‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 119 sur 278 · L'entretien de Jésus avec Marthe : v · texte numérisé non relu

L'entretien de Jésus avec Marthe : v

V. 17-19. «Jésus étant arrivé trouva qu'il était dans le * tombeau déjà depuis quatre jours. 18 Or Béthanie était près de Jérusalem, à la distance d'environ quinze stades;

19 et beaucoup d’entre les Juifs étaient venus auprès de‘ Marthe et de Marie pour les consoler de la mort de leur frère”.» — Pour les quatre jours, voir au v. 6. — “Hpéoas est objet, plutôt que circonstanciel. Voir à V, 6. — L'expression: «1! trouva,» fait allusion aux rapports qui lui furent faits à son arrivée. — On sait que les Juifs enterraient leurs morts le jour même du décès, avant le coucher du soleil. — Jean fait ressortir (v. 18) la proximité où était Béthanie de Jérusalem, pour expliquer la présence d’un si grand nombre de Juifs (v. 19). 15 stades font à peu près 45 minutes de chemin. Cette distance est comptée en prenant Jérusalem pour point de départ (éyyds tôv ‘Tepooohumoy). Ainsi s'explique la prépos. axo. — L’imparf. était se rapporte au rôle de Béthanie dans cette histoire, déjà ancienne au moment où écrivait Jean. Il n’est pas nécessaire d'admettre que Jean pense à la destruction de cette bourgade dans la guerre romaine. — La tournure si ordinaire chez les Grecs ai teot Mapôay (v. 19) est effacée par la leçon alexandrine, mais à tort, selon Meyer et Tischendorf euxmêmes. Gette forme désigne Marthe et Marie comme entourées des gens de leur maison et paraît dictée ici par la pensée de l'étiquette qui règne dans les cérémonies de deuil. Cette expression suppose certainement que les deux sœurs jouissaient d’une certaine aisance. Les condoléances duraient en général sept jours (1 Sam. XXXI, 13; 1 Chron. X, 19). — La suite montrera que le terme de Juifs employé ic conserve la nuance qu'il a dans tout cet évangile. Marthe et Marie avaient beau être liées avec ces gens-là; ils n'en appartenaient pas moins, pour la plupart, au parti hostile à Jésus (v. 28. 37. 46).

1. T.R. lit tpoc tac meot Mapôay x. M. avec 11 Mjj. et presque tous les Mann., tandis que NB CD L X 4 Mnn. lisent xooc (ou pos tnv) Map@ay x. M. 2. NS BDL omettent autuy.

-V. 90-24. «Lorsque Marthe eut appris que Jésus venait, elle alla à sa rencontre; mais Marie était assise dans la maison. 21 Marthe dit donc à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort”; 22 mais’ même maintenant, je sais que, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. 93 Jésus lui dit: Ton frère ressuscitera. 24 Marthe lui dit : Je sais qu'il ressuscitera, lors de la résurrection, au dernier jour.» — Marthe, occupée sans doute des affaires de sa maison, reçut la première la nouvelle de l’arrivée du Seigneur, et, sans penser à avertir sa sœur, que sa douleur retenait dans l'appartement intérieur, elle courut au-devant de lui. Telles les deux sœurs nous sont représentées Luc X, 38 et suiv., telles nous les retrouvons ici. Le récit de Jean fait même probablement allusion à celui de son devancier. Dans la supposition contraire, la conformité des caractères n’en serait que plus frappante. — La parole de Marthe (v. 21) n’est point un reproche. Comment ignorerait-elle que son frère | était mort avant que Jésus eût reçu la nouvelle de sa maladie? Comment, surtout, se permettrait-elle de murmurer contre sa manière d'agir, au moment où elle va lui demander ce qu'il y a de plus grand? Elle exprime simplement le regret de ce que Jésus ne se soit pas trouvé là au moment de la maladie, et ce regret ne sert qu’à préparer la demande qu'elle à à faire, — A Aa oi vôv : « Mais, même maintenant, quoiqu'il soit déjà bien tard!» «Tu n’as pu demander à Dieu de le guérir; mais, dans sa mort même, il peut encore éprouver la puissance de ta prière.» On voit que &\àx doit être maintenu dans le texte. — L'expression indéterminée

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