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lité La responsabilité d'Israël incrédule : v. 44-50.
La gravité de l’incrédulité juive, dont Jean vient d'exposer les causes cachées, résulte de la grandeur suprême de celui qui en fut l’objet : c'était Dieu lui-même qu’on rejetait, en rejetant Jésus (v. 44-46); c'était la norme du jugement à venir que l’on foulait aux pieds, en repoussant son enseignement (v. 47 et 48); en effet, la parole de Jésus sortait de sa bouche aussi pure qu'il la recevait lui-même de la bouche du Père qui la lui communiquait (v. 49 et 50).
Est-ce ici, comme l'ont pensé Chrysostome, Lampe, Hengstenberg, un nouveau discours que Jésus à prononcé en sortant du Temple, ou, comme l’admettent Besser et Luthardt, en particulier et devant ses disciples seulement ? Le v. 36: «S'en étant allé, il se cacha d'eux,» ne permet pas la première supposition; le terme éxpaée, ÿ prononca à haute voix, n’est pas compatible avec la seconde. De Wette pense que Jean met à tort dans la bouche de Jésus ce discours qu'il a composé lui-même. Mais, en agissant ainsi, l’évangéliste se contredirait, puisque, par le v. 36, il s’est enlevé toute possibilité de placer historiquement un nouveau discours. Presque tous les interprètes modernes envisagent ces paroles comme une récapitulation de l'enseignement public de Christ; et cela est certainement vrai. Seulement, il faut se garder de croire que Jean prétende en aucune manière placer ce discours dans la bouche de Jésus lui-même. I a, au v. 36, terminé son rôle de narrateur; dès le v. 37, il contemple et médite. Et c’est la prédication du Seigneur qui devient ici l’objet du souvenir et de la contemplation de l’apôtre, comme l'avait été au v. 37 son activité miraculeuse. Les aoristes éxpaëe xat eimey rappellent tous les cas particuliers où Jésus s'était rendu publi-
quement les témoignages dont le contenu est résumé dans les paroles suivantes. Cet emploi de laoriste est parfaitement régulier et très-ordinaire en grec; nous ne pouvons le rendre en français qu'au moyen du plus-que-parfait : Œt cependant 1l leur avait assez dit. il avait proclamé assez haut, eux l’entendant..» Et par ce sommaire de l’enseignement de Jésus, Jean fait ressortir avec éclat la terrible responsabilté et linévitable condamnation de ceux qui ont rejeté une telle personne et une telle parole.
V. 44-46. «Or Jésus s'était écrié disant : Celui qui croit en moi, ne croit pas en moi, mais en celui qui m'a envoyé; 4 et celui qui me contemple, contemple celui qui m'a envoyé ; 46 je suis venu comme lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi,ne demeure pas dans les ténèbres.» — Aucun élément égoïste et purement humain n'a troublé, dans l'apparition de Jésus, la révélation de Dieu; de sorte que, croire en lui, ce n’est d'aucune façon croire en l’homme; mais c’est croire en Dieu, qui se manifeste pleinement en lui. — O5 doit se prendre dans le sens absolu, et ne signifie pas seulement ici où ovoy. — La vue dont il est question au v. 45 n’est pas celle du corps; c’est celle qui se développe de la foi ef avec la foi, lintuition de l’être intime et moral de la personne que l’on contemple des veux du corps. Cest par cette vue que Jésus devient la lumière de l'âme. Celui qui n’y parvient point demeure dans la nuit (v. 46). Comip., pour v. 44 et 45, V, 36: NI, 38:0NIE, 18; VIII, 18. 28; X, 38, etc.yuet,1pour v. 40, DIE, 19; VITE, 19; IX, 9. 39. — Quelle responsabilité n’est donc pas attachée au rejet d’une pareille apparition!
V. 47 et 48. «Et si quelqu'un entend mes paroles et ne croit’ pas, ce n’est pas moi qui le juge ; car je ne suis
l. NABKLX plusieurs Mnn. Itdis Syrsb lisent œpuaaën au lieu de TLOTEUON. |
pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. 48 Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles , a déjà son juge : la parole que j'ai annoncée, cest elle qui le jugera au dernier jour.» — La parole d’un tel être a le même caractère de pureté et de divinité que sa personne. Aussi sera-t-elle l'unique pierre de touche dans le jugement. C'est bien, sans doute, Jésus qui jugera; mais 1l ne jugera qu'en appliquant à chaque vie la norme de sa parole. Comp. IE, 17; V, 24; VIIT, 15. — Quelle responsabilité que celle qui s'attache au rejet d’un pareil enseignement! — La leçon quxën parait être une correction destmée à faire de ce discours une prédication en dans le genre du sermon sur la montagne.
V. 49 et 50. «Car je n'ai pas parlé de moi-même; mais le Père qui m'a envoyé, m'a lui-même commandé ce que je dois dire et comment je dois le dire; 50 et je sais que son commandement est la vie éternelle; aussi, ce que je dis, je le dis comme me l’a dit mon Père.» — Ces versets sont destinés à expliquer la valeur absolue que Jésus vient d'attribuer à sa parole. Son enseignement est purement et simplement, pour le fonds (ri etre) et pour la forme (rt }akvcw), celui du Père. Il reçoit, pour chaque cas, un mandat détaillé (éyro), auquel il se conforme fidèlement en enseignant, et cette docilité provient du sentiment qu'il a de la force vivifiante et régénératrice de cette parole que lui confie le Père. Il sait qu’en elle est la source de la vie éternelle pour chaque âme. Voilà pourquoi (oôv, v. 50 b) telle qu'il la reçoit, telle il la rend, sans se permettre d'y rien changer. Comp. V, 30; VIE, 18; VIIE, 16. 28-99. Il résulte de là que la parole de Jésus doit bien être, comme cela est déclaré dans ce qui précède, la norme du jugement.