‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 150 sur 278 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

cet instant, ne put rester inaperçu aux yeux de celui qui observait avec anxiété le traître, et sa figure rendit témoignage de la victoire que le diable venait de remporter dans son Cœur.

V. 27 b-30. « Jésus lui dit donc : Ce que tu fais, fais-le promptement. 28 Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela. 29 Car quelques-uns pensaient que, comme Judas avait la bourse, Jésus voulait lui dire : Achète les choses dont nous avons besoin pour la fête, ou qu’il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres. 30 Lui donc, ayant pris le morceau, sortit à l'instant. Or il était nuit. » — La parole de Jésus à Judas n’est point une simple permission (Grotius); c’est un ordre. On a reproché à Jésus d’avoir poussé Judas dans l’abîme, en lui parlant de la sorte. Mais Jésus ne le ménage plus, précisément parce qu'il n’y à plus de retour possible pour lui. L'heure était avancée (v. 30), et Jésus avait besoin de tout le temps qui lui restait pour achever son œuvre auprès des siens. Judas s’imagmait dans son orgueil tenir la personne de son Maïtre entre ses mains. Jésus lui fait sentir qu'il n’est, amsi que le nouveau maître auquel il obéit, qu'un mstrument. Jean, en disant: « Aucun de ceux qui étaient à table » (x. 28), s’excepte naturellement lui-même; seul, avec Judas, il avait la clef de la situation. — Quoi qu'en disent Hengstenberg et tant d’autres, les deux suppositions que font les disciples, v. 29, ne s’expliquent point, si tout ceci avait lieu le soir où le peuple célébrait le repas pascal. Comment faire des achats en un jour sabbatique? Comment en faire pour la fête, si l'acte essentiel de la fête, le repas pascal, était déjà accompli? Et n'est-il pas naturel de penser que l'acte de bienfaisance supposé par les disciples avait pour but de fournir aux besoins des pauvres en vue de ce repas? — On est confondu de

Page 1