix de Christ dans l'heure qui va sonner pour l'humanité. «Car, comme le Père a la vie en lui-même,
ainsi il a aussi donné au Fils d’avoir la vie en lui-même’.» — L'accent est sur les mots év éavro, en lui-même, qui terminent uniformément les deux propositions. Le Fils n’a pas seulement part à la vie comme la créature. Il possède en lui le principe de la vie; il vit de son propre fonds comme le Père lui-même; et voilà pourquoi sa voix peut rappeler les morts à la vie ([, 5. 4). Mais remarquons que, cette divine prérogative, le Fils ne la possède que comme un don qui lui est fait par le Père. Cest ici le paradoxe le plus hardi qui soit sorti de la bouche de Jésus : Il est donné au Fils de vivre par lui-même! Nous ne pourrions nous faire aucune idée de cette relation, si nous ne nous trouvions nousmêmes dans une position analogue. La faculté de nous déterminer par nous-mêmes nous est donnée, et de telle sorte cependant que nous pouvons l’exercer spontanément et que nous tirons à chaque Instant de ce trésor donné des déterminations qui nous appartiennent en propre et dont nous sommes sérieusement responsables. En nous donnant la faculté de posséder en nous un trésor d'activité propre, Dieu nous à mis au rang des êtres qui portent son image; en donnant au Fils la prérogative dont parle notre verset, il a fait de lui non-seulement son semblable, mais son égal; et l’homoousie, la faculté de vivre divinement, par soi-même, n'est pas une doctrine, une idée; c’est un fait; c’est le don du Père. Cest par là que la subordination du Fils au Père devient aussi un fait, un acte de divin amour, de la part du Fils. Par l’homoousie, le Père donne tout; par la subordination, le Fils rend tout. Tout donner, tout rendre, n'est-ce pas l'amour? Dieu est amour. Ainsi Dieu n’aime pas seulement divinement, il est aussi divinement aimé. —
1. N omet toute la seconde partie du verset, depuis outus (évidem-ment par confusion des deux ev eautw).