‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 138 sur 278 · NABDL: ws au lieu de eux · texte numérisé non relu

NABDL: ws au lieu de eux

dant que, et ws, autant que, la première est certainement préférable. Elle se rattache bien plus étroitement à l'idée dominante du morceau: «Un peu de temps.» Il en est de même au v. 96. — Une égale solennité règne dans les deux déclarations, v. 35 et 36; seulement dans la première domine l'accent de la pitié; dans la seconde, celui de la tendresse. Le dernier mot du Sauveur à son peuple devait être une Imvitation, et non point une menace : (Pendant que vous avez encore devant vous la révélation vivante du bien (püç), reconnaissez-la, croyez, et devenez (yévnote) ce que vous croyez déjà être.» L'expression enfants de lumière désigne des hommes tellement saturés de la lumière divme qu'ils sont lumineux eux-mêmes. |

Tel fut l’adieu de Jésus à Israël. Les mots : QJL dit ces choses,» signifient dans ce contexte : Jésus ne leur donna pas d'explication, ne leur fit pas d’autre réponse. Après cela, il se retira; et le jour suivant, il ne reparut pas. Ge n'était pas cette fois un simple nuage qui leur voilait le soleil; le soleil s'était couché.

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Coup d'œil rétrospectif sur le fait de l’incredulité juive.

Ce morceau, qui forme la clôture de la seconde partie de l’évangile , est envisagé par plusieurs interprètes comme offrant le résumé de l’histoire du ministère public de Jésus. Selon ces auteurs, ch. V-XIT présenteraient le tableau de l'activité publique du Seigneur, tandis que ch. XNII-XVII retraceraient celui de son activité privée. Mais cette mamière

de voir est superficielle; il y a, entre ces deux parties, un contraste bien plus profond que celui-là : c’est celui de | l’incrédulité et de la foi, de l’incrédulité en [Israël et de la foi chez les disciples. Et n'est-il pas bien aisé de voir que l'objet réel de l’épilogue dont nous allons nous occuper, n’est nullement le ministère public de Jésus en général, mais uniquement le fait de l'incrédulité juive? Cest le résultat anormal et imattendu de l’œuvre messianique en Israël qui provoque l'attention de l’évangéliste et qui devient pour un moment lobjet de sa méditation. Dans le premier morceau, v. 97-43, Jean explique les causes du fait qui le préoccupe, et dont il vient de retracer l’histoire; dans le second, v. 44-50 , il en fait comprendre la gravité et pressentir les conséquences éternelles.

Les causes de l’incrédulité juive : v. 37-45.

Si les Juifs sont réellement le peuple élu, préparé par Dieu pour recevoir le Messie et porter le salut aux autres nations, ne résulte-t-1l pas du fait même de leur incrédulité envers Jésus-Christ, que ce personnage n’est point le Messie? Ou, sinon, comment s'expliquer ce grand paradoxe de l'histoire? Les ne IX-XI de lépiître aux Romains sont destinés aussi à résoudre cette énigme; ce problème devait être, en effet, la grande question apologétique du temps des apôtres. C’est ce qui explique pourquoi ce morceau de Jean renferme tant de pensées qui forment également le fond de la dissertation de saint Paul.

V. 37 et 58. (Or, quoiqu'il eût fait tant de miracles en leur présence, ils ne croyaient pas en lui, 38 afin que s ‘accomplitla parole qu'Ésaïe le prophète avait prononcée : Seigneur, : qui a cru à notre prédication, et le bras

de l'Éternel, à qui a-t-il été révélé?» — Jean commence par démontrer que, quelque irrationnel que soit le fait dont il s'occupe, ce fait n’en était pas moins inévitable; en effet, il était prédit, et la prophétie devait s’accomplir. — Que de motifs à croire ne se trouvaient pas pour les Juifs dans l'apparition et particulièrement dans les miracles de Jésus! Tooaïta, dans nos évangiles, s'applique toujours au nombre, non à la grandeur (VI, 9; XXI, 11). Jean suppose donc que Jésus a fait un bien plus grand nombre de miracles que les six qu’il a racontés. Comp. aussi VIE, 3; XX, 90. Comment peut-on soutenir qu'il a voulu raconter tout

ce qu'il savait? — Le terme omueta, signes, rappelle le ca- ractère éclatant, et les mots EuTpooûey avtov, en leur présence, la complète publicité de ces œuvres. — L’imparf. ils ne croyaient pas fait ressortir l’opimâtreté des Juifs dans leur incrédulité.

Une imparuale exégèse ne saurait affablir le sens de (sa, afin que, en faisant ici ce mot synonyme de üoxe, de sorte que. — Le passage cité par Jean est Es. LITE, 1. Le prophète, au moment de décrire l’abaissement et les souffrances du Messie, déclare qu’un tel message ne sera point accueilli favorablement du peuple, tant 1l est peu conforme à ses aspirations charnelles. Or, si l'annonce du Messie souffrant a été repoussée, combien plus devait-1l être luimême! C’est sur cet a fortiori que repose l'application que l'évangéliste fait de ce texte à ses contemporains. (Qui a cru?» Il y aura sans doute des croyants, mais en bien petit nombre : on les comptera. — Hengstenberg rapporte l'expression dxov (audition, d'où : chose entendue) à la relation entre les prophètes et Jéhovah : «Ge que nous avons entendu de ta bouche. » I est plus naturel de l'appliquer à la relation des prophètes avec leurs auditeurs: «Ge que nous faisons entendre aux hommes.» — Ce premier terme

désigne l’enseignement de la vérité divine; le second, le bras de l'Éternel, se rapporte aux actes de puissance divine, aux miracles opérés par le Messie.

Il y a plus; l’incrédulité juive n’était pas seulement inévitable comme fait prédit; elle l'était encore comme fait voulu de Dieu et auquel coopérait sa toute-puissance:

V. 39 et 40. « Aussi bien ne pouvaient-ils croire, parce qu'Ésaïe avait dit encore : 40 Il a aveuglé leurs yeux et endurci' leurs cœurs, afin qu'ils ne voient point des yeux et qu'ils ne comprennent” point du cœur et qu’ils ne se convertissent* pas et que je ne les guérisse* pas.» — L’incrédulité du peuple envers un Messie si magnifiquement signalé avait beau paraître impossible. Elle ne pouvait pas ne pas être; car la toute-puissance de Dieu travaillait à réaliser ce que sa toute-science avait prédit et à faire commettre à Israël l'impossible. C'est cette gradation que Jean fait ressortir en disant v. 89 : «Ils ne pouvaient croire,» tandis qu’au v. 87, il avait dit simplement : « ls ne croyaient pas,» et en indiquant par le mot rœhtv (de nouveau, encore) que c’est ici une seconde idée qui sert à compléter la premuère. Cette liaison est également la seule conforme au sens du passage que Jean va citer. — Aix toto porte, comme toujours chez Jean (V, 18; X, 17; etc.), sur le ô+t suivant : (Et voici pourquoi ils ne pouvaient pas croire : c’est qu'Ésaïe, dans un autre passage (r&uw), avait dit.» Cette parole est tirée d’Es. VI, 9. 40. La citation n’est exactement conforme ni au texte hébreu, d’après lequel c’est Ésaïe qui, par l'ordre de Dieu, doit aveugler et endurcir le

1. Au lieu de tenwpwxey que lisent les byzantins, A BK L X lisent etwpwoev, N et Didyme ernpwoev.

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