‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 121 sur 278 · La rencontre de Jésus et de Marie : v · texte numérisé non relu

La rencontre de Jésus et de Marie : v

V. 28-30. «Et ayant dit cela’, elle s’en alla et appela Marie sa sœur, en secret, disant : Le Maître est là, et il

1. RS BCL X Cop.: touto au lieu de tauta qui se lit dans les 12 autres Mjj. presque tous les Mnn. It. Vg. Syr.

t’'appelle. 29 Celle-ci, dès qu'elle eut entendu cela, se lève‘ aussitôt et se rend” vers lui. 30 Or, Jésus n’était pas encore entré dans le bourg; mais il était” à l'endroit où Marthe l'avait rencontré.» — Les mots : «1! l'appelle,» suffisent pour prouver que Jésus avait en effet donné cette commission à Marthe. Il devait désirer de préparer Marie comme 1l avait préparé sa sœur : le miracle ne pouvait être réellement salutaire à l’une et à l’autre qu’à cette condition. Peut-être la précaution que met Marthe dans laccomplissement de ce message (hxtox, secrètement) lui avait-elle été recommandée par Jésus lui-même; il avait appris comment Marie était entourée; et, s'il ne fuyait pas le péril, il ne le cherchait pas non plus. |

La vivacité de l'émotion de Marie à l’ouie de ce message se peint dans le prés. éyetperar, qui est certainement la vraie leçon, et dans l’adverbe qui l'accompagne. — Si Jésus n’était pas entré dans Béthanie, ce ne pouvait être parce que le tombeau était en dehors du bourg (Luthardt); si quelque motif important ne l’eût retenu, ne se serait-il pas rendu où son cœur l’appelait, droit à la maison de deuil? Mais il voulait certainement faire tout ce qui était en son pouvoir pour éviter d'attirer l’attention; et le but du verset suivant est précisément de montrer comment ce dessein échoua par une volonté supérieure à la sienne qui avait résolu de donner à ce miracle le plus grand éclat possible. Jésus avait fait ce qu'il devait; Dieu fit ce qu'il voulait. Il arrive act quelque chose de semblable à ce qui est raconté Matth. IX, 31; Marc VII, 24. 36.

V. 31 et 32. «Les Juifs donc qui étaient avec elle dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever su-

1. NBCDL It. Sah. : nycp0n au lieu d'eyerpetou. 2. Les mêmes (moins D): npyeto au lieu d'epyetot. 3. KBCX It Vg. Cop.: nv ett (é/aif encore) au lieu de nv.

TROISIÈME CYCLE. — CHAP. XI, 28-32. 391 bitement et sortir, la suivirent, disant’ : Elle’ va au sépulcre, pour y pleurer. 32 Lors donc que Marie fut arrivée à l'endroit où était Jésus, l'ayant vu, elle tomba à ses pieds, en lui disant : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère” ne serait pas mort.» — Une seule et même pensée avait rempli l’âme des deux sœurs et peutêtre celle du mourant dans ses dernières heures : Si Jésus était ici! Pourquoi donc a-t-il dû quitter la Judée? Sur ce fond commun de douleur et de regret se dessinent cependant des différences significatives entre les deux sœurs. Nous avons remarqué le caractère viril de la foi de Marthe. Marie paraît, au contraire, entièrement dominée par sa douleur: c’est une nature toute féminme. Et comme les personnes à impressions vives, elle ne fait aucun effort énergique pour surmonter l’accablement où elle est plongée. Elle se laisse tomber aux pieds de Jésus, ce que n’a point fait Marthe; c’est, d’ailleurs, la place qu’elle aime (Luc X, 39; Jean XII, 3). Elle n’ajoute pas, comme sa sœur, à l’expression de sa douleur une parole de foi et d'espérance. Il y a enfin, dans lexclamation qui lui est commune avec Marthe, deux nuances qui ne sont pas accidentelles. Au lieu d’èteéymxer, il est mort (actuellement), elle dit: atétave, proprement : il a fait l'acte de mourir (laoriste), comme si elle ne pouvait effacer de son souvenir ce moment cruel, où s’est consommée la séparation. Puis le pronom mov vient se placer dans sa bouche avant 6 4dshooç et même, selon la leçon alexandrme, avant axébave : c’est comme une partie d’ellemême qui s'en serait allée. — Ainsi, chez Marthe, une nature pratique et pleine d’élasticité, capable de réagir énergiquement contre un sentiment accablant; chez Marie une

1. Au lieu de Àcyoyres, NBCDLX 7 Mnn. Syrs Cop. lisent Soëavtes.

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