‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 14 sur 278 · ABEGM A lisent met£oy (faute évidente · texte numérisé non relu

ABEGM A lisent met£oy (faute évidente

3. N B L lisent Dedwxev. ; 4. N AB D L quelques Mnn. retranchent sy.

témoignent de moi que c’est.le Père qui m'a envoyé. » — Cette parole renoue avec le v. 32 et développe la pensée: exprimée dans ce verset. — ’Eyw, moi, en opposition aux auditeurs de Jésus qui ne connaissent d’autre témoignage que celui de Jean. — L'art. nv s'explique comme au v. 34: le témoignage absolu, qui est en même temps le seul que lon puisse appeler plus grand que celui de Jean. — On explique ordinairement le gén. +05 Twævvov par la forme de la comparaison abrégée. « Plus grand que Jean,» serait mis pour: «Plus grand que celui que Jean a pu me rendre.» Peut-être vaut-il mieux envisager Jean comme identifié avec son témoignage (tod ‘I. paprupobyroc). — Jésus fait allusion à la guérison de l’impotent et à toutes les œuvres semblables qu'il avait déjà accomplies. Il est bien évident, en effet, quoi qu'en dise Meyer, que ses œuvres sont ici spécialement, ses miracles. Meyer concède cette explication pour les passages VII, 3. 91 et ailleurs; le contexte l’exige ici aussi bien que là. Les miracles sont désignés, d’un côté, comme un don du Père, de l’autre, comme une œuvre de Jésus. Et c’est en effet à ce double titre qu'ils sont un témoignage de Dieu. Si le Fils les faisait par sa force propre, ils ne seraient point une déclaration de Dieu; et si Dieu les faisait directement, sans passer par l’organe du Fils, celui-ci n’en pourrait point tirer une légitimation personnelle. — La leçon édwxe doit certainement être préférée à la variante alexandrine édwxe. L’aor. est exigé par la relation avec l’aor. +e- Xetwoo et par le sens. L'objet de «a donné,» ce sont «les œuvres ;» et cet objet est développé par la proposition suivante : {va tehauwow ati, Qafin que je les accomplisse.» Les miracles ne sont pas donnés sous forme d'œuvres faites, mais d'œuvres à faire. Le nerf de la proposition est dans les mots suivants : «Ces œuvres mêmes que j'opère.» Proprement : «Ce sont ses œuvres, à lui, et c’est moi qui les

opère.» C’est de cette relation que ressort le témoignage. On voit combien le mot &yw, retranché par les alexandrins, est indispensable.

V. 37. Mais ce témoignage même est encore indirect, comparé à un autre, tout à fait personnel : (Et le Père qui m'a envoyé, a aussi lui-même’ rendu témoignage de moi... Vous n'avez jamais ni entendu sa voix ni vu sa figure.» — Il est évident, quoi qu'en disent Olshausen, Baur et d’autres, que Jésus parle ici d’un nouveau témoignage du Père : ‘autrement, pourquoi substituerait-1l au prés. mapgrvost, qui s'applique bien aux miracles actuels et constants de Jésus, le parf. peaptionxe, qui indique un témoignage consommé? C'est ce que prouve aussi le pron. «vrôs, lui-méme, qui est certainement la vraie leçon. Ge pronom oppose fortement la personnalité du Père, comme intervenant directement, aux œuvres qu'il donne à Jésus le pouvoir de faire. Quel est ce témoignage direct et personnel? De. Wette, auquel se joint N., entend par là cette voix intérieure par laquelle Dieu témoigne dans le cœur de l'homme en faveur de l'Évangile, lattrait du Pére au Fils. Mais il est impossible d'expliquer, à ce point de vue, le parf. menaotionxe, qui doit se rapporter à un fait accompli, et les expressions suivantes, sa voix, sa figure, qui indiquent une apparition personnelle. Calvin, Lücke, Tholuck, Meyer, buthardt, pensent que, dès ce verset jusqu’au v. 39, il, s’agit du témoignage de Dieu dans l'Ancien Testament par le moyen des prophéties et des types. Gette explication rend compte du parf. peuaotionxe. Mais peut-elle surmonter la difficulté qui, résulte des mots suivants? Si l’on voit dans la fin du verset une concession, comme Tholuck : «Ne pensez pas que je veuille parler de manifestations sensibles, de té-

1, NX BL am. Syrer (?) lisent exeuvos au lieu d'autos, et D exetvos autos.

moignages palpables de Dieu; je sais bien qu'il n’y en a pas; mais vous deviez du moins écouter sa parole dans les Écritures, » la forme du v. 38 ne s'explique plus. Bien loin, en effet, qu'il y ait opposition entre les verbes vous n'avez pas ouŸ, vous n'avez pas VU, V. AT, Et VOUS N'AVEZ pas, V. 28, le dernier verbe continue le mouvement des précédents. Il faudrait donc plutôt voir, avec Meyer, un reproche dans cesmots : € Vous n’avez pas entendu sa voix, n1 vu sa face,» et rapporter ces images à l'absence de sens religieux qui a empêché les Juifs de percevoir la révélation que Dieu a donnée de lui-même dans l'Ancien Testament. Mais cette explication ne saurait rendre compte de l'énergie des expressions entendre la voix, voir la fiqure de Dieu. Cest là une formule qui signifie : connaître d’une manière immédiate, personnelle. Jésus emploie VI, 46 pour caractériser la connaissance qu’il a lui-même de Dieu en opposition à toute connaissance purement humaine : (Non que quelqu'un ait vu le Père, si ce n’est celui qui est du Père; celui-là a vu le Père.» Il est impossible de ne pas rapprocher cette parole de celle que nous expliquons et par conséquent de voir un reproche dans cette dernière. Ce n’est. pas de linsensibilité religieuse des Juifs que Jésus veut parler, mais de l'impuissance naturelle de l’homme à s'élever à la connaissance immédiate et personnelle de Dieu (comp. [, 18). Il ne reste qu'une explication, celle de Chrysostome, Bengel, Lampe, qui pensent que Jésus fait allusion à l'apparition et à la voix de Dieu à son baptême. Celui qui avait envoyé (6 Tépbac L£) lui est apparu lui-même et a rendu témoignage de lui en disant : «C'est ici mon Fils.» Ce témoignage est complètement personnel («itôs) et peut ainsi être opposé à celui des œuvres. Jésus le porte constamment au dedans de lui (parf. enaotionxe), et il a la conscience intime de sa certitude (v. 32); car la vérité d’une telle voix n’a besoin

d'aucune autre garantie. Les mots suivants sigmifient alors : «Ge Père, apparaissant et parlant, vous ne l'avez ni vu ni entendu; et vous ne pouvez ni le voir, ni l'entendre (parf. &xrxôate, éwotxate). Îl n'y aurait pour vous qu'un moyen d’entrer en communication directe avec lui: son Xdyos, sa parole; et ce moyen même, vous l'avez rendu infructueux (v. 38).» Seulement, ces derniers mots ne se rattachent pas trèsnaturellement à l’idée précédente , sous la forme où ils se présentent dans le texte. La vraie relation au v. 58 me parait être celle-ci : À mesure qu'en passant de la parole du v. 36 à celle du v. 37, Jésus oppose le témoignage personnel de Dieu à celui des miracles, 1l se représente deux formes sous lesquelles Dieu peut déposer directement en sa faveur, comme témoin: une apparition personnelle et sa parole dans l’Ancien Testament. «Le premier de ces moyens vous est refusé; car vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face, comme cela m'a été accordé à moi-même (et Jésus pense ici à son baptême); quant au second moyen, sa parole, vous ne la possédez pas intérieurement, et elle vous est par là rendue inutile.» On comprend parfaitement, à ce point de vue, pourquoi au v. 37 Jésus emploie le terme owy", la voix personnelle , tandis qu’au v. 38 il se sert du mot Xoyos, usité pour désigner la révélation divine. La liaison directe du v. 87 au v. 38 par xat, el, devient également très-naturelle.

V.38-40. «Et sa parole, vous ne l’avez pas demeurant en vous, puisque vous ne croyez point à celui qu'il a envoyé. 39 Vous sondez les Écritures, parce que vous croyez avoir en elles la vie éternelle; et ce sont elles qui rendent témoignage de moi. 40 Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.» — L'autre forme de la révélation personnelle de Dieu, sa parole , ils Font bien entre ies mains; mais sa lumière ne brille pas au dedans

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d’eux. La preuve que Jésus donne de ce fait intérieur, leur incrédulité envers l’envoyé divin qui leur parle, n’est pas, à proprement parler, un argument ; c’est un Jugement. En effet, la réalité de la mission divine de Jésus est précisément ce qui est en question; mais le miracle accompli par lui est là, servant de point d'appui à tout ce discours.

Le v. 39 est une concession : « Sans doute , vous étudiez avec soin les Écritures; vous en épluchez même la lettre, comme si la vie éternelle devait sortir de ces minuties. » La relation entre les deux versets prouve évidemment que, par la parole de Dieu (v. 38), Jésus entendait déjà les Écritures. Un grand nombre d'interprètes et de traducteurs (Chrysostome, Augustin, Luther, Calvin , Ostervald, Stier, Hofmann , Luthardt) font de épsvvate un impératif : sondez. Cette parole serait ainsi une exhortation à l'étude des Écritures. Mais , dans ce cas, Jésus ne devrait pas dire : «Parce que vous croyez avoir en elles,» mais: «Parce que vous avez en elles,» ou du moins: «Parce que vous croyez vousmêmes avoir en elles.» Et, au lieu de continuer ensuite en disant : CE (pourtant) ce sont elles,» il devrait dire, pour motiver l’exhortation: « Car ce sont elles.» — Le verbe épevv&v caractérise fort bien ici l'étude rabbinique des Écritures.

La copule xat du v. 40 fait ressortir, comme si souvent dans saint Jean, l’absurdité qu'il y a à lier des choses contradictoires par nature. Ils étudient les Écritures qui témoignent de Christ, ef ils ne viennent pas à Christ ; ils cherchent la vie, et ils repoussent celui qui la leur apporte! — Les mots ot Séheste, vous ne voulez pas, signalent le côté volontaire de l'incrédulité, l’antipathie morale qui en est la vraie cause. On retrouve dans ce passage l'accent douloureux de cette parole des Synoptiques : «Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j'ai voulu ..…. Mais vous n'avez pas voulu ! »

Jésus s'était donc contemplé lui-même dans le miroir de l’Ancien Testament. Il y avait tellement rencontré sa propre figure, qu'il lui paraissait impossible d’avoir étudié sincèrement ce livre et de ne pas venir à lui immédiatement.

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